MODES
21 4 < Impératif. — La 2' personne du singulier de
SYNTAXE Lxxiii
rimpératif, accompagnée cFune négation, peut se rendre par l'infinitif. Elle se rend aussi quelquefois par le subjonctif :
Ne la baillier tu onques {Cour. 84).
Ne dire ja mais tel oisose,
Ne ja mais devant moi ne vieignes {Ivain 309-310).
215. Une forme spéciale de Timpératif sans négation est composée de Fadverbe or, de la préposition de et de rinfinitif pris substantivement et accompagné de l'article ; elle a le sens de l'exhortation :
Or del mangier {Reyi. 286).
Or del bien faire (S. Nie. 1).
216. Subjonctif. — Pour peu qu'il y ait incertitude dans la pensée, le verbe d'une proposition subordonnée se met au subjonctif :
Bien at set aaz e mielz Qu'en ai odit parler estranges soldeiers
Qued issi grant barnage nen ait nuls reis soz ciel {Pèl. i"2-l4 . Çost avis qui l'escoltet qu'il seit en paredis (Pèl. 78).
217. Le subjonctif avait souvent la valeur d'un optatif; il était alors rarement précédé de la conjonction que :
Sire, Dieus vos guarisset (Pel. 7) !
Car la tenisse en France, e Bertrams si i fusset (Pèl. 29)!
Dieus li otreit sainte benediçon {Roi. 32) 1
Ne vos ait om {Roi. 99) !
Ja mais ne voie {Raoul 28) !
Diables m'en porte {Feuil. 193)!
Vous en aiés bon reconfort {Joinv. 232)!
Vous soiez le bien venu {Pat. 3) !
218. L'imparfait et le plus-que-parfait du subjonctif, outre leur sens propre, ont aussi très souvent celui du conditionnel présent ou antérieur que nous rendons
INTRODUCTION
encore aujourd'hui par ces deux derniers temps, et après si par l'imparfait ou le plus-que-parfait de l'indicatif :
Ço vos fust viaire qued il fussent tuit vif {Pèl. 76).
Dont ne fust ce merveille fine
A esgarder s'ele fust liée {Ivain 83-84) ?
Sachiés que s'il se fussent pris garde de nous il nous eussent
tous mors (Joinv. 226).
Hz me dévissent garder (.4. C/iarf. 253).
Conf. Raoul 44-45, 63-64, Ivain 91-92, 115-125; Feuil. 102, Rose i, 9-11, 21, etc.
219o Infinitif. — L'infmitif s'emploie facilement comme substantif, et même alors il peut avoir un régime :
En cel tirer {Roi. 71).
Qui bien peiist sofrir le guerroier (Aim. 307).
Firent semblant del retenir (Villeh. 188).
Et se ele fu en peine de l'entrer, encor fu ele en forçor de l'oissir
{AuG. II, 133).
Al mien cuidier (Rose i, 51).
Gardez a l'assembler [S. Nie. 12).
Ce qui avint a son morir {Mar. 42).
Au passer que je fis (Joinv. 218).
A l'esmovoir l'ost le roi (Joinv. 224). Et vous deffens le procéder (Pat. 258).
220. Gérondif. — Le gérondif est le plus souvent employé sans préposition.
Il peut être précédé d'autres prépositions que en :
Parmy estant sa chevance (Frois. 240).
221. Il peut être pris substantivement et être précédé d'un déterminatif :
Ad espandant (PH. 110).
A mon vivant (Roi. 98).
222. Participe passé. — Le participe passé conjugué avec l'auxiliaire estre s'accorde toujours avec le sujet.
bYNTAXE
223. Le participe passé conjugué avec l'auxiliaire avoir peut indifféremment rester invariable ou s'accorder avec le régime, quelle que soit la place de celui-ci :
De sa moillier li membre que manaciede ont tant {Pèl. 66). Croisiedes at ses blanches mains {Roi. 37). Nicolete ot faite la loge {Auc. vi, 138). . Luy as ravye son espeuze {Greb. 21).