‹ Chrestomathie du moyen âgeChapitre 178 sur 245 · fùo/. nir. (lo Cliniimont · texte numérisé non relu

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2. L()iii)}>ij-l('-Châtc(n(^ arr. de Rar-le-Duc. 0. Menoncourt^ territoiie de Belforl.

VIE DE SAINT LOUIS

saint Jaque*, que je requis : (( Beaus sires sains Jaques, aidiés moi el secoures a cest besoing! » Maintenant que j'oi faite ma proiiere, mes sires Erars de Sivri me dist : (( Sires, se vous cuidiiés que je ne mi oir n'i eûssons reprouvier, je vous iroie querre secours au conte d'Anjou, que je voi la en mi les chans. )) Et je li dis : « Mes sires Erars, il me semble que vous feriiés vostre grant oneur se vous nous aliiés querre aide pour nos vies sauver, car la vostre est bien en aventure. )) Et je disoie bien voir, car il fu mors de cele bleceûre. Jl demanda conseil a tous nos chevaliers qui la estoient, et luit li louèrent ce que je li avoie loué; et quant il oui ce, il me proia que je li laissasse aler son cheval, que je li tenoie par le frein avec les autres, et je si fis 2.

Au conte d'Anjou^ vint, et li requist qu'il me vcnist

que j'invoquai : « Beau sîre saint Jacques, aidez-moi et secourez-moi en ce besoin ! » Dès que j'eus fait ma prière, messire Érard de Sivri me dit : « Sire, si vous croyiez que ni moi ni mes hoirs n'en dussions avoir reproche, j'irais demander du secours pour vous au comte d'Anjou que je vois là au milieu de la campagne. » Je lui répondis : « Messire Érard, il me semble que vous vous honoreriez beaucoup si vous alliez nous chercher du secours pour sauver notre vie, car la vôtre est bien en danger. » Et je disais vrai, car il mourut de cette blessure. Il demanda conseil à tous nos chevaliers présents, et tous approuvèrent ce que je lui avais conseillé. Ce que voyant, il me pria de laisser aller son cheval, que je tenais par la bride avec les autres, et je le fis. Il alla au comte d'Anjou et lui demanda de vem'r nous

1. « Saint Jacques était regardé comme le patron spécial de ceux qui combattaient contre les Infidèles. Cette croyance remontait à la légende d'après laquelle cet apôtre était apparu à Cliarlemagne pour l'engager à délivrer l'Espagne des mains des Sarrasins. » (G. Paris, Extraits de la Vie de S. Louis, note 68.)

2. « Remarquez l'hésitation d'Érard de Sivri à aller chercher du secours.... Ce préjugé chevaleresque se retrouve dans les chansons de geste et a eu dans nos guerres plus d'une fâcheuse conséquence. » {JOid., note 71.)

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