‹ Chrestomathie égyptienne (volume 2)Chapitre 10 sur 98 · DES SUPERLATIFS · texte numérisé non relu

DES SUPERLATIFS

166. Le superlatif absolu se rendait par l'addition de certains qualiGcatifs pris adverbialement. Voici les formules les plus usitées :

1** L'addition de ^^^ uer cr grand, considérable*; t? exemples : -%^ âa uer cr très - grand, t) -*^ ^V^ àiu uer «r très - nombreux, t)

"^L W y^ }(u uer (f excellent, tj

2® 1^ % àker « beaucoup , ^ ou , avec le signe de la réduplication ®ou©,l ^ À® àker àker, "="1^^® ^ àker àker;

exemple : t \k 1 /^ ne/em er àker àker «r très-agréable -n

ou (T très-bon \ T)

3"* 0^ next ^ fort; n exemple : ll\ i T va^-^ àn-f hat neyi «r sa couleur est très-blanche *. ?>

' Titres d^Osiris sur la stèle de x^inme»/ au musëe du Louvre.

' EuU des deux fiires, p. 3, 1. 1 o. Cette valeur de «» gouvernant Tobjet compare se retrouve dans la locution j^ ^2, "^^ Xu er »T l'emporter sur, valoir mieux que. 9)

'^L*idée d'une quantité considérable en général est conservée dans la locution copte nO*)SKp «"quantus.?) Le décret de

Canopus traduit M tifXeàv par ^^ er àauer,

* Histoire des deux frères, p. a, 1. 7.

Cette forme de superlatif se retrouve exactement en copte , où Ton ajoute aux qualificati& les adverbes EM&^E, E^^^B-UjaT (rvalde,«etEJ*J^&'TE EJW&^TE ffvaide valde.î»

* Brugsch, Recueil, p. 87, 1. i&. Cet exemple est de basse époque.

Nota. — On trouve encore diverses locutions amenant l'idée du

superlatif; par exemple , la triplication du mot : -^m^ jtjt jt neb ne-

féru «r seigneur des grâces,?) en grec ev^ap^Wo?; cest une sorte

de pluriel d'excellence. Le titre du dieu Thoth II ôa ôa, traduit

fiéycLSKod (léyas, est encore un superlatif absolu.

167. Le superlatif relatif résulte quelquefois simplement de ce que le terme conséquent est mis au pluriel ; exemple : î | | | ^ neter-u (tle plus grand des dieux. ?) La particule dé jonction n se trouve souvent écrite avant le conséquent : Iam^^ I I | àa n ne-

ter-^ tiu aie plus grand des cinq dieux S -n tjtjt am^^ 8 I M ^\ i nefer-u en ites-u cr les meilleurs des chants, t)

Le conséquent peut quelquefois être au singulier; ainsi I ^^Él

n \ ji \^ ^?^ jP"* (0 ^^^ ^ ^^ meilleur de l'herbe, v pour «r les meilleures herbes ^. n

A la place de cette forme, on employait souvent le .comparatif ordinaire, en qualifiant le conséquent par un adjectif de totalité; exemple :

^-3(1) nefer em kàrtus{t) er se(tyhitne{t) neb(t) nti em to-ter.

Elle était belle dans sa personne pins qu'aucone femme du monde entier.

pour tria plus belle des femmes'. t

168. Nota. — L'esprit égyptien aimait l'accumulation des épithètes et des adverbes; aussi trouve-t-on quelquefois réunis tout à la fois les superlatifs relatif et absolu ; c'est ainsi qu'il est dit du frère aine de Batu que tr le roi l'iaima ^

^ Voy. Ghampollion, Gramm. p. 33o. (rherbès, car il entendait toutes leurs pa- * Histoire des deux frhres, p. i, 1. lo. rrroles.'» «rSes vaches lui disaient les meilleures ' Histoire des deuxfrhres, p. 9, 1. 8.

er àker àker er ret neh nti em jMa er-fer-f.

Beaucoup, beaucoup, plus qu'aucun homme du monde entier'.

On ne devra pas oublier dans l'analyse de certaines phrases difficiles qu'une des formes n'exclut pas la présence de l'autre.

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