LE JEU DE SAINT NICOLAS
Ce jeu, mélange d'éléments très sérieux et d'éléments comiques, a été joué à Arras au xni^ siècle, sans doute par une confrérie de Saint-Nicolas et à l'occasion de la fête du saint. C'est le plus ancien exemple que nous -ayons des pièces connues sous le nom de miracles. L'auteur, Jean Bodel, a composé d'autres ouvrages de divers genres, qui attestent un talent personnel et varié. Atteint de la lèpre, il dut aller s'enfermer dans une léproserie, et fit ses adieux à la ville d'Arras dans une pièce lyrique intitulée le Congé. — La scène que nous avons choisie nous montre les chrétiens, qui ont envahi un royaume sarrasin, prêts à livrer un combat où ils seront vaincus et presque tous tués. — L'ange qui les a encouragés reparait après la bataille et bénit les martyrs.
LI CRESniEN PAROLENT *
Sainz Sépulcres, aïe ^ ! Seignor, or del bien faire ! Sarrazin et paieii vienent por nos forfaire. Vez les armes reluire : toz li cuers m'en esclaire. Or le faisons si bien que no^ proece i paire.