‹ Chrestomathie du moyen âgeChapitre 119 sur 245 · I. CHANT · texte numérisé non relu

I. CHANT

Le veilleur élail un excellent homme, brave, courtois, intelligent. Il commença une chanson belle et plaisante :

« Fillette au noble cœur, tu as le corps gracieux et séduisant, les cheveux blonds, les dents blanches, les yeux vifs, le visage riant. Je vois bien à ta mine que tu as parlé à ton ami, qui se meurt pour toi. Je te préviens, entends-moi : garde-toi des traîtres qui viennent te cherchant par ici, les épées nues sous leurs clia|)es. Ils te menacent fort et bientôt t'auront fait du mal, si tu n'y prends garde. »

1. (iaife, veilleur de nuit, qui se tenait au sommet du bellioi, du donjon ou d'une tour quelconque, pour de là surveiller lesenvirons ; il était tenu de chanter souvent ou de jouer de quelque instrument pour montrer qu'il ne dormait pas; peut-être aussi, comme cela se pratique encore dans plusieurs villes de France, pour marquer les heures.

Ici le veilleur voit d'une part Nicolette, qui parle à son ami, et d'autre part la patrouille qui s'avance.

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