PRONOMS PERSONNELS
169. La détermination des trois personnes que distingue la grammaire réside, en égyptien comme en copte, dans un système d'affixes tout à fait conformes, pris en bloc, à ceux du cycle sémitique, quoique l'emploi en soit réglé un peu différemment. On doit remarquer que, dans l'égyptien, ces marques personnelles étaient essentiellement postfixes. En copte , elles sont au contraire souvent devenues préfixes pour la conjugaison ; nous chercherons à reconnaître les causes de ce changement et à en suivre les traces.
Les marques personnelles varient au singulier avec le genre pour la a*' et la 3^ personne; le pluriel est commun. Sauf un trèspetit nombre d'exceptions, leurs formes restent les mêmes pour la signification possessive, pour la conjugaison des verbes et pour leur emploi comme complément direct. Ces règles constituent la physionomie particulière de la langue égyptienne par rapport aux afiixes pronominaux.
170. La i"* personne offre deux types; l'expression ordinaire est une des voyelles vagues. % u, I à; trè&-souvent elle est rendue idéographiquement par l'image de la personne qui parle : Sgi
* Histoire des deux frères, p. i5, 1. 6.
ff homme, 7) J «femme, ^ j erdieu,)» etc. quelquefois l'image est remplacée par un simple trait I ou par le groupe 1 1 ; ces voyelles répondent aux affixes coptes 1,5-, de même valeur ^
Le second type est la lettre ^^mn k, vocalisée kà, fcw, kuà. On trouve les groupes ç S^, ^ ^^, Ç ^' Ç ' \ ' ^^"^"^ et même '^■n seul, malgré la confusion qui peut en résulter avec la 2® personne.
Remarque. — La forme kuy hua semble emphatique; nous Tavions d'abord considérée comme résultant de l'addition d'une particule '^m^ avant l'affixe; mais il paraît préférable de reconnaître ici à h une valeur personnelle. Elle se retrouve dans l'éthiopien et elle apparaît également dans la fmale du pronom absolu ànuk comp»*é aux autres pronoms personnels *.
171. La 2' personne est caractérisée par ^^aPT» &, en copte K, au masculin. Le féminin est &=» ou m t; celui-ci ne subsiste en copte que dans le préfixe du présent, te; ailleurs, ce n'est plus qu'une simple voyelle : sahidique E , memphitique i , E. Peut-être cette forme, où la finale t s'est oblitérée, appartenait-elle déjà à la langue parlée du temps de la XIX* dynastie, car, dans les papyrus, la 2* personne du féminin est souvent écrite J comme la i", ce qui indiquerait une simple voyelle *.
172. La 3*^ personne est, pour le masculin ^^-^/z l/ apparaît dès la XX* dynastie; la figure ^/est de basse époque. Le copte q est identique avec cet aifixe.
' La langue berbère, qui présente des notre ^vn, et réduit comme lui à un seul
analogies grammaticales très - intëres - emploi , à savoir la i " personne des verbes, santés avec Tëgyptien , se sert ici des af- ^ Il faut cependant observer que le sigle
fixes i, u, tu, dëmotique correspondant semble provenir
* Le berbère possède paiement pour du U Voyez Brugscb , Grammaire démola 1** personne Taffixe ^, très-voisin de tifue, n* i58.
DES PRQNOMS. 4t
Une seconde forme, d'un usage restreint comme afiîxe, est le pronom 1 % sw, sur lequel nous reviendrons plus loin et pour lequel le vague des voyelles amène les variantes ^( si et I «*.
Le féminin est représenté par «, en copte C. Souvent on lit les groupes , "^ augmentés de la marque du féminin; quelquefois même on écrivait I , avec les deux formes de Y s réunies; nous transcrivons sft) parce que nous doutons beaucoup que cet m. final ait été réellement prononcé; il est certain que les formes P ou —H— et n , , n s'échangent sans difficulté.
173. Le pluriel est commun aux deux genres : • i" personne pf^ na, très-rarement /^^^^ seul aux temps pharaoniques; il répond au copte Ett, h, ««^.
Lji 2*^ personne est ten écrit /•««-*^ ou a*'^'^, ^^^ >J!U^' ^^ copte
La 3® personne possède deux types, au pluriel comme au singulier; le premier (correspondant à "^^^ estu, écrit %i, \, m» Ç'; c'est celui que le copte emploie dans presque tous les cas : Of, ir6, etc. Le second, sen (correspondant à 1 V> *^)» ^^t le plus usité dans l'antiquité; il s'écrit ^•**«^ ou 'J^^^ quelquefois aussi ^" m; cette dernière forme varie avec les autres. Nous la transcrivons se; nous pensons que ce n'est qu'une variante d'écriture avec ^ comme complément graphique et omission de l'w*.
On trouve très-rarement dans les papyrus une forme %
un
^ L'allixe berbère des formes is, as, s est commun aux deux genres pour la 3* personne du singulier.
' Dans cet affixe, t représente la 9* personne et n le pluriel ; Tëgyptien les réunit toujours, tandis que dans les idiomes sémitiques et dans le berbère le t passe quelquefois devant le radical.
' La forme III, sans la voyelle , que nous avons quelquefois relevée, peut être
fautive, car elle se confondrait avec la marque du pluriel.
* Voir pour l'omission de Yn le n* 44 ci-dessus, et la note. Le berbère distingue ici le genre : 3* personne, masculin, êen; féminin, sent. Celte dernière forme est remarquable comme trace de la prononciation du t final féminin , ce qui d'ailleurs s'observe dans toute la grammaire de cette langue.
42 CHRESTOMATIJIE ÉGYPTIENNE.
qui se caractérise comme- une variété de V'^» ^H® ^st surtout employée dans ie papyrus judiciaire de Turin. En revanche, la forme P «w, également rare, correspond k^^'^^*^ avec perte de la nasale; elle est reproduite exactement dans le préfixe copte CE , du présent et du futur.