‹ Chrestomathie du moyen âgeChapitre 63 sur 245 · LX7I · texte numérisé non relu

LX7I

liWTRODUCTïON

Mais la dame tote mut ot

A li meesmes grant tençon {Ivain 329-330).

Ensi par li meesmes prueve [Ivain 368).

Et par li meesmes s'alume {Ivain 372).

11 n'ot pas loisir de luy reprendre {Frcds. 245).

191. Devant le pronom personnel de la 3*^ personne au datif, le pronom de la même personne à l'accusatif n'est ordinairement pas exprimé :

Li rois ses pere (la) li vout lejor doner {Cour. 48). Dessoz la bocle (le) li fist fraindre et percier {Raoul 134). Quant je (les) li voi rompre {Ivain 60).

Gonf. Cour. 113, 132, 155; Ivain 255, 256; Greh. 62, etc.

192. — Quand plusieurs verbes ont un régime commun, occupant la place qu'il aurait s'il n'était régi que par le premier verbe, il n'est pas, comme dans la langue actuelle, rappelé par un pronom servant de régime aux autres verbes :

Et fiert son piz et esgratine {Ivain 82).

Ele la mania tant et porsacha {Auc. xii, 151).

\\ saisissent vint et cinc des tors et garnissent de lor geat

{Villeh. 199).

Je n'aim pas ome ne ne pris {Rose i, 59), Le remparerent et fortifièrent {Frois. 250). Je n'ay plus de quoy les cultiver et fournir {A. Chart. 253).

Clonf. Ivain 149, 190-191, Rose\,k\, Pat. 235-237, etc.

11 en est de même quand les différents verbes ne gouvernent pas le même cas :

Qui li vueut compaignie faire

Et solacier et déporter

Et porchacier et aporter

Quant qu'il voudra {Ivain 137-140).

Tantes fois nos avez folees,

Et chaciees et tribolees,

Et deschiriees noz pelices,

Et erabatues dusqu'as lices {Ren. 59-62).

sy>;taxe

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193. Bien plus souvent que dans la langue actuelle les pronoms au régime sont employés :

1° Soit avant le verbe, pour annoncer un régime ou une proposition dont le verbe sera suivi :

il nel pooient croire que ce soit voir [Villeh. 200).

Je le di endroit moi Que je voudroie eslre {Aini. 103-104).

Vos l'emportastes par barat, Mon drap {Pat. 209-210).

2" Soit après le verbe, pour rappeler un régime précédemment exprimé :

Geste corone de Jesu la te vié {Cour. 92).

I9k. Les pronoms ou adverbes en, i, la sont fréquemment employés dans les mêmes conditions, pour annoncer ou rappeler des propositions ou des régimes :

En ai odit parler... qued {Pel. 13-14).

Que Dieus en fust aourés de tout ce que {Joinv. 232).

11 en a faict ung tel déluge

De brebis et de mes moutons {Pnt. 33-34).

Or je m'en fais fort qu'il retient {Pat. 139).

De la parole se ne vos en desdis {Raoul 27).

De ce que j'en ai fait je m'en repens (Froifi. 248).

Sour l'erbe vert la est chedeiz envers {Pol. 56).

Dessoz un pin i est alez {Roi. 149).

N'i porroit, ce cuit, assener

Que ja mais une tel feïst {Ivaiii 99-100).

195. Dans une comparaison dont le second membre est une proposition subordonnée, l'objet que l'on compare et qui est mentionné dans la proposition principale peut n'être ni répété, ni rappelé par aucun pronom, dans la proposition subordonnée :

De tel corone come avez (S. Nie. 56).

A tant de gent come il pot ramener (Aiia. 28),

INTRODUCTION

196. Le pronom personnel avec de est quelquefois employé pour le possessif :

Guans de mei l'aneme (Roi. 180).

S'a ces'e espee n'est de toi h cliiés pris {Raoul 24).

Por la douçor de li et por s'amor {Auc. x, 149).

Sour le cors de moi {Auc. x, 147).

L'ame d'eus va en meilleur cors {Joinv. 235).

Le nombre d'eus ne savroit nus {Joinv. 236).

197. Par contre le possessif peut être employé à la place du pronom personnel, régime de possession :

Paradis sera nostre (S. Nie. 11).

Tout estoit nostre {Frois. 248).

198. En parlant à une personne que l'on peut tutoyer, on passe sans difficulté du tu au vous et réciproquement :

Pren la corone, si seras coronez;

0 se ce non, fiz, laissiez la ester {Cour. 71-72).

Conf. Cour. 66-70, Le Coq et la Pierre 9-16, etc.

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