‹ Chrestomathie égyptienne (volume 2)Chapitre 66 sur 98 · IMPRIMERIE NATIONALE · texte numérisé non relu

IMPRIMERIE NATIONALE

H DCCC LXXTI.

AVANT- PROPOS

Vers le milieu de l'année i863, mon père reçut de M. Mariette la copie dune longue inscription hiéroglyphique provenant des fouilles du Gebel Barkal; M. Mariette accompagnait cet envoi d'une lettre \ dans laquelle, après avoir esquisse les résultats historiques qu'il croyait devoir tirer à première vue de ce texte si important, il priait M. de Rougé d'en entreprendre, si cela était possible, une traduction complète. 11 faut rappeler, en effet, que ce travail était rendu très-difficile par l'état presque informe de la copie,' due à la main inexpérimentée du surveillant arabe des fouilles. Mon père se mit aussitôt à l'œuvre et fît paraître peu de temps après le résultat de son travail dans un article de la Revue archéologique'^^ intitulé : Inscription historique du roi Pianchi-Meriamoun. Lors de son séjour en Egypte, qui eut lieu la même année, il espérait bien trouver au musée de Boulaq le monument lui-même et pouvoir, après en avoir collalionné le texte, compléter sa traduction; mais des retards malencontreux, survenus dans le transport lointain et difficile des lourds blocs de granit envoyés du Gebel BarkaK ne lui permirent pas de voir la stèle de Piankhi avant son départ pour la France. Ce ne fut que longtemps après qu'il put se livrer à une étude nouvelle sur des

* Celle lettre a été publiée dans ia * Revue archéoloffique, iH6i. pari, \\,

Retme arehéohff, t863, part. I, p. Ai 3. p. 96.

Il AVANT-PROPOS.

empreintes communiquées par M. Devëria, au moment où M. Mariette publiait le texte complet des différentes stèles sorties des fouilles du Gebel Barkal. Mon père, alors en possession dun texte correct, entreprit, à son cours du Collège de France, une explication mot à mot de la stèle de Piankhi. Auditeur assidu de ces leçons précieuses, je recueillais avec soin les remarques si variées que lui suggérait la traduction successive des différents passages. C'est le fruit de ces leçons que je viens offrir aujourd'hui aux amis de la science égyptologique.

Le cours de l'année 1879 avait conduit l'explication du texte jusqu'à la ligne 97; la chaire du Collège de France ne devait plus revoir notre cher maître enlevé à l'affection de tous vers la fin de la même année. C'est, en grande partie, à l'aide des notes préparées par lui-même que j'ai pu achever la traduction de cette inscription , qui a jeté un jour tout nouveau sur une période encore bien obscure de l'histoire d'Egypte.

M. Lauth a fait paraître, dans le cours de l'année 1869, une courte étude sur le texte de Piankhi, et, l'année suivante, il entreprit une traduction suivie, publiée dans les Mémoires de ï Académie de Bavière. J'aurai soin de signaler les points les plus importants sur lesquels M. Lauth se trouve en désaccord avec la traduction que je publie aujourd'hui. J'ai tenu, dans la traduction interlinéaire, à suivre autant que possible le mot à mot : aussi ai-je ajouté une traduction courante qui permît de mieux suivre la suite du récit. Ce travail manquera de la dernière révision, qu'y eût apportée sans aucun doute celui à qui en revient tout l'honneur, mais j'espère que, tel qu'il est, il pourra encore rendre quelque service à la science.

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