‹ Chouart et RadissonChapitre 27 sur 75 · Relations de 1661 et de · texte numérisé non relu

Relations de 1661 et de

Chagouamigon, douze jours plus tard, après y avoir attendu le retour d'un groupe de Hurons, qui avaient promis de les conduire dans leur village, situé sur une île à l'entrée de la baie des Puants. Ces sauvages s'étaient réfugiés dans ce lieu écarté, après leur dispersion, en 1650, et ils y vivaient cachés depuis 1653 ^,

ï à l'abri des atteintes des Iroquois, leurs plus

y mortels ennemis.

Il devient de plus en plus difficile de suivre les deux voyageurs français à travers ces pays encore innommés. D'après la description qu'ils en donnent, il est raisonnable de supposer qu'ils

I connurent le lac des Bois, et qu'ils entreprirent

I ensuite le voyage de la baie d'Hudson. Ils tinrent un grand conseil des nations du nord durant l'hiver (1662-63,) et ils convinrent avec elles de faire un commerce régulier. Puis ils atteignirent les Cristinos qui les menèrent jusqu'au « rivage de la mer » où ils aperçurent, à leur grand étonnement, une vieille baraque en

I. La fuite de ces nations aux îles Huronnes ne peut être retardée au delà de 1653, puisque la Relation de 1654 nous les y montre établies et envoyant de ces lointaines contrées un de leurs partis trafiquer à Montréal et aux Trois-Rivières.— /?e/a^io» de 1660, iii. 12.

démence. Les sauvages leur apprirent que des blancs appartenant à deux nations différentes avaient séjourné à ce même endroit. Quels pouvaient être ces Européens? Radisson, dans son récit de voyage, signale son passage aux sources d'une grande rivière qui vient du lac et \ va se décharger dans la rivière Saguenay. Ce témoignage nous porte à croire qu'il était parvenu au fond de la baie James, et qu'il a pu apercevoir la source de la rivière Assuapmouchouan, qui est la prolongation de la rivière Saguenay. « Nous étions alors, ajoute le narrateur, à cent milles de la baie d'Hudson. »

Il nous paraît peu probable que Radisson et Chouart se soient rendus à la baie d'Hudson proprement dite, à moins de supposer que les renseignements géographiques tirés du récit de Radisson ne soient incomplets. D'un autre côté, il leur eiît été plus simple, ce nous semble, d'atteindre leur but, par la rivière Nelson, qui offre une route beaucoup plus courte et plus facile que par la rivière Albany ou la Severn.

Quoi qu'il en soit, ils pouvaient proclamer bien haut qu'ils avaient vu la mer du Nord et les sauvages qui habitent ses côtes. Ils avaient fait ce qu'aucun Français n'avait eu le courage

d'entreprendre avant eux. Quand Guillaume Couture s'y rendit durant Tété de 1663, Chouart et Radisson en étaient déjà partis depuis plusieurs mois. De sorte que l'on peut dire que deux groupes de Canadiens portèrent leurs pas dans ces parages du nord, dans le même temps, mais par deux chemins différents, et sans se douter, ni les uns ni les autres, qu'ils s'étaient suivis à un aussi court intervalle.

Page 1