‹ Chrestomathie du moyen âgeChapitre 8 sur 245 · VOYELLES ATONES · texte numérisé non relu

VOYELLES ATONES

19. En parlant on appuyait sur les voyelles accentuées et on glissait rapidement sur les autres, si bien qu'avec le temps la plupart de celles-ci cessèrent d'être entendues, puis d'être prononcées. Toutes les voyelles atones (c'est-à-dire ni toniques ni prototoniques) disparurent ainsi, sauf a qui devint e féminin {florem : ftoi\ flores : fiors^ portus : porz, porto : port^ porta : porte^ Simorem : amor^ bonitsitem : hontét^ compiitdire : comter^ collocat : colchet^ cddamolliim : chalemel). A même disparut lorsqu'il était la première de deux atones {cddamiim : chalme^ colapum : colp)^.

20. Lorsque la disparition des voyelles atones aurait rendu trop difficile la prononciation d'un groupe de consonnes, un e féminin s'est introduit comme voyelle d'appui {nnmerum : nombre^ pditrem : pedre)^.

1. Quand la posttonique suit immédiatement la tonique (deum, canl3i{v)i), au lieu de tomber, elle forme diphtongue avec celle-ci {dieu, chantai). Il en est de même dans les paroxytons de la posttonique u, lorsqu'elle n'est séparée de la tonique que par une palatale (c, g), qui tombe devant u {pau{c)um : pauu ^ pou), ou par une labiale {p, b, v), qui s'assimile à u [cldivum: clauu > clou).

2. Dans la langue actuelle, tout <? féminin provient d'un a atone (c/iose, ornement), ou est une a voyelle d'appui » (temple), ou estcc analogique », c'est-à-dire introduit, dans un mot qui phonétiquement n'y avait pas droit, par analogie avec d'autres mots (grsLJidem : grant, puis plus tard grande au féminin, par analogie avec les adjectifs qui avaient le féminin en e, comme bone; porto, portem : port, puis plus tard porte, par analogie avec portes, porte de portas, portât; fortimente : fortment, 3Liis fortement, par analogie avec bonemeni). A ces cas il faut ajouter l'e féminin qui se trouve dans de nombreux mots savants {règne, style sincère, etc.).

PIIU.NETIUIE

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