‹ Chrestomathie de l'ancien françaisChapitre 2 sur 63 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

Le Conseil supérieur de rinstructioiv publique a décidé que renseignement de la langue et de la littérature françaises devait remonter aux origines, et le nouveau plan (l'éludes a prescrit cet enseignement pour les classes de troisième et de seconde de nos lycées. Malheureusement, l inexpérience des maîtres et le manque de livres appropriés ont empêché cette sage mesure de produire tous les résultats qu'on était en droit d'attendre. En effet, la Chrestomalhie de M. Karl Bartsch, qui a atteint, en Allemagne, sa quatrième édition (la 7" édition a paru depuis), est Jd'un fprix inabordable pour les élèves, et le Recueil (ranciens textes^ d'ailleurs excellent, de M, Paul Meyer, le savant directeur de l'Ecole des chartes, dont on attend toujours le glossaire, étant, dans l'esprit de son auteur, destiné à servir de base à son enseignement, le choix des morceaux qu'il y a admis a été fait plutôt au point de vue de l'étude de la langue et de la critique des textes qu'au point de vue littéraire. Il nous a donc semblé que nous ferions une œuvre utile aux professeurs et aux élèves en réunissant à leur intention un certain nombre de morceaux pris parmi les meilleurs de notre ancienne littérature, et en les mettant à même de les lire sans trop d'efforts, à laide d'un GlossHire compleX des formes et des sens qui se rencontrent dans le Recueil et d'un Tableau sommaire des flexions en ancien français.

Dans le choix des morceaux, nous avons eu en vue deux résultats principaux à atteindre : 1° présenter, dans un ordre méthodique, des spécimens des différents genres littéraires cultivés au moyen âge, afin de montrer la richesse, la variété et l'originalité de notre vieille littérature, tout en respectant les règles du goût et de la bienséance ; '2° accessoirement, donner une idée des différents dialectes qui ont contribué à former la langue française. C'est cette dernière considération qui nous a décidé à garder pour chaque texte l'orthographe des manuscrits, sauf, bien entendu, les cas où nous avions à notre disposition un texte critique déjà publié ou établi par nous-même, comme pour les n"' 17 et 43. Toutes les fois que le texte d'un morceau choisi par nous et déjà publié n'offrait pas toutes les garanties désirables au point de vue de la correction, nous avons vérifié sur les manuscrits (du moins pour les manuscrits de Paris), et nous avons édité à nouveau plusieurs morceaux à l'aide de manuscrits meilleurs '.

Nous n'avons pas besoin d'ajouter que nous n'avons pas hésité à apporter des corrections, soit aux imprimés, soit aux manuscrits, lorsque cela nous a paru nécessaire. Les mots ou lettres ajoutés ont été mis entre crochets, les mots ou lettres retranchés entre parenthèses. Quant aux accents, nous en avons été un peu plus prodigues qu'on ne l'est d'ordinaire, tenant à donner au lecteur, toutes les fois qu'elle était assurée, la prononciation ancienne et à faciliter la lecture de nos textes. L'inégalité de traitement que l'on remarquera entre les dilférents morceaux à cet égard tient à la différence des époques où ils ont été composés.

Le Glossaire a été établi avec le plus grand soin. Il comprend tous les mots du

1. Le n" 24 n'était connu que par quelques citations de M. Ciuibaneau, faites daprès noire copie. Le n° 17 (16 dans la 3° édition^ n'avait jamais été publié.

CoNSTAXS. — Chrestomnthie. l

2 AVERTISSEMENT

texte, même toutes les formes verbales, à l'exception de celles qui, n'ofTraut d'ailleurs aucune particularité orthographique, pouvaient très facilement être retrouvées dans nos paradig'mes, comme, par exemple, celles de la première conjugaison. Pour chaque mot, nous renvoyons généralement à la forme la plus usitée au commencement du xui" siècle, forme à la suite de laquelle nous donnons toutes les autres en renvoyant le plus souvent au texte par des chiffres. Nous avons cru devoir donner les étymologies, du moins pour les mots d'origine latine, en indiquant non pas seulement le mot racine ou le mot latin correspondant, mais les suffixes latins ou romans qui, s'ajoutant à un mot latin, ont formé un nouveau mot sans équivalent dans la langue mère. Les élèves se familiariseront ainsi avec un point important de l'histoire de la langue et, grâce aux explications complémentaires du professeur, pourront éviter d'avoir sans cesse sous les yeux l'admirable, mais peu maniable Dictionnaire de Littré.

Malgré les soins que nous avons donnés à la correction des épreuves, il s'est glissé dans notre travail un certain nombre de fautes d'imj^ression, la plupart sans gravité. Nous en demandons pardon au lecteur, et nous les relevons ci-dessous \ en y ajoutant quelques nouvelles corrections au texte. Nous serions reconnaissants à nos collègues de vouloir bien nous communiquer les fautes qu'ils auraient relevées de leur côté, comme aussi toutes les observations que pourrait leur suggérer la pratique de ce modeste recueil.

Paris, 30 septembre 1883.

AVERTISSEMENT

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