‹ Chrestomathie du moyen âgeChapitre 108 sur 245 · vngwéj.Cl'.page 50, note · texte numérisé non relu

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2. Ce vers montre quelle est forigine de l'expression proverbiale

POÉSIE ÉPIQUE

Li emperere tint mont le chief enclin,

For cez trois contes qui si sont de lier lin,

Qui si refusent Narbone tôt en fin.

11 en apele Hoël de Costentin*, 255

Haut chevalier et conte palatin :

({ Venez avant, gentiz cons de franc lin.

Tenez Narbone et le palais marbrin ;

A vos seront mil chevalier enclin.

Ja, se Dieu plaist qui de l'eve fist vin 2, 260

Ne l'avront mais paien ne Sarrazin. »

Quant cil l'entent, si li respont enclin :

(( Droiz emperere, foi que doi saint Martin,

Ja Narbonois ne m'avront a voisin.

Tant ai porté mon hauberc doblentin, 265

Et couchié tart et levé par matin,

Le cors ai teint par dessoz mon hermin.

Or me rofrez Narbone et son traïn,

IX. — L'empereur tient la tête baissée, à cause de ces trois comtes, de si haut parage, qui refusent ainsi absolument Narbonne. Il appelle Hoël de Cotent! 11, puissant chevalier et comte palatin : « Avancez, noble comte de haute lignée. Tenez Narbonne et son palais de marbre; mille chevaliers vous seront soumis. Jamais plus, s'il plaît à Dieu qui changea l'eau en vin, ne l'auront pâïens ni Sarrasins. » Quand le comte l'entend, il baisse la tête et répond : « Juste empereur, foi que je dois à saint Martin, jamais les Narbonnais ne m'auront pour voisin. J'ai tant porté mon haubert double, si souvent je me suis couché tard et levé matin, que j'en ai le corps décoloré sous mon manteau. Et maintenant vous m'of-

« châteaux en Espap^ne », qu'on trouve déjà dans la seconde partie du Homan de la Rose, écrite vers 1275.

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