VOCALISATION DE L
91. Au xii^ siècle, l devant une consonne se vocalise après a, è, ié, ô, ue^ ô, et devient u \ après i, ii^ elle tombe (fi(l)cele^ pu{l)ce). L'u provenant de / vocalisée forme avec les voyelles a, ô, d les diphtongues cm, éu^ ou, ôu {chevals > cJievaiis, ostels > oste}is^ chevels^ cheveuSj /"ô/s > /bws, môlt^ mout)^ et avec les diphtongues ne, ue les triphtongues zJw, î^eu (ciels > d'eus, linçuels > linçueus)^ qui se réduiront peu à peu, dans la prononciation : les diphtongues à Tétat de simples voyelles, les triphtongues à Tétat de diphtongues, elles-mêmes réduites plus tard à des voyelles {cieux-^ linceux). Entre è provenant de è latin entravé et u un a s'est introduit au moment de la vocalisation, et Ton a eu une triplitongue èau^ puis eâu^ réduite plus tard, dans la prononciation, à l'état de diphtongue, et enfin de voyelle simple [hels > beaus^ Guillelme > Guilleaume). f<, dont le mouillement d'ailleurs disparaissait devant une consonne, s'est vocalisée dans les mêmes conditions que l (travail -j- s > travauz, ueil + s > ueuz > ieuz^, genoil + s > genouz),
92. Ainsi s'explique la différence de finales qui existe encore dans la langue actuelle entre le singulier et le
1. Ennui (in odio) et en devant un mot commençant par une voyelle lit gardé la prononciation ancienne. De même mon, ton, son, un.