‹ Chrestomathie du moyen âgeChapitre 101 sur 245 · Païen. Cf. page 15, note · texte numérisé non relu

Païen. Cf. page 15, note

2. Il est souvent question dans la poésie du moyen âge d'escarboucles d'un éclat extraordinaire.

AIMEIU DE ?sARBO>>E

Con li soleuz qui al main doit lever;

Par nuit oscure, senz mençonge conter,

De quatre lieues le puet on esgarder. 55

D'une part est la grève de la mer;

D'autre part Aude, qui mout puet raviner,

Qui lor ameine quant qu'il sevent penser.

A granz dromons ^ que la font ariver,

Font marcheant les granz avoirs porter, 60

Dont la cité font si bien rassaser

Que riens n'i faut qu'on sache deviser

Qui mestier ait a cors d'ome onorer.

La cité prent li rois a esgarder,

Dedenz son cuer forment a goloser; 65

Son dru ^aimon en prist a apeler :

(( Beaus sire .\aimes, » ce dist Charles li ber,

(( Dites moi tost, nel me devez celer,

Cui est tel vile qui tant fait a loer ?

Cil qui la tient se puet très bien vanter 70

Qu'en tôt le mont, ce cuit je, n'a sa per;

Ne crient voisin qui h luisse grever.

aussi vivement que le soleil qui se lève le matin : par une nuit obscure, sans mentir, on pouvait la voir à quatre Heues. D'uu côté de la ville s'étend le rivage de la mer; d'autre part coule l'Aude aux flots impétueux, qui amène aux habitants tout ce qu'ils peuvent désirer : sur de grands navires qu'ils font aborder là, les marchands apportent les richesses dont la cité abonde, au point que rien ne manque de ce qu'on saurait imaginer pour faire honneur à un homme. Le roi regarde la ville et en son cœur se prend à la convoiter. Il appelle son ami Naime : « Beau sire Naime, )) dit Charles le baron, « dites-moi tôt, franchement, à qui est une ville si admirable. Celui qui la tient se peut bien vanter, je crois, qu'en tout le monde il n'y a sa pareille. Il ne craint pas qu'un voi-

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