Ce mot signifie Descente des étrangers
Guillaume Couture avait parcourue quelques années auparavant. Partis de Tadoussac le 22 d'août 1671, le missionnaire et ses deux compagnons de route, Denis de Saint-Simon et Tun des fils de Couture, étaient parvenus un peu audelà du lac Saint- Jean, après quinze jours de navigation entremêlée de portages, lorsqu'ils furent avertis par des Mistassins que deux navires étaient ancrés dans la baie d'Hudson, et que des blancs y faisaient la traite avec les Indiens. Craignant qu'on ne lui suscitât des ennuis, le père Albanel envoya aussitôt à Québec y quérir des passeports, afin d'être en règle lorsqu'il se présenterait à ces étrangers. Les envoyés prirent trois semaines à s'acquitter de leur commission. Quand ils revinrent, le 10 d'octobre, il était déjà trop tard pour continuer le voyage. On l'ajourna au printemps.
Le premier jour de juin 1672, le petit détachement de Français, auquel s'étaient joints seize sauvages, quittait Nataschegamiou sur trois canots. Le 28 juin, les explorateurs avaient terminé leur longue course, et ils apercevaient, ce jour-là, dans une petite rivière qui se décharge dans la rivière Nemiskau, un heu de dix ou douze tonneaux avec tous ses agrès,
et portant le pavillon anglais et la voile latine ^. Un peu plus loin ils rencontrèrent deux cabanes de sauvages et la maison des Anglais, qui était déserte. Enfin ils aperçurent la baie d'Hudson, dont ils ne se lassèrent pas de contempler les beautés et l'ampleur. Evidemment les Anglais, qui avaient hiverné en partie au fort de la rivière Rupert, avaient évacué la place pour retourner dans leur pays.
Le Père Albanel s'en retourna au milieu des siens, à Québec, où il fit un rapport circonstancié de son voyage ^.
Le Père Charlevoix, rapportant cete expédition, écrit : « Le Père Albanel fit en plusieurs endroits des actes de prise de possession, suivant les ordres qu'il en avait, les signa avec le sieur de Saint-Simon, et les fit aussi signer par les chefs de dix ou douze nations sauvages ^. »
Chouart semble être retourné seul à la baie d'Hudson, en 1673. Dans le journal de Thomas Gorst, secrétaire de Charles Baily, gouverneur de Port-Nelson, l'on constate que, le 3 avril 1674, les principaux personnages de