M, N. — Cf
98. N mouillée est notée par igri devant une voyelle, par ing à la fin des mots. Devant une consonne le mouillemeait disparaissait. Elle n'existait qu'après une voyelle. A la fin du moyen âge n mouillée finale est devenue n simple {loiag > loin) (cf. §§ 89, 90).
99. RR. — Les deux r de ce groupe se sont prononcées distinctement jusqu'au xvir siècle.
100. S. — - De bonne heure, probablement dès le XI" siècle devant l^ m, n, 6, d, pendant le xn'' et le xiii* siècle devant les autres consonnes, s a disparu de la prononciation, bien qu'elle ait été maintenue très longtemps encore dans la graphie.
101. P, T. — Le t et le (i, dans les cas où nous les avons écrits /, d, se prononçaient probablement le premier comme le th dur, le second comme le th doux anglais. Ils sont tombés vers la fin du xr siècle.
102. H. — Lit avait complètement disparu dans les mots d'origine latine; de bonne heure les scribes qui connaissaient le latin la rétablirent dans la graphie, un peu à tort et à travers, suivant leurs connaissance^ étymologiques. Cette restitution, très fréquente déjà
XXXVI INTRODUCTION
au xiii^ siècle, est à peu près générale au xiv'. Naturellement cette h ne se prononce pas. Vh conservée dans les mots d'origine germanique a peu à peu affaibli son aspiration.
103. X était au moyen âge un signe graphique représentant le groupe us à la fin des mots {diex^ chevax = dieus^ chevaus). A la fin du moyen âge, et déjà au xiv° siècle, il a été considéré comme un équivalent de s finale, on a rétabli Vu, et Ton a éci it dieux, chevaux.
104. Les consonnes finales avaient, sauf exception, une prononciation forte au commencement du moyen âge (cf. § 72). Souvent ces consonnes ont disparu devant l'adjonction d'une s (§ 112), ou bien, depuis le moyen âge, elles ont été ramenées dans la graphie, surtout c et à la douce correspondante, sous l'influence, soit des mots de la même famille ayant cette consonne douce, soit simplement de Tétymologie.