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tous les jours au milieu des mornes solitudes de l'Amérique centrale. (1)
Il doit y avoir là, cachée quelque part, une énigme de notre histoire, et ce n’est qu’en étudiant rudement, qu’en piochant fort, comme l’a fait M. l’abbé Maurault, que l’on réussira peut-être à résoudre ce difficile problème.
La tâche serait énormément simplifiée, si tout missionnaire, si toute personne instruite suivait son courageux exemple et publiait le fruit de ses notes et de ses observations sur ces indiens de la puissance du Canada, que chaque année voit diminuer en nombre et agoniser lentement devant l’eau-de-vie et les mille petits moyens qu’emploie la civilisation pour les détruire.
De nobles efforts ont déjà été tentés par quelquesuns de nos compatriotes zélés et intelligents. M. Eugène Dorion — mort lui aussi, hélas ! — et M. Joseph Doutre, avocat de Montréal, ont écrit deux excellents essais, l’un sur la nation huronne, l’autre sur les iroquois de Caughnawaga. Une savante grammaire des langues algonquine et iroquoise a été publiée par ie trop modeste auteur des ‘‘ observations à M. Renan, ’’ sur quelques dialectes sauvages, et l’dbbé Belcourt, avant de mourir, nous a légué un travail complet, grammaire, dictionnaire et'livres religieux sur la langue des Sauteux, ‘‘ langue
(1) Voir dans le premier volume De Québec & Mexico les chapitres intitulés : ‘ Les ruines d’un passé ” et ‘ Mexico,’
qu'il considérait comme la source et la racine de tous les autres idiômes sauvages du Nord-Ouest. (1)
Mais il ne faut pas en rester là dans ces fouilles à peine commencées.
Plus la pelle et le pic maniés par des bras robustes, comme ceux-là, s’enfonceront avant, moins on regrettera la solitude de ces longues veilles et de ces longues soirées passées seul, en tête-à-tête avec une tâche ardue. La mine ouverte déjà par nos historiens Garneau et Ferland, et largement entaillée par l'abbé Maurault, est encore bien riche, et le couloir s'étend vaste et profond devant tous les hardis chercheurs. Allons ! qu’ils aïllent de l’avant sans broncher, et plus tard, quand ils seront à e reposer sur les résultats de leurs labeurs, ils s’apercevront que Champfleury avait raison, lorsqu'il disait à l’un de ses amis :
— Le travail est une joie.
(1) Pour donr.er une idée de cet immense travail, le Moniteur Acadien, dans une notice biographique du regretté défunt, dit que ‘ le dictionnaire seul couvre un peu plus de trente-deux rames de papier /vo/scap, en écriture.”
La société littéraire et historique de Québec possède deux exemplaires inédits d’une grammaire latine-huronne qui mériterait les honneurs de l'impression, et M. l’abbé Lacombe vient de publier un dictionnaire et une grammaire de la langue des Cris qui appartiennent, nous assure t-il, ‘ à la grande famille Algique, qui s ‘étend depuis le Labrador jusqu'aux Montagnes Rocheuses et jusque sur les bords de la rivière Athabaskaw, et forme les tribus des Montagnais du Labrador, les Têtes de Boule du St. Maurice, les Abenaquis, etc, ?