‹ Chouart et RadissonChapitre 10 sur 75 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

La bourgade d'Onnontagué. — Les Jésuites vont y fixer une résidence. — Radisson les y acompagne. — Les sauvages complotent la destruction des missionnaires et de leurs compagnons. — Ceux-ci se sauvent nuitamment. — Rôle joué par Radisson en cette circonstance critique.

T| A bourgade d'Onnontagué, sise au pays Ma des Iroquois supérieurs» semblait donner aux missionnaires les plus belles espérances de conversion. Depuis longtemps la peuplade qui l'habitait s'était adressée aux Jésuites pour envoyer chez elle des religieux qui instruiraient ses habitants dans la foi. Ceux-ci se décidèrent, en 1655, de leur donner les Pères Joseph Chaumonot et Claude d'Ablon, deux hommes d'élite.

L'année suivante, trois autres Jésuites et trois

Frères se rendaient dans la nouvelle mission où il y avait ample moisson à récolter. Les missionnaires n'avaient pas été déçus dans leur espoir. Il devenait de plus en plus évident que les Onnontagués ouvriraient leurs cœurs à l'Evangile. La Relation de 1657 est très explicite sur ce point :

« Deux pères de notre compagnie, y lisonsnous, qui ne quittent point la Mission d'Onnontaghé où la ferveur du Christianisme est plus grande, reconnaissent dans les Onnontagheronnons une douceur de conversation et une civilité qui n'a presque rien de barbare. Les enfants y sont dociles, les femmes portées à la dévotion la plus tendre, les anciens affables et respectueux, les guerriers moins superbes qu'ils ne le paraissent. Et en général la complaisance que le peuple tesmoigne pour nostre doctrine et nos pratiques ne nous fait pas espérer de petits progrez de notre saincte Foy ^. »

... « On remarque dans les Onnontagheronnons plus de ferveur que dans tous les autres, et plus d'inclination pour le Christianisme, auquel ils se maintiennent avec autant de constance qu'ils ont eu de zèle en s'y attachant, les

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