‹ Chouart et RadissonChapitre 3 sur 75 · II · texte numérisé non relu

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les intérêts de la Grande-Bretagne, sans faire preuve de déloyauté. Le seul fait, pour Radisson, d'avoir épousé une Anglaise, l'avait | rendu suspect auprès des grands de la Cour. ^ Ces alliances n'ont rien aujourd'hui qui offense la loyauté nationale.

Encore une fois, Chouart et Radisson occupent une grande place dans notre histoire primitive. Aux autorités canadiennes ils causèrent beaucoup d'embarras par leur esprit d'indépendance. En France, ils tinrent la même ligne de conduite. Partout ils se firent des adversaires puissants, et le secret de leurs tergiversations repose assez probablement sur les rebuffades qu'ils reçurent tant du côté de l'Atlantique que des pays d'outre-mer.

Radisson a laissé à la postérité le récit de ses voyages. Son manuscrit est d'une écriture parfaitement lisible, et laisse apercevoir que son auteur avait une certaine dose d'instruction. On constate, en le lisant, que Radisson avait un goût prononcé pour les voyages, et qu'il fit de longues pérégrinations ailleurs qu'au Canada.

Ces récits peuvent se diviser en deux parties : ï° voyages de 1652 à 1664, au milieu des Iro-"' quois et des sauvages de l'ouest ; 2° voyages de 1682 à 1684, dans l'intérieur de la baie d'Hudson.

La première partie est divisée elle-même en quatre chapitres. Elle a été écrite en anglais par Radisson, et il n'en existe pas de version française. Elle fut longtemps la propriété de Samuel Pepys, secrétaire de l'amirauté sous Charles II et Jacques IL II est assez probable qu'il la tenait de Sir George Carteret, vicechambellan du roi et trésorier de la marine. Quelques années après la mort de Pepys, la collection des manuscrits de cette première partie tomba entre les mains de marchands qui n'en connaissaient pas la valeur. Un célèbre collectioneur, Richard Rawlisson, en eut connaissance et les acheta pour sa bibliothèque.

La seconde partie des manuscrits renferme deux récits de voyages à la baie d'Hudson. Le premier, encore en anglais, est aujourd'hui la propriété du Musée britannique, à Londres.

D'après une note insérée en-dedans de la couverture, sir Hans Sloane aurait acheté de Nicolas - Joseph Foucault le manuscrit du deuxième voyage de Radisson. Ce dernier est en français. Nous le retrouvons maintenant à la bibliothèque dite Bodléienne, à Londres. La Prince Society de Boston Ta fait traduire en anglais avant de le placer dans sa collection documentaire. C'est à cette société que nous devons la publication intégrale des voyages de Pierre-Esprit Radisson, beau volume de 385 pages, précédé d'une introduction de 23 pages par Gideon D. Seuil, de Londres, avec des notes assez nombreuses, mais souvent incorrectes.

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