‹ Choses et autresChapitre 21 sur 23 · FIN · texte numérisé non relu

FIN

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Cette édition a tout l’air de venir d’outre-tombe. Sous presse depuis bientét deux ans, elle a désespéré les uns, provoqué l’oubli des autres et découragé plus d’une fois l’auteur.

Ne fait pas imprimer qui veut quatre volumes, a soixante lieues de chez soi, sans qu’il en cofite. Les coquilles, les erreurs de mise en pages, la mauvaise

distribution, les caractéres tombés, tous ces mille et un riens qui font la vie si dure a l’homme de lettres, pleuvent alors sur le malheureux qui n’a plus d’autres ressources que de se plonger dans une correspondance longue, méticuleuse, pleine d’ennui. (1)

Heureux encore si les contrariétés de l’auteur et de l’éditeur s’arrétaient sur le pas de l’imprimerie ! Mais tout semble se coaliser contre eux.

Ainsi, rien de plus simple au monde que de glisser sous enveloppe un certain nombre d’épreuves, écrire lisiblement le nom de la personne 4 qui elles sont destinées, celui de l’endroit qu’elle habite, et confier le tout a la poste. Cela va tellement de soi que des revises envoyées 4 mon adresse, au bureau de Montréal, me sont parvenues, il y a deux semaines par le courrier. . . . . . .d’Angleterre! Treize galées ont ainsi fait le tour du Royaume-Uni, sans faire hausser ou baisser d’un cran la patience de l’auteur, — car il en est arrivé 4 la conclusion que la plus terrible épreuve subie par l’apétre de la douceur,

(1) En France la. position de correcteur d’épreuves n’est certes pas une sinécure : demandez plutét au malheureux qui revoyait celles de Balzac — Ici, ce n’est plus méme une position et Pauteur est obligé de tout faire, de tout imaginer, de veiller a tout.

Heureusement que j’ai rencontré en M. Léopold Devisme, employé au ministére de |’Instruction Publique, un homme dévoué, aussi érudit que modeste, qui s’est astreint a la revise de mes épreuves et m’a aidé de ses conseils,

Je l’en remercie.

Malgré nos efforts, des incorrections se sont glissées ga et Ia. Inutile d’en faire le relevé ; le lecteur bienveillant aura la complaisance d’y supp!éer.

Saint-Francois de Sales, fut lorsqu’il corrigea les revises de son “‘ Introduction 4 la vie dévote. ”

Aujourd’hui, mes tribulations cessent et celles du lecteur commencent.

Mais, avant de le laisser en téte-a-téte avec ces quatre volumes, je crois faire acte de courtoisie 4 son égard et étre bon camarade envers mes confréres en littérature, en publiant la liste de mes souscripteurs.

Aux uns cela prouvera qu’ils sont plus nombreux qu’on ne pense ; aux autres, que Von sait apprécier leurs efforts, encourager leurs travaux. Cette nomenclature — ot toutes les classes de la société se coudoient — prouvera mieux qu'une savante dissertation que le peuple Canadien-Frangais aime et veut lire. A preuve: parmi tous les noms que renferme cette liste, pas un seul qui n’ait été spontanément souscrit, sur la demande d’un ami.

On aurait dit qu’un chacun avait lu et longuement médité la douloureuse réflexion de Scaliger :

— Amis, écrivait-il, voulez-vous connaitre un des grands malheurs de la vie? Eh! bien vendez vos livres !

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