‹ Chrestomathie du moyen âgeChapitre 25 sur 245 · Dans avuec, ituec, Vu est tombé · texte numérisé non relu

Dans avuec, ituec, Vu est tombé

3. Ainsi la voyelle eu représente depuis le xiv* siècle les sons primitifs èw, ô, ôu, ou, ue, la fusion de e-u dans eiir, et, comme on le verra plus loin (§ 91), éi devant une consonne.

INTRODUCTION

NASALISATION *

89. A, E devant m ou n suivies d'une consonne sont nasalisés déjà au xi^ siècle; dans les mêmes conditions s'est nasalisé un peu plus tard, à la fin du xr et au commencement du xir siècle; e, qui avait d'abord la prononciation qa-e nous donnons aujourd'hui à m dans fin, s'est confondu avec a à la fin du xi*' siècle; a, o devant m ou n suivies d'une voyelle semblent ne s'être nasalisés qu'un peu plus tard. Les diphtongues ai, ei, oi se sont nasalisées à peu près en même temps que a, e, o; la nasalisation n'affecta d'abord que la première voyelle de la diphtongue, et l'on eut une diphtongue nasale ai, ëi, ôi assonant avec à^è, ô\ plus tard ai, ëi ont été réduits k ê et ôi à wë. La diphtongue iê s'est nasalisée en iê, seulement au xir ou au xiir siècle -, i et u n'ont été nasalisés qu'après le moyen âge.

90. La nasalisation de la voyelle n'empêchait pas m et n de garder leur valeur entière de consonne : on prononçait enfant, hône. Plus tard m et n devant une consonne cessèrent de se prononcer, la voyelle précédente resta nasale et l'est encore aujourd'hui {ëfàt, bô cheval); lorsqu'au contraire 7n ou ?^ étaient suivies d'une voyelle, elles persistèrent, mais la voyelle précédente fut dénasa-

1. Nous employons dans les deux paragraphes suivants le ^ pour indiquer le inouillement de n et l (n, l), et la nasalisation des voyelles (à,

ô, etc.).

Page 1