VILLON
(XVe SIÈCL i: I
Regrets sur sa folle jeunesse l.
Je plaings le temps de ma jeunesse
Ouquel 'j'ay plus qu'autre galle 3
Jusques a l'entrée de vieillesse,
Qui * son partement m'a celé.
Il ne s'en est a pie allé, 5
N'a cheval; helas ! comment don?
Soudainement s'en est voilé,
Et ne m'a laissé quelque don.
Allé s'en est et je demeure,
Povre de sens et de savoir, LO
Triste, failly5, plus noir que meure6,
Qui n'ay escus, rente, n'avoir;
Des miens le mendre 7, je dis voir8,
De me desavouer s'avance,
Oubliant naturel devoir, L,">
Par faulte d'ung peu de chevance 9.
Hé Dieu! se j'eusse estudié
Ou l0 temps de ma jeunesse folle,
Et a bonnes meurs dédié ",
J'eusse 12 maison et couche molle! 20
Mais quoy.'je fuyoie l'escolle.
Comme fait le mauvais enfant.
1. Ce morceau et Je suivant sont 7. Le moindre des miens, c.-à-d. de tirée ilu Grand Testament. mes anciens amis.