‹ Chorée et Grippe (A propos de 4 observations de chorée)Chapitre 3 sur 11 · ÉTUDE ÉTIOLOGIQUE ET PATHOGÉNIQUE DE LA CHORÉE DE SYDENHAM · texte numérisé non relu

ÉTUDE ÉTIOLOGIQUE ET PATHOGÉNIQUE DE LA CHORÉE DE SYDENHAM

En 1810, Bouteille propose de remplacer l’ancienne expression « danse de Saint-Guy » par le seul mot « chorée ». À son avis, ce terme doit désigner plusieurs variétés de chorées parmi lesquelles il distingue la chorée essentielle, les chorées secondaires et les fausses chorées.

Dans la plupart des traités classiques. nous trouvons la chorée décrite au chapitre des névroses. En fait, celte place assignée à un tel syndrome ne doit pas être considérée comme traduisant, pour tous, une opinion pathogénique définitivement assise. Pour certains, cette place, comme pour beaucoup d’autres maladies, n'est donnée à la chorée qu’à litre d’attente.

La plupart des auteurs, même ceux qui sontignorants de la rature de la chorée, laissent transparailre, à travers leurs écrits, qu'à leur avis la chorée a une base organique. Il y a déjà longtemps que l’on a tendance à consi-

dérer la ‘chorée comme étant la manifestation d’une lésion cérébrale. C’est bien ce qu'exprime Strumpell : « Force nous est de considérer la chorée, dit-il, comme une névrose, c’est-à-dire comme une maladie dont les désordres fonctionnels n’ont encore aucun substratum anatomique connu. La symptomatologie de cette affection dénote à l'évidence qu'elle consiste en une altération d’un département moteur du système nerveux. Mais, quant à savoir quel est ce département moteur spécial, on ne peut faire à ce sujet que des conjectures. Il paraît pourtant très vraisemblable que le-siège de la chorée doit se trouver dans le cerveau. » Fe

Certains auteurs cependant, en disant que la chorée est une névrose, ne l’entendent pas à la façon de Strumpell et sous-entendent qu'elle est une maladie sans substratum organique. Quelques-uns y ajoutent des qualificatifs qui, au fond, n’éclairent guère la question. C’est ainsi que l’on voit la chorée donnée par certains comme une maladie de la puberté (Bouteille); par d’autres, comme une névrose de croissance (Comby) ou une névrose d'évolution (Joffroy).

Charcot n’emploie guère le terme de névrose, mais celui de diathèse et enseigne que dans la chorée de Sydenham il y a association des deux diathèses nerveuse et arthritique.

Pour si vague que soit ce terme de diathèse, il contient cependant un germe, une explication palhogénique qui a été soutenue par de nombreux auteurs et qui parait renfermer, en somme, une grande part de vérité

La chorée serait, pour eux, due à la connivenec de deux facteurs : une prédisposition (héréditaire ou acquise), une cause occasionnelle (émolive ou infectieuse).

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C'est ainsi que Joffroy pense que les choréiques sont des dégénérés chez lesquels la malformation de l'appareil moteur est latente jusqu'au jour où une cause variable vient la mettre en évidence.

Pour Ch: Leroux, ce qui constitue la prédisposition, c'est l’anémie qui rend irritable, instable, moins résistant le système nerveux sur lequel les causes les plus variées peuvent parfois avoir un effet pathologique depuis les émotions, les efforts exagérés de l’accommodation chez les myopes jusqu'aux maladies infectieuses les plus variées.

Les études récentes sur l'étiologie de la chorée ont suivi deux voies différentes. Les uns, par l’examen serré des symplômes cliniques, se sont attachés à démontrer la nature organique de la chorée ; les autres, par une. scrupuleuse enquête éliologique, ont essayé de démontrer sa nature infectieuse. Ces deux conceptions, loin

de se contredire, ne font, en fait, que se compléter.

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