DES 87 MORTS
Dans l'algidité complète sans réaction. . . .
Dans la réaction irrégulicrc avortée
DeuLéropathiques
Dans l'état typhoïde adynamiquc
Dans l'état méningitiquc
Suicide
Maladies contractées dans la salle
Les malades compris dans ces tableaux nous présentent deux choses à étudier :
io Le chiffre des guérisons,
2** Le chiffre des mr^rts.
La dilfj'rence entre ces deux cliiffres est nettement étabUe par les résultats obtenus aux diff<*rents degrés de la maladie. En comparant les deux termes extrêmes de l'échelle (;lioléri(|ue, nous voyons que, sur les 120 malades guéris, 29 n'ont été atteints (|ue de diarrhée épidémique et sont venus grossir la proportion des guérisons; mais nous voyons aussi, d'autre part, que 19 cholériques, entrés mourants, se retrouvent au chiffre des décès, d'où il suit que ces deux colonnes peuvent être considérées comme se faisant équilibre à quelques unités près.
Le nond)re des cas arrivés à l'état algide s'est élevé à 110, c'est plus de la moitié du chiffre total des entrées; 55 ont guéri, fil sont morts, proportir>n heureuse encore si on la met en regard des épidémies antérieures.
3Iais, avant d'arriver à la seconde partie ri - ce travail, à l'étude de la période de réaction, exposons les différents moyens de traitement que nous avons mis en usage, soit pour lutter contre les progrès du mal, soit pour réveiller les fonctions organiques compromises dans l'algidité.
Presque tous les malades qui nous sont arrivés avec les caractères de la* diarrhée épidémique ont été traités par l'ipécacuanha, à la dose de 1 gramme 50 à 2 grammes, soit seul, soit associé à 30 grammes de sulfate de soude. L'action stimulante et perturbatrice de l'ipécacuanha nous a semblé modifier heureusement les sécrétions intestinales, et réveiller chez les malades une circulation plus large. J'ai plusieurs fois répété le vomitif pendant deux et trois jours consécutifs. Lorsque les évacuations persistaient, j'arrivais alors à l'emploi des préparations opiacées, et plus particulièrement du laudanum de Sydenham à la dose de 30, 40 et oO gouttes, administré soit par la bouche, soit par le rectum. Dans quelques cas où les vomissements ont eu une grande opiniâtreté, j'ai obtenu de bons résultats de l'usage de la glace, prise par morceaux, à l'exclusion de toute autre boisson.
Chaque fois que j'ai eu affaire au choléra confirmé, je n'ai point fait autre chose que de mettre en œuvre, suivant les exigences particulières de chaque cas, et avec une énergie proportionnée au péril même, les moyens rationnellement indiqués pour combattre les symptômes prédominants et pour ramener la vie défaillante; c'est à savoir les révulsifs cutanés et les stimulants diffusibles. Les frictions sèches ou aromatiques, le massage répété des membres, les sinapismes promenés en grand nombre sur la poitrine, le ventre, les épaules, ont été journellement employés. Dès le début de l'épidémie j'ai eu recours aux bains sinapisés, dans lesquels je laissais mes malades de 20 à 30 minutes ; mais bientôt j'acquis la conviction, qu'insensibles à l'action de la moutarde, ils étaient au sortir du bain plus froids, plus engourdis qu'au moment où on les y portait. De pareils résultats allaient me conduire à abandonner l'usage de cette médication, quand j'essayai de combiner les frictions avec les bains sinapisés, et de préparer l'excitation de la moutarde par de vigoureuses frictions faites sur le corps quelques minutes avant l'administra-
tion du bain. J'observai alors que la peau . rougie et échauffée par l'action toute mécanique du frottement, devenait sensible à l'action irritante de la moutarde, et conservait pendant toute la durée du bain la chaleur qui lui avait été communiquée par les manœuvres préalables. L'expérience ne tarda pas à me démontrer que le bain donné ainsi , deux et même trois t'ois par jour dans la période algide, était le mode d'excitation périphérique dont j'obtenais les meilleurs résultats; les malades eux-mêmes avaient le sentiment de l'opportunité de cette médication, car ils demandaient à la renouveler sous l'impression du soulagement qu'elle leur avait donné. Les nombreuses expérimentations que j'ai faites du bain sinapisé m'ont mis à même de consigner bien des fois son impuissance sur les cholériques arrivés à l'algidité complète et asphyxique. J'ai vainement tenté sur plusieurs d'entre eux un mode d'excitation énergique et rapide, je veux parler de l'urtication. Mais il est vrai (jue dans la saison où nous étions arrivés les plantes que nous avons pu nous procurer, ayant perdu leurs propriétés irritantes, n'ont que très-imparfaitement répondu aux effets que nous attendions d'elles. Peut-être l'urtication faite dans des conditions plus favorables rendrait-elle quelques seivices dans la période algide du choléra.
Aux médications externes dont je viens de parler, je n'ai point cessé de joindre les stimulants internes, tels que le thé, la menthe, le vin chaud, le café, le rhum, l'acétate d'ammoniaque, etc. Toutefois, je n'ai fait usage du rhum <jue dans une mesure assez restreinte, tant j'avais la préoccupation de voir l'excitation cérébrale succéder rapidement au réveil des fonctions organiques. Dès que la réaction commençait à s'établir, je restreignais l'emploi des alcooliques, toui en insistant longtemps encore sur le café et les révulsifs cutanés. Grâce à cette médication attentivement surveillée, j'ai été assez heureux pour ramener à la vie quelques uns des choléri(|ues les plus graves que j'aie eus dans mes salles.
J'arrive à l'étude de la période de réaction.