‹ Chrestomathie du moyen âgeChapitre 148 sur 245 · FABLES · texte numérisé non relu

FABLES

Seloiic nature porchaçol^ Sa viande SI corne il sot.

Une cliiere geme trova, 5

Clere la vit, si l'esgarda

(( Je cuidai, )) fait il, (( porcliacier

]\la viande soiir cest femier;

Or l'ai ici, geme, trovee :

Ja par moi n'en iers remuée. lo

S'uns riches om ci vos trovast,

Bien sai que d'or vos onorast,

Si acreûst vostre clarté

Par l'or qui mout a grant beauté.

Quant ma volenté n'ai de toi, i5

Ja nule onor n'avras par moi. );

Autressi est de mainte gent, Se tôt ne vait a lor talent, Come del coc et de la geine;

Yeû l'avons d'orne et de feme : 20 Bien ne onor noient ne prisent, Le pis prenent, le niieuz despisent.

et y gratta. Obéissant à sa nature, il cherchait sa nourriture comme il savait le faire. 11 découvrit une pierre précieuse, et la voyant briller, il la regarda : « Je croyais, » fait-il, « me procurer de la nourriture sur ce fumier, et c'est toi, pierre, que j'y ai trouvée. Je ne te toucherai pas. Si un homme riclie te voyait ici, je suis certain qu'il te ferait les honneurs de l'or, et accroîtrait ainsi ton éclat par l'or qui a tant de beauté. Mais puisque je ne trouve pas en toi ce que je désire, tu ne recevras de moi aucun honneur »

Il en est de bien des gens, quand tout ne va pas à leur souhait, comme du coq et de la pierre. Nous l'avons vu chez des hommes et chez des femmes : ils ne font aucun cas du bien m de l'honneur, ils prennent le pis et dédaignent le mieux.

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