‹ Chrestomathie du Moyen AgeChapitre 108 sur 112 · Endroit est préposition, pour quant à · texte numérisé non relu

Endroit est préposition, pour quant à

S'assemblèrent quant seul le virent,

Et par maintes fois le bâtirent

Quant les biens venoient embler. 55

Lors restut ' le pueple assembler,

Et chascun endroit soi taillier

Pour sergens au prince baillier.

Communaument lors se taillierent,

Et tuit et toutes li baillierent, 00

Et donerent grans tenemens.

De la vint li commencemens

Aus rois, aus princes terriens,

Selonc l'escrit aus anciens.

s'assemblèrent quand ils le virent seul,

et mainte fois le battirent

quand ils venaient dérober les biens. 55

Alors il fallut de nouveau assembler le peuple

et chacun dut pour sa part s'imposer

afin de donner des sergents au prince.

En commun donc alors ils s'imposèrent,

et tous et toutes lui donnèrent, GO

et offrirent grandes possessions.

De là vint le commencement

des rois, des princes de la terre,

selon les écrits des anciens.

De la vraie noblesse.

Et se nus contredire m'ose Qui de gentillece s'alose, Et die que li gentil orne, Si com li pueples les renome,

Et si nul ose me contredire

qui se targue de noblesse

et qu'il dise que les gentilbommes,

ainsi que le peuple les nomme,

1. Verbe impersonnel composé du préfixe rc et de l'impersonnel au parfait estovoir, falloir.

Sont de meilleur condicion, 5

Par noblece de nacion,

Que cil qui les terres cultivent

Ou qui de leur labeur se vivent,

Je respon que nus n'est gentis

S'il n'est aus vertus ententis, 10

Ne n'est vilains fors par ses vices

Dont il pert outrageus et nices.

Noblece vient de bon courage ;

Car gentillece de lignage

N'est pas gentillece qui vaille 15

Pour quoi ' bonté de cuer i faille :

Pour quoi doit estre en li parans

La prouece de ses parens

Qui la gentillece conquistrent

Par les travaus que grans i mistrent. 20

Et quant deu siècle trespasserent,

Toutes leur vertus emportèrent,

sont de condition meilleure 5

pour noblesse de naissance,

que ceux qui cultivent les terres

ou qui vivent de leur labeur,

je leur réponds que nul n'est noble

s'il n'est appliqué aux vertus, 10

et que nul n'est vilain, fors par ses vices

par lesquels il parait insolent et niais.

Noblesse vient de bon cœur;

car noblesse de lignage

n'est pas noblesse qui vaille 15

quand il y manque bonté de cœur ;

aussi doit être en lui visible

la prouesse de ses parents

qui conquirent la noblesse

par les grands travaux qu'ils firent ,

et quand ils quittèrent ce monde,

ils emportèrent toutes leurs vertus

1. Quoi, neutre qui a pour antécédent la noblesse, c'est-à-dire chose pour quoi.

Et laissierent aus oirs l'avoir;

Que plus ne peurent d'eus avoir :

L'avoir ont, plus riens n'i a leur ', 25

Ne gentillece ne valeur,

Se tant ne font que gentil soient

Par sens ou par vertu qu'il aient.

et laissèrent à leurs héritiers leurs biens;

car ceux-ci ne purent avoir d'eux davantage.

Ils ont le bien, mais ils n'ont pas autre chose, 2,j

ni noblesse, ni valeur,

à moins de faire tant qu'ils soient nobles

par intelligence ou par vertu qu'ils peuvent avoir.

1. Mot à mot : il n'y a rien plus il*cux, c'est-à-dire à eux; leur a ici lu sens plein de illorum.

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