SCÈNE m
Tous les colons sur le théâtre, — (beaucoup ^agitation.)
Hébert, Primot, La vigne — {entrent en courant ^ arrivant de la forêt pour annoncer la nouvelle, ils crient). — Les Iroquois I les Iroquois !
DRAME GHRÉTISN 33
Lambert Closse et Barbeau qui suivent Hiherty Primot, havigne ; Robert de Maupertal, GoRRY et comparses qui nrrivent sur le théâtre par le côté opposé ; ceux qui sont déjà sur le théâtre ; iotis ceux-là crient, interrogeant: — Les Iroquois ? — (Avec colère) — Ah I les freux !
La VIGNE — (haletant). — Nous étions à l'orée de la forêt, abattant l'orme et l'érable quand Pilote, la chienne fidèle, se mit à aboyer dans la profondeur de la futaie.
Hébert. — :Bt toute la meute des chiens hurle. Primot. — Ils jappent dé tout côté. Les Iroquois sont là assurément.
Mattemaille. — Il faut aller à leur rencontre.
Archambault. — Eesterons-nous toujours derrière nos bastions comme des lâches ?
Mattemaille. — Il faut faire violence à M. de Maisonneuve.
Tous. — Oui...., si.... si.*..
Robert de Maupertal. — Le gouverneur s'opposerait-il par hasard à une sortie contre ces barbares ?
Plusieurs. — Il refuse avec entêtement.
Robert de Maupertal. — C'est une conduite inouie pour un français. Nos frères, Boissier, Berte, Laforest, sont assassinés et on ne les venge" pas !
Tous. — C'est honteux.
Robert de Maupertal. — Des français sont insultés, bravés avec insolence et on ne bouge pas.
Plusieurs. — C^est lâche, c^est à rougir.
BoBERT DE Maupertal. — Est-ce timidité chez cet homme ? Mais qui ignore sa valeur intrépide. Il se défie donc de vos courages. Il ne croit pas à votre vertu. Amis, endurerez-vous sa prétention injurieuse d^avoir, lui seul, le noble feu du courage et de l'honneur.
Tous. — C^est offensant, outrageant ; nous ne le souffrirons pas.
Archambault. — Mes amis, voici le gouverneur, on va s'expliquer.
Tous. — Il faut qu'on s'explique.