RÉSUMÉ
Le choléra de 18Go ne nous présenta , dans sa marche et dans ses complications, rien qui n'eut été observé dans les épidémies précédentes; toutefois l'étude attentive que nous avons faite du début de la maladie nous a mis à même de constater que la diarrhée n'était point un symptôme prémonitoire constant et nécessaire, et que, si elle avait précédé l'invasion du choléra dans la grande majorité des cas, il fallait bien admettre aussi que le nombre des cholériques d'emblée s'était élevé à un chiffre inqiortant. Nous avons essayé de mettre en présence la constitution épidémique, d'une part, d'autre part, l'individu avec ses aptitudes et sa résistance vitale, et nous avons vu (jue les cas les plus graves et les plus rapidement mortels avaient été fré(juemment œux (|ui n'avaient j)oint débuté par la diarrhée : d'où nous avcms conclu que la ?;ravité rlu îu il n't'tait point m raison de
l'abondance des liquides excrétés. L'observation des faits nous a donc rapproché de plus en plus de l'idée d'un empoisonnement à différents degrés dans lequel le système nerveux du grand sympathique nous semble le premier atteint.
Nous avons plus particulièrement suivi la réaction dans ses incertitudes et ses complications; tantôt incomplète et lente , tantôt irrégulière ou traversée par l'état typhoïde et l'état méningitique, nous l'avons vue compromettre les fonctions du système nerveux cérébro-spinal qui avait échappé aux accidents de la première période. Nous avons enfin étudié les crises sous les différentes formes qu'elles nous ont présentées : sueurs copieuses , épistaxis répétées , grandes collections purulentes , abcès multiples , impétigo , parotides suppurées , et nous nous sommes appliqué à faire ressortir le mouvement favorable qui les a toujours accompagné chez les malades dont la période de réaction ne s'établissait point avec des allures franches et soutenues.
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