X. — OR DIENT ET CONTENT ET FABLOIENT
Aucassins ala par la forest de voie en voie, et li destriers l'en porta grant aleûre. Ne cuidiez mie que les ronces et les espines l'espargnassent : nenil noient, ainz li desrompent ses dras, qu'a peines peùst on noer des-
aussitôt des pastoureaux et s'enfonce dans les profondeurs du bois. Son cheval va un amble rapide et bientôt l'emporte au galop. Aucassin parle et dit trois mots :
« Nicolette au corps charmant, c'est pour vous que je suis venu au bois. Je ne chasse ni cerf ni sanglier; c'est de vous que je suis la trace. Vos yeux vifs et votre gracieux corps, votre beau rire et vos douces paroles ont blessé mon cœur à mort. S'il plaît à Dieu, le père tout-puissant, je vous reverrai encore, sœur, douce amie. »