‹ Choléra et peste dans le pelerinage musulman, 1860-1903Chapitre 28 sur 69 · EN PLUS · texte numérisé non relu

EN PLUS

pour 1902

Pèlerins dénombrés.

299 (1,23 o/oo) 120 (0,49 o/00)

+ 42,77 o/oo + 12,05o/oo

On remarque qu'en 1 902 il y eut un fort excédent de malades et de décès, excédent qui n'est pas en rapport avec l'importance de l'épidémie de choléra : en effet, il ne fut enregistré à El Tor que 54 cas de choléra, dont seulement 43 suivis de décès. Si je retranche du nombre total des décès ceux dus au choléra seul, il restera encore — par rapport à 1901 — un excédent de 10,41 p. 100 de décès.

Comme il est impossible de suspecter la régularité des diagnostics posés à El Tor, on doit forcément conclure que dans le pèlerinage de 1902 il existait un état sanitaire mauvais en général.

Les causes de morbidité — relevées dans les hôpitaux de Tor — doivent expliquer en quoi cet état général des pèlerins était mauvais.

Sur les 1156 hadjis hospitalisés, 699 le furent pour 2 :

Diarrhée 242

Dysenterie 322

Embarras gastrique 81

Choléra . 54

1. Chiffres extraits du Bulletin quarantenaire d'Egypte, 1901-1902.

2. Rapport sur le campement quarantenaire de Tor. Alexandrie, 1902.

LE CHOLÉRA ET LA PESTE AU HEDJAZ

Par conséquent 60, 46 p. 100 des malades admis à l'hôpital le furent par suite d'affections diverses des voies digestives ou intestinales. Jl est hors de doute que lorsqu'ils quittèrent le lazaret ils étaient guéris, mais néanmoins nous retrouverons plus tard ces mêmes malades et nous verrons quel rôle on peut leur attribuer dans l'éclosion subséquente du choléra en Egypte.

En résumé, en 1902 la désinfection et l'isolement ont pu supprimer le transport du choléra par les malades et les effets, et malgré cela l'Egypte fut contaminée.

L'histoire de la répercussion des épidémies cholériques du Hedjaz — comme celle des épidémies du lazaret de Camaran — nous prouve que si le choléra peut être transporté par des caravanes ou des navires ayant des malades, par contre d'autres épidémies se sont propagées sans que ce mode soit entré en jeu, et sans qu'aucun autre mode de transport ait pu être invoqué, puisque la Commission chargée de faire une enquête à ce sujet en Egypte, en 1902, ne put que terminer son rapport par ces mots 1 :

« La filiation scientifique, le mécanisme intime et positif de l'infection de Moucha sont inconnus. Il y a des coïncidences, des probabilités mais non l'évidence. La porte reste donc ouverte à toutes les hypothèses. »

1. Enquête sur l'origine du choléra de 1902 en Egypte. Alexandrie,

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