VOYELLES ATONES
19. En parlant on appuyait sur les voyelles accentuées et on glissait rapidement sur les autres, si bien qu'avec le temps la plupart de celles-ci cessèrent d'être entendues, puis d'être prononcées. Toutes les voyelles atones (c'est-à-dire ni toniques ni prototoniques) disparurent ainsi, sauf a qui devint e féminin {florem : ftoi\ flores : fiors^ portus : porz, porto : port^ porta : porte^ Simorem : amor^ bonitsitem : hontét^ compiitdire : comter^ collocat : colchet^ cddamolliim : chalemel). A même disparut lorsqu'il était la première de deux atones {cddamiim : chalme^ colapum : colp)^.
20. Lorsque la disparition des voyelles atones aurait rendu trop difficile la prononciation d'un groupe de consonnes, un e féminin s'est introduit comme voyelle d'appui {nnmerum : nombre^ pditrem : pedre)^.
1. Quand la posttonique suit immédiatement la tonique (deum, canl3i{v)i), au lieu de tomber, elle forme diphtongue avec celle-ci {dieu, chantai). Il en est de même dans les paroxytons de la posttonique u, lorsqu'elle n'est séparée de la tonique que par une palatale (c, g), qui tombe devant u {pau{c)um : pauu ^ pou), ou par une labiale {p, b, v), qui s'assimile à u [cldivum: clauu > clou).
2. Dans la langue actuelle, tout <? féminin provient d'un a atone (c/iose, ornement), ou est une a voyelle d'appui » (temple), ou estcc analogique », c'est-à-dire introduit, dans un mot qui phonétiquement n'y avait pas droit, par analogie avec d'autres mots (grsLJidem : grant, puis plus tard grande au féminin, par analogie avec les adjectifs qui avaient le féminin en e, comme bone; porto, portem : port, puis plus tard porte, par analogie avec portes, porte de portas, portât; fortimente : fortment, 3Liis fortement, par analogie avec bonemeni). A ces cas il faut ajouter l'e féminin qui se trouve dans de nombreux mots savants {règne, style sincère, etc.).
PIIU.NETIUIE