‹ Choléra et peste dans le pelerinage musulman, 1860-1903Chapitre 26 sur 69 · PESTE AU HEDJAZ · texte numérisé non relu

PESTE AU HEDJAZ

d'une apparition de cette maladie dans une région quelconque du golfe Persique. Ci-dessous sont réunies les contaminations successives des divers points du golfe Persique résultant des dernières épidémies de la Mecque.

1890. Mésopotamie et Irak Arabi.

1902. Djask, Gwadar, Bender-Abbas.

Si les contaminations de Djask, Gwadar, Mascate, Bender-Abbas, Lingah ou Bender-Bouchir — qui sont entourés de déserts — n'ont qu'un intérêt relatif pour l'Europe, par contre celles de Mohammerah et de Bassorah sont des plus à redouter et pourtant rien n'est prévu — à l'heure actuelle — pour entraver leur possibilité.

Par samboucks ou par vapeurs un certain nombre de pèlerins regagnent les divers points de la mer Rouge, c'est-à-dire : Hoddeïdah, Souakim, Massaouah, Aden, Djibouti; ils ne paraissent pas, jusqu'à présent, avoir été cause d'épidémies tout au moins importantes et ayant pris de l'extension. Les uns sont surveillés à l'arrivée, ils cessent donc d'être dangereux; quant aux autres — surtout du côté de Souakim ou de Kosseïr — ils peuvent tenter de débarquer clandestinement pour regagner ensuite l'Egypte. En admettant que le fait se produise, il n'est pas à craindre; en effet, la distance à parcourir par terre, à travers des régions inhabitées, avant d'atteindre l'Egypte, est telle que le choléra s'éteindrait vite dans une caravane d'ailleurs forcément restreinte *. Il n'en serait plus de même le

1. C'est d'ailleurs l'avis de la Commission qui fut chargée, en 1902, de faire une enquête sur l'origine du choléra en Egypte.

jour où une voie ferrée se trouverait à proximité de ces deux ports.

Voie maritime du Nord. — Le retour des pèlerins vers le Nord — c'est-à-dire dans la direction de l'Egypte et du bassin de la Méditerranée — intéresse au plus haut point les puissances européennes : c'est cette route que suit d'ailleurs la moitié du pèlerinage l.

Antérieurement à l'installation du lazaret de El Tor et au percement de l'isthme de Suez, les pèlerins arrivant du Hedjaz débarquaient directement à Suez. C'est de la sorte qu'en 1865 2 plus de 15.000 hadjis, parmi lesquels de nombreux malades, arrivèrent dans ce port : l'Egypte entière fut rapidement infectée depuis ce premier point, et l'épidémie se propagea presque immédiatement dans une grande partie de l'Europe.

Ce n'est qu'à partir de 1893 qu'on peut étudier avec fruit la propagation du choléra depuis le Hedjaz jusqu'en Méditerranée. Le lazaret de El Tor existe alors, des contrôles sont ensuite faits en cours de route et aux divers points d'arrivée ; chiffres et documents peuvent donc être réunis sur le choléra tant à bord des navires que dans les lazarets.

En 1893, M. le Dr Karlmski3 nous rapporte que la mortalité par choléra des pèlerins entre le Hedjaz et Tor fut d'environ 4 p. 100, qu'au lazaret même elle s'éleva à 7 p. 100. Malgré quarantaines et désinfections la mortalité par choléra continue après le départ de Tor, on la retrouve sur les navires et enfin dans les lazarets de la Méditerranée : le choléra se

1. En 1902, sur 52.000 pèlerins, 26.000 provenaient d'Egypte et de la Méditerranée.

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