SCÈNE III
Tous les colons sur le théâtre, — (beaucoup d agitation.)
HEBERT, PRIMOT, LAVIGNE— (entrent en courant, arrivant de la forêt pour annoncer la nouvelle, ils crient).—Tes Troquois ! les Iroquois !
LAMBERT CLossE et BARBEAU qui suivent Hé- Ecrt, Primot, Lavigne : ROBERT DE MAUPERTAT, GorRY et comparses qui arrivent sur le théâtre par le côté opposé ; ceux qui sont déjà sur le théâtre ; tous ceux-là crient, interrogeant :—Les Troquois ? —(Avec colère) —Ah ! les freux !
LAVIGNE—(haletant).—Nous étions à l’orée de la forêt, abattant l’orme et l’érable quand Pilote, la chienne fidèle, se mit à aboyer dans la profondeur de la futaie.
HEBERT.—Et toute la meute des chiens hurle.
Primor.—lIls jappent de tout côté. Les Iroquois sont là assurément.
MATTEMAILLE.—I1 faut aller à leur rencontre.
ARCHAMBAULT.—Resterons-nous toujours derrière nos bastions comme des lâches ?
MATTEMAILLE.—Il faut faire violence à M. de Maisonneuve.
Tous.—Oui..., si... si...
ROBERT DE MAUPERTAL.—Le gouverneur s’oproserait-il par hasard à une sortie contre ces barbares ?
PLUSTEURS.—Il refuse avee entêtement.
ROBERT DE MAUPERTAI.—(’est une conduite inouie pour un français. Nos frères, Boissier, Berte, Taforest, sont assassinés et on ne les venge pas |
Tous.—C’est honteux.
ROBERT DE MAUPERTAI. — Des français sont insultés, bravés avec insolence et on ne bouge pas.
PLUSIEURS.—C’est lâche, c’est à rougir.
ROBERT DE MAUPERTAL.—Est-ce timidité chez cet homme ? Mais qui ignore sa valeur intrépide. Il se défie donc de vos courages. Il ne croit pas à votre vertu. Amis, endurerez-vous sa prétention injurieuse d’avoir, lui seul, le noble feu du courage et de l’honneur.
Tous.—C’est offensant, outrageant ; nous ne le souffrirons pas.
ARCHAMBAULT.—Mes amis, voici le gouverneur, on va s’expliquer.
Tous.—Il faut qu’on s’explique.