‹ Chrestomathie égyptienne (volume 2)Chapitre 61 sur 98 · DES NÉGATIONS INTERROGATIVES · texte numérisé non relu

DES NÉGATIONS INTERROGATIVES

405. Les locutions de celte nature sont précieuses, soit pour l'insinuation, soit, en général, pour la vivacité qu'elles communiquent au discours. Elles sont quelquefois caractérisées [)ar des tournures qui ne laissent pas prise au doute, mais le ton de la parole est parfois nécessaire pour les distinguer de la négation véritable. La langue égyptienne avait deux modes spéciaux que nous expliquerons tout d'abord. Le premier consistait dans une double négation (nonne?) Le récit de Saneha introduit l'éloge du roi d'Egypte, où Ton rencontre cette pbrase^ :

â/i tem-f àr hur-nefer en {tea-l) wien-ii s{t) lier mu-f Ne fait-il pas du bien à la conlrëc qui est dans ses eaux !

Une pbrase du Papynis Anaslasi n** i réunit de même ^[[^ avec Ç :

' \oye'i Detikmàler, l\l, tlio, c. Corn- ^ Pnp- de Berlin, rëcit de Saneha,

parez Chabas, Pap, Abbott, p. 39; et les 1. y^J, traduit par M. Goodwin. J ^ n'est

défenses du Calendrier Sallier, par exem- pas ici une troisième négation, c'est la

pie, au i5 choiak : sau-lu er bunr em ke- particule abstraclive. Nous avons déjà ex-

rah em haru peti rrgardez-vous de sortir pliqué la locution : être dms les eaux ,

dans la nuit, ce jour-la.»' pour : suivre les ordres de quelfpi un.

tin-bu sotem-ek ran en àmen-uah-gu.

N*a9-tu pas entendu (répéter) le nom d'Amenuahsu?

â06. Le second mode consistait à accoler une exclamation à la négation, la particule I il est ordinairement choisie pour cette fonction; la voici réunie avec ?"^ dans le discours de Ramsès II à ses généraux ' :

M^ -s>— 1 1 A I I 1 1 Jr M AI « — ■ f «> A

às-ân un uâ àm-ten àu~àri-à nef sep nefer em

pt-â-to.

N'est-il donc pas un d'entre vous à qui j'ai fait du bien dans mon pays?

/i07. Le même poëme répète ce reproche dans le second discours du roi, en se servant de I M 1 Ç âs-bu ^ :

às-bu àri-à nefer en uâ dm-ten, N'ai-je donc pas farit du bien à un (seul) d'entre vous?

Le Papyrus Sallier a passé, dans le même morceau, une phrase remarquable que je me permettrai de citer comme un second exemple de às-bu ^ :

* Poëme de Pentaur, texte de Liouqsor, Le Pap. Sallier, 1,6, a , porte la variante

I. 46. Le Pap. Sallier, très-fautif ici, ^ P ^ | g P J j^ j^ ,^ ggie bu syornek

passe --^. frne t'es-tu pas rappelé ??> Je ne sais pas

' Poëme de Pentaur, Pap. Sailier, VllI , si àste est régidier ici ; le duplicata , Pap.

5 , complété par Louqsor, 1. 67. AnaslasL V, 15,7, |K>rle ^ 1 J ^ «« bu.

^ Ibid. liouqsor, I. 68; Karnak. 08.

às-bu re)^4en er-^at em àb-ten nuk pai-ten-nehti

en bortt'pe.

Ne pouviez-voits vous dire dans vos cœurs (que) j^ëtais votre muraille de fer?

â08. La combinaison I M j à9-beti est la plus usitée de toutes; elle se trouve à plusieurs reprises dans l'œuvre de Pentaur et dans les autres papyrus. La femme d'Anpu prétend avoir tenu ce discours à Bâta :

as-ben ànuk tai-k mut.

Ne suis-je donc pas (comme) ta mère?

409. Cet exemple suffit pour une locution déjà reconnue et acceptée, mais nous pourrions en désirer de nouveaux pour la liaison de ben avec la particule ® x^ (^om ou ffdonc. a M. Chabas a indiqué la phrase suivante, comme appartenant au même genre de négations. Après Ténumération des crimes d'un individu, le dénonciateur ajoute :

Xer ben-sau ta-4au't uuna.

Celle œuvre ('ipique) ne commeoce-t-eile donc à être patente?

C'est le seul exemple qui nous soit connu jusqu'ici dans le sens proposé.

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