‹ Chrestomathie du moyen âgeChapitre 179 sur 245 · Cf. page 214, note · texte numérisé non relu

Cf. page 214, note

secoiirre moi et mes chevaliers. Uns riches ons qui estoit avuec lui U desloua, et li cons d'Anjou li dist qu'il feroit ce que mes chevaliers li requeroit : son frein tourna pour nous venir aidier, et pluseur de ses sergens* ferirent des espérons. Quant li Sarrazin les virent, si nous laissierent. Devant ces sergens vint mes sires Pierres d'Auberive^; et quant il vit que li Sarrazin nous eurent laissiés, il couru seur tout plein de Sarrazins qui tenoient mon seigneur Raoul de Yasnau, et le rescoui m ont blecié.

La ou j'estoie a pié, et mi chevalier aussi blecié comc il est devant dit, vint li rois a toute sa bataille, a grùiit noise et a grant bruit de trompes et de nacaires^, et s'aresta seur un chemin levé. Mais onques si bel armé ne vi ; car il paroit dessus toute sa gent dès les espaules en amont*, un heaume doré^ en son chief, une espee

secourir, mes chevaliers et moi. Un grand seigneur qui était, avec le comte d'Anjou l'en déconseilla, niais le comte lui répondit qu'il ferait ce que mon chevalier lui demandait : il tourna bride pour venir à notre aide et plusieurs de ses sergents piquèrent des éperons. Quand les Sarrasins les virent, ils nous laissèrent. En tête de ces sergents venait messire Pierre d'Auberive; quand il vit que les Sarrasins nous avaient laissés, il courut sur un groupe nomlireux (pii tenait mon seigneur Raoul de Yanault, et le délivra tout blessé.

Pendant que j'étais là à pied et que mes chevaliers élnient blessés comme il vient d'être dit, le roi vint avec sa division, à grand son de trompes et de nacaires, et s'arrêta sur une chaussée. Jamais je n'ai vu un si beau guerrier: il apparaissait de la tête entière au-dessus de tous ses hommes; il avait un heaume doré sur la tête, une épée d'Allemagne à la main.

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