‹ Chrestomathie des prosateurs français du 14e au 16e siècle, avec uneChapitre 8 sur 113 · t et;, — tt et V l'un pour l'autre. ie, ioly · texte numérisé non relu

t et;, — tt et V l'un pour l'autre. ie, ioly

Vne, quelqu'vn; — auoir, pouoir, pouuoit,

8. Le g mis devant a, o, u, avec le même son que devant e et t.

Il manga, je vous chargai.

g 5. — Signes orthographiques.

Cette dénomination comprend les accents, le tréma^ la cédille, Vapostrophe et le trait d'union. Les écrivains français antérieurs à 1530, n'avaient aucune idée de ces signes; ils n'en firent jamais usage. Jacques Dubois, dit Sylvius, auteur de ta première grammaire proprement dite publiée en France, en 1531, imagina des signes de cette nature, un peu différents des nôtres, pour la forme

etTusage*. Le pen de ces auxiliaires de Torthographe, que des éditeurs, soigneux de reproduire fidèlement les textes aDcieus, y ont introduits, forment un anachronisme utile pour Tintelligence des lecteurs modernes. Les écrivains du XVI"^' siècle en firent d^abord un usage très- limité : Rabelais, seulement de l'apostrophe et de Taccent aigu sur Ve final accentué ; Amyot y ajouta Taccent grave sur la préposition â, et le tréma : flauët, pats; Montaigne va un peu plus loin. Hais cette partie de Thistoire de notre langue exige encore une étude spéciale des manuscrits et des éditions publiées du vivant des auteurs.

Quelques observations seulement.

L'accent circonflexe n'existait pas; on n'en avait besoin ni pour remplacer l's, qui alors subsistait dans l'écriture : teste (tète), ni pour marquer la longueur d'une syllabe, qu'alors on ne contractait pas; on écrivait aage, eage(&gé)y roolle (rôle).

L'accent grave servait à distinguer de leurs homonymes les mots â, là, et leurs composés delà, voylà, où. On ne le mettait jamais sur r^; on écrivait tres^ père. — Après est dû aux éditeurs.

Le z final, très-usité, dispensait de Taccent sur Ye de la dernière syllabe : procez^ progrez.

Ve ne s'accentuait guère au commencement et au milieu des mots. On lit dans les éditions de Montaigne, aisément, nommément, reservément; l'authenticité de cet accent a peut-être besoin d'être prouvée.

Le tréma, plus employé que maintenant, se voit où nous ne songerions pas à l'employer ; dans louer, louable, advoûer.

Il semble indiquer une prononciation différente de la nôtre dans cogneue, eue, queue, il secoue, fuër (quelquefois), pawanï (paysan).

La cédille était connue au XYI'"' siècle ; mais l'orthographe la rendait quelquefois inutile là où elle nous est nécessaire : cornmencea, perceant.

L'apostrophe n'existait pas avant 4530; on écrivait lan, Impression, cest, deglise , jay, quil, quelquefois sans élision que il, que on, dey mettre, si il, ce qui n'empêchait pas que l'élision ne se fit sentir dans la prononciation .

* Jaeobi Sylvii in linguam gallicam Jtageoge, una cum ejusdem Gramma- Healatinogallica, Parisiis 1531, in-4o.

Durant la même période, on écrivit sans apostrophe les contractions fname (ma ame), rtiamour^ mamie.

Dans le cours du XVI™® siècle, on prit l'habitude d'écrire Tarnhition, n'en, n'emprunter^ d'un^ m'amie, — r^avoir, nostr'aise, encor un, de bonn'heure,un''affection(p\us rarement), même fottfuiie, n'agnerres (il n'y a guère).

Le trait d'union servit aux écrivains du XVI"^ siècle à lier les éléments des mots composés ; mais quelquefois ils les écrivaient séparément sans ce lieu ; d'autrefois ils les réunissaient en un mot unique. Vous découvrez ces diverses manières dans le même livre, à la mêmepage: Souz-rire^soubs-rire, bon-heur, bonheur, clair' voyance, bien-vueillance , bien-faicteur, quinte- essence, en-hault^ avant-que, au par-avant, long temps, oultre cuidatice, la plus part, la pluspari, toujours, toutes voies, toutes-fois, toutes fois, autres fois, quoy que, puis que, par ce que, ce pendant, cependant, mal encontreux , malplmsant, entresemer, arcboutant , dequoy , parquoy.

§ 6. — Ponctuation.

Avant les écrits des premiers grammairiens, on faisait usage de la ponctuation, mais au hasard, pour la seule commodité, sans lui donner pour base l'analyse logique. Les signes se bornaient à trois: lepom^ la virgule, et le deux-points, employés indistinctement, et, semble-t-il, au hasard. Qu'on en juge, ainsi que de l'absence de tout signe orthographique, par quelques lignes de Tory de Bourges, imprimeur-libraire à Paris, et auteur d'un livre publié en 1529.

« En deux Caietz ( cahiers ) a la fin sont adiouxtees Treze diuerses façons de Lettres. Cest ascauoir. Lettres Hébraïques. Greques. Latines. Lettres Francoises. et icelles en Quatre façons, qui sont. Cadeaulx. Forme. Bastarde, et Tomeure. Puis ensuiuant sont les Lettres Persiennes. Arabiques. Africaines. Turques. etTartariennes. qui sont toutes cinq en vne mesme Figure Dalphabet.»

« Sil eust vouluntiers enseigne cela : Mille autres hommes eussent depuis luy faict mainctes belles et bonnes Opérations qui ne sont pas faictes : et ne seront iamais. »

Dans le cours du XVI"»« siècle, on imagina \e point-virgule, mais on en fit peu d'usage, le deux- -points \e remplaçait, il servait com-

modémeot à toat, excepté à séparer Tannonce d'un discours du discours même ; là ou mettait un point, c II commencea à semer ces propos parmi les jeunes hommes. Qu'il ne falloit points etc.» (Amyot). Pasquier de même très-fréquemment. Il termine aussi par un point un membre de période qui n'a pas un sens fini, par exemple, une proposition incidente ou subordonnée, précédée d^un autre point, qui la sépare de la proposition principale. Sou- Tent après un point, les écrivains commencent une nouvelle période par le pronom relatif. — Ces exemples d'imperfection suffisent.

La Grammaire proprement dite comprend deux parties, la Leûncologie^ qui traite de la nature et de la forme des mots, et la Sgntaxe qui traite de leurs rapports et de leur combinaison. Pour l'une et pour l'autre, nous renfermant dans notre objet, nous n'exposerons pas une théorie, mais seulement des faits par lesquels rancieDDC grammaire différait de celle qui a prévalu.

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