OBSERVATION III
(Due à l'obligeance du docteur Euzière)
F. L..., âgée de 10 ans 1/2. Est entrée le 2 février 1922 dans le service des maladies nerveuses de. l'Hôpital Général pour mouvements involontaires incessants, illogiques et irréguliers de la tête et des membres du côté droit. | L'enfant se serait bien portée jusqu’à la fin de l’année 1921. |
À ce moment, une de ses.sœurs mourut de pneumonie. Depuis lors, elle est triste, et moins bien portante qu'autrefois. Vers le milieu de janvier, au moment del'épidémie de grippe, l'enfant dut s’aliter. Pendant deux jours, elle eut de la fièvre ; la gorge lui faisait mal: sa langue était sale. Aucun médecin ne fut appelé à l’examiner. Quand elle voulut se lever, elle présentait des mouvements anormaux dans les membres du côté droit. Elle était incapable de se servir de Ja main droite. La marche était titubante. L'enfant se plaignait de douleurs au niveau du poignet et du genou droits. Les accidents allant en s’aggravant, la famille se décida à l'hospitalisation.
Comme antécédents personnels, on note une coqueluche à 8 mois, une rougeole vers 2? ans, et il est à noter que la malade urine au lit. |
Le père est en traitement à « Bon-Accueil». La mère et 4 frères et sœurs sont en bonne santé.
L'enfant est très amaigrie; l’état général mauvais.
On est surtout frappé par les mouvements anormaux.
La tête est, à tout instant, attirée en arrière. La face est subitement animée de grimaces diverses qui succèdent à des périodes de calme où la physionomie prend une expression grave et absorbée. La langue présente des mouvements de va-et-vient. La déglutition est difficile, laborieuse. L'enfant parle peu et sa parole est souvent incompréhensible. Les mouvements anormaux sont généralisés, mais surtout marqués) du côté droit, d’une telle intensité qu'ils mettent obstacle à lPexécution des mouvements volontaires. Les orteils se, tendent et se fléchissent incessamment et les pieds sont tantôt en valgus, tantôt en varus. Les jambes se fléchissent et s'étendent. Les cuisses se rapprochent et s'écartent,.
L'examen objectif est rendu difficile par l'instabilité du sujet. Les réflexes tendineux paraîtraient plutôt diminués.
Les ' mouvements choréiques se sont rapidement accentués au point de rendre la situation debout absolument impossible. L'enfant fit d’ailleurs une nouvelle poussée thermique.
En présence de ce tableau, l'hypothèse d’une manifestation de névraxite épidémique fut envisagée et un chimisme hémo-méningé fut établi grâce à la collaboration de M. Cristol, chef de laboratoire à l'Hôpital Général. Les résultats ne révélèrent aucune altération, notamment en ce qui est du chiffre du sucre.
L'amélioration survint bientôt. À lheure actuelle, l'enfant est complètement guérie ; non seulement les mouvements involontaires ont disparu, mais encore son état général est redevenu normal.
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