‹ Choléra et peste dans le pelerinage musulman, 1860-1903Chapitre 49 sur 69 · PARALLÈLE ENTRE LA PESTE ET LE CHOLÉRA · texte numérisé non relu

PARALLÈLE ENTRE LA PESTE ET LE CHOLÉRA

emporté la peste, et malgré leur départ elle a continué à évoluer dans la ville.

Si donc les pèlerins sont aptes à emporter le choléra, ils doivent être aptes à l'apporter.

Au contraire, il est certain que ces mêmes hadjis qui n'ont jamais emporté la peste avec eux en dehors de Djeddah ne peuvent non plus être incriminés de l'y avoir importée.

Le transport comparé des épidémies de choléra et de peste. — Le choléra et la peste du Hedjaz ont tous deux été de provenance indienne, leur mode de transport des Indes jusqu'à Djeddah a été tout différent et cependant on peut trouver entre eux un point commun.

Marchandises, malades, effets n'ont paru jouer dans ce transport aucun rôle, ou, pour parler plus exactement, quand ils ont pu en avoir un, la désinfection et l'isolement nous ont permis de l'annihiler entièrement.

Par conséquent, en dehors des modes précédents contre lesquels on lutte actuellement avec succès, il en existe d'autres qui sont encore mal déterminés ou contre lesquels la lutte n'est pas organisée à l'heure présente, dans le cas du pèlerinage musulman tout au moins.

En définitive, il existe deux modes de transport des épidémies, modes nettement distincts :

Le premier, c'est le transport à courte distance d'un microbe sorti du milieu où il peut cultiver.

Le microbe est alors comparable à une graine qui bientôt va se dessécher puis mourir si elle ne rencontre pas le terrain sur lequel elle pourra germer et proliférer.

La désinfection est un moyen radical pour supprimer ce mode de transport.

Le second — commun aux deux maladies — c'est

LE CHOLÉRA ET LA PESTE AU 11EDJAZ

le transport à longue distance du microbe conservé dans un milieu où il peut se cultiver : dans un organisme vivant.

Qu'on me permette une comparaison.

Si, désireux d'entreprendre des recherches microbiologiques, je veux rapporter de Bombay en Europe des échantillons vivants de microbes de la peste ou du choléra, quelle technique suivrai-je?

Vais-je, prenant un morceau de ouate stérilisée, l'imbiber de la sérosité d'un bubon pesteux, l'imprégner de déjections cholériques et ensuite l'emporter dans un récipient bien clos? Lors de mon arrivée je pourrais être certain de ne plus retrouver mes microbes vivants.

Je prendrai un milieu de culture approprié, j'y ensemencerai mon microbe, je le maintiendrai à une température fixée, et au besoin même je le repiquerai sur un nouveau tube pendant le cours de la traversée afin qu'il ne perde pas de sa vitalité.

Je pourrai même s'il s'agit de la peste — en prenant toutes les précautions voulues — transporter des animaux infectés les inoculant au fur et à mesure de leurs morts.

En accomplissant ces diverses manœuvres je ne ferai pas autre chose que de copier la nature elle-même.

Si le vibrion du choléra, si le bacille de la peste, peuvent être transportés à longue distance, c'est qu'ils se trouvent placés tous deux dans le milieu de culture nécessaire â la conservation de leur vitalité, à la température qui leur est utile, et même, pour le bacille de la peste, il se fait naturellement parmi les rats des inoculations en série ; ils ont été tous deux apportés par l'intermédiaire d'organismes vivants :

Le vibrion du choléra à l'état latent se cidtivant dans dans un intestin, son milieu de culture de choix;

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