‹ Chorée et Grippe (A propos de 4 observations de chorée)Chapitre 10 sur 11 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

(Due à l’obligeance du docteur Bonnet, de Lasalle)

B..., âgé de 9 ans, a présenté le 31 janvier une grippe à forme gastro-intestinale avec pyréxie.

Le 7 février, je fus appelé par la famille pour une excitation nerveuse et je constatai des mouvements choréiques unilatéraux avec température assez élevée 3905. Au bout de 4 ou 5 jours, ces mouvements se généralisent en s’accompagnant de dysphagie et de dysphonie. |

Les troubles de la marche et de la station verticale apparaissent aussi avec impossibilité de descendre du lit. De plus, à deux reprises, avec intervalle de 8 jours, des crises convulsives se produisirent la nuit, effrayant l'entourage qui, étant donné leur courte durée, ne put m'appeler el me permettre de les observer.

Tous ces symptômes se sont atténués au bout de trente jours, et le malade a pu alors s’alimenter et marcher

facilement.

Après un séjour de vingt jours à la campagne que Je lui avais conseillé, l'enfant a repris son état normal et est complètement guéri à l'heure actuelle. |

Comme antécédents héréditaires, rien à signaler si ce n'est de l’éthylisme chez le père. |

Antécédents personnels : enfant chétif depuis sa naissance et particulièrement nerveux. x

Traitement ordinaire : sédatifs du système nerveux, hydrothérapie et arsenic.

En somme, ces quatre observations peuvent être classées en deux groupes :

Les obs. I et II nous montrent une grippe très bénigne guérissant rapidement et subissant, quelques jours après la disparition de tous symptômes, quelques manifestations choréiques.

Dans les obs. IIT et IV, les mouvements choréiques ont apparu de façon plus précoce alors que l'enfant était encore en pleine pyrexie. L'intensité de la chorée a été

beaucoup plus grande et dans un cas (obs. IV) elle

semble avoir été accompagnée de secousses convulsives.

Dans les quatre observations on note la rapidité assez grande de l’évolution puisqu'à l'heure actuelle où nous écrivons, c’est-à-dire moins de quatre mois après le début des accidents, les enfants sont complètement guéris.

Au point de vue pathogénique, il aurait été intéressant de savoir si lés enfants présentaient une prédisposition aux accidents nerveux. En fait, les renseignements donnés par les familles sont en la circonstance des plus incomplets et l’on reste, malgré tout, très ignorants de leurs véritables antécédents héréditaires.

Les enfants qui font l’objet des obs. I et Il sont en temps normal bien portants et,. d’après les renseignements donnés par leurs maîtres, tout à fait normaux.

La fillette de l’obs. HIT était, paraît-il, lorsqu'elle fut atteinte par la grippe, dans un état nerveux anormal.

Les renseignements que nous possédons sur l'enfant de l’obs. IV sont particulièrement précis sur l'existence d’une prédisposition nerveuse.

Il est à remarquer que, chez les deux enfants qui ont

TN

présenté les accidents choréiques les plus précoces et les plus intenses, nouspouvons déceler l’existence d’une prédisposition nerveuse indubitable.

Dans le cours de l’obs. II[, nous avons eu l'occasion de mettre en relief les raisons qui, en l’occurrence, avaient fait penser à la possibilité d'une atteinte de névraxite épidémique à forme choréique. Nous avons également dit sur quels éléments. . nous nous étions basé pour éliminer ce diagnostic. Il noùs paraît que cette question puisse être posée dans certains cas et qu’elle puisse être résolue par les mêmes recherches. En la circonstance, la connaissance de l'épidémie de grippe a simplifié le problème du diagnostic.

Au point de vue thérapeutique, tous nos malades ont

été traités par les arsenicaux. Il nous semble bien que

l’origine grippale de la chorée ne fait que renforcer cette indication thérapeutique.

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CONCLUSIONS se.

1° Durant la récente épidémie de grippe (janvierfévrier 1922), il nous a-été donné de constater, au décours d’une atteinte de cette affection, l’apparition d'une chorée à type de Sydenham.

2° L'intensité de cette chorée a été plus grande chez les enfants qui auparavant présentaient une prédisposition nerveuse bien établie.

3° L'évolution de ces chorées a été très favorable. 4 Ces quatre cas de chorée consécutive à la grippe sont de nouveaux arguments à l'appui de la théorie

infectieuse de la chorée qui est d’ailleurs aujourd’hui universellement admise.

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