‹ Chomedey de Maisonneuve [microforme]Chapitre 29 sur 31 · AVERTISSEMENT AU PEUPLE · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT AU PEUPLE

Mes frères, je sais qu’en ce grand jour tous vos moments sont comptés : je ne vous retiendrai pas plus longtemps. J’espère vous avoir fait appré-

cier la grandeur chrétienne, le mérite religieux de Samuel de Champlain conime le souhaite l'Eglise. L'œuvre de Champlain est un bienfait pour nous, c'est celui de notre existence nationale. Sa vie est pour nous une leçon : elle fut heureusement féconde pour avoir été foncièrement chrétienne. Champlain aima son pays et sa foi catholique ; il ambitionna d'agrandir et d’honorer l’un et l’autre. Comme lui, ayons à cœur de rendre nos jours féconds pour l'Eglise et notre patrie. Citoyens libres de par le gouvernement constitutionnel et responsable que nos pères ont conquis, nous avons entre nos mains les destinées de notre pays et de notre foi. Nous pouvons beaucoup pour la prospérité et l'honneur de l’un et l’autre. Au jour où échéaient aux rois très chrétiens d'aussi graves responsabilités, ils montaient au sanetuaire national de Reims solliciter l’assistance céleste. Si nous prétendons, comme Champlain, à faire fleurir en cette terre du Canada les saines traditions françaises, songeons qu’elles doivent être entées sur les traditions catholiques de nos pères ; si nous sommes passionnés pour la prospérité et l’honneur de notre patrie, comme Champlain ayons le zèle de la foi catholique. Les enseignements de notre mère la sainte Eglise, gardés et pratiqués par nos pères, “ ont mis le peuple canadien au niveau des plus policés et des plus glorieux, et ont fait de lui, quoique venu tardivement, leur émule,” comme

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l’attestait récemment Léon XIII: Canadensium natio in contlentionem urbanitatis et gloriæ cum excullis gentibus sera non impar venit. Prenons garde, mes frères, de perdre les dons célestes, la foi et la communion catholiques ; nous avons le devoir de défendre nos traditions religieuses aussi bien que les françaises et de les transmettre intactes à nos descendants. C’est l’honneur des générations passées de n’avoir point forligné. Suivons leur exemple afin que nos fils et nos arrière-neveux, dans leurs solennités nationales, mêlent nos noms à ceux des Champlain et des ancêtres que nous préconisons, et que l’Eglise puisse ratifier au nom de Dieu et consacrer l’apothéose populaire pour notre gloire dans le temps et dans l’éternité. Amen.

L'abbé $S. CoRBEïIr.

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