‹ Choléra et peste dans le pelerinage musulman, 1860-1903Chapitre 41 sur 69 · LA PESTE EN ASSYR, AU LAZARET DE G A M A R A N · texte numérisé non relu

LA PESTE EN ASSYR, AU LAZARET DE G A M A R A N

Lois générales ayant régi les épidémies de peste au Hedjaz. — Si l'on dresse un tableau sur lequel sont indiquées les épidémies de peste de l'Assyr et du Hedjaz (tableau V), on est frappé de ce fait que ces manifestations de la peste se sont toujours produites pendant les saisons intermédiaires : sur les douze épi-

Tableau V. — Épidémies de peste en Assyr et à Djeddah.

Janv.

Fév.

Mars

Avril

Mai

Juin

Juil.

Août

Sept.

Oct.

Nov.

Dec.

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Légende :

| Dates des fêtes musulmanes. — Epidémies de peste de l'Assyr. - — Epidémies de peste de Djeddah.

démies de peste qui s'y trouvent inscrites, il y en a onze qui ont eu lieu de février à fui juin, et une d'octobre au 15 décembre. C'est la constatation — une fois de plus répétée — de ce que la peste n'aime ni les températures élevées, ni la sécheresse.

Quant à l'action du nombre des pèlerins et de leur encombrement, elle ne s'est fait nullement sentir; en effet, le tableau II nous montre que la peste a éclaté à Djeddah pendant quatre années où le pèlerinage était fort peu nombreux. De même, au moment de l'appa-

LE CHOLÉRA ET LA PESTE AU HEDJAZ

rition de la peste, soit à Djeddah, soit à Yambo, les pèlerins ne s'y trouvaient pas encore ou ne s'y trouvaient plus.

Répercussion des épidémies de peste du Hedjaz. —

Les hadjis traversant Djeddah contaminé, soit à l'aller, soit au retour, pendant les quatre années de 1897, 1898, 1899 et 1900, furent au nombre de 152.886.

D'un côté, 82.729 pèlerins se rendirent à la Mecque en quittant Djeddah où régnait la peste, et de l'autre 70.157 vinrent s'y embarquer après les fêtes. Aucun de ces hadjis n'a subi ni l'isolement ni la désinfection, soit avant de se rendre à la Mecque, soit avant de s'embarquer. Quel fut le résultat de cette manière de faire?

Jamais les épidémies de peste de l'Assyr, ni celles de Djeddah ou de Yambo, n'ont d'abord contaminé la Mecque ou Médine : en 1899, deux malades atteints de peste bubonique sont partis de Djeddah et sont allés mourir à la Mecque, sans répandre d'ailleurs la contagion autour d'eux. Ce sont les seuls cas de peste que l'on ait vus et constatés parmi les pèlerins en dehors de Djeddah.

Enfin, ni à bord des navires à pèlerins après leur départ, ni au lazaret de Tor — pendant les quatre années en question — il n'a été constaté de cas de peste sur les hadjis retournant en Europe, en Egypte, ou dans le golfe Persique.

En un mot, bien que le pèlerinage n'ait jamais été soit isolé, soit désinfecté, il a été impuissant à transporter la peste par l'intermédiaire de malades ou de leurs effets.

Ainsi que le disait M. Balilis 1 : « Il est à remarquer

1. Balilis, délégué au Conseil supérieur de santé de Gonstantinople. Contribution à l'étude des mesures sanitaires contre la propagation de la peste. Gonstantinople, 1901.

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