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CHAPITRE VII

Chouart et Radisson quittent les Cristinos et retournent à Québec. — Leurs fourrures sont confisquées par le Gouverneur, — Chouart passe en France et en revient bientôt. — Les deux beaux- frères vont à Boston, puis à Londres. — Ils se mettent au service du roi d'Angleterre. — Partent pour la baie d'Hudson.

LE printemps de 1663 se passa pour nos ,»^ deux coureurs des bois à grossir leurs ballots de fourrures, et quand vint le temps de se séparer des Cristinos, ils leur fixèrent un lieu de rendez-vous pour une époque ultérieure, et puis ils prirent la direction du sud dans le but de se rendre dans leurs familles.

Les deux déserteurs arrivèrent à Québec durant l'été de 1663, après deux années d'absence. « A notre arrivée, écrit Radisson, le

gouverneur, voyant que son terme d'office allait expireP, et qu'il lui faudrait partir, se servit de ce prétexte pour nous faire du mal, et il s'empara de nos marchandises qui nous avaient coûté si cher et au moyen desquelles nous faisions vivre le pays. . . Il fit mon frère prisonnier pour avoir méconnu ses ordres, en partant sans congé. . . Il nous condamna à une amende de 4,000 livres, dans le but, disait-il, de construire un fort aux Trois-Rivières. Comme fiche de consolation, il nous dit que nous pourrions faire placer notre cotte d'armes sur les murs de ce fort. Il nous condamna à une autre amende de 6,000 livres qu'il destinait au trésor public. . . Mais le bougre (textuel) s'engraissa les côtes avec notre argent. Il nous fit payer en outre l'impôt du quart; ce qui faisait en tout 14,000 livres. De sorte que nous avons dû abandonner 46,000 livres, ne nous réservant que 24,000. N'est-ce pas un tyran pour avoir agi de cette façon avec nous, qui avions risqué notre existence et apporté au pays, en moins de deux ans, entre 40 et 50,000 pistoles. Car les facteurs ne se lassaient pas de nous dire: — Où avez-vous été? d'où venez-

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