‹ Chrestomathie égyptienne (volume 3)Chapitre 2 sur 84 · DES NOMS DE NOMBRE ET DES ADJECTIFS NUMÉRIQUES · texte numérisé non relu

DES NOMS DE NOMBRE ET DES ADJECTIFS NUMÉRIQUES

La partie de cette étude que nous consacrons à la grammaire de la langue égyptienne sera nécessairement incomplète. L'état actuel de la science nous obligera sans doute d'y laisser beaucoup de lacunes; mais on peut espérer que les discussions insérées successivement dans la Chrestomathie en diminueront l'étendue. Malheureusement il est un autre obstacle, d’une nature permanente, au perfectionnement de nos connaissances sur ce point : le système imparfait de la notation graphique pour le son des voyelles! nous dérobe la connaissance d’une foule de nuances grammaticales. Nous sommes dans la position d'une personne qui étudierait des textes hébreux, rendus tout à coup à la lumière, sans le secours d’aucune {radition analogue à la Massore. Il résulte de cette fâcheuse condition que des différences très-réelles entre diverses formes d’un même radical n apparaissent pas dans l'écriture, et qu'il nous sera

souvent impossible de tracer leurs règles. Dans les textes d'une ré-

® Voyez ci-dessus, n° 25, pour le maires hébraïques et araméennes bien vague des voyelles. Les textes phéniciens connues leur prêtent un secours qui nous

sont dans le même cas; mais les gram- manque pour l'évyptien.

daction simple, la marche de la phrase égyptienne est ordinairement assez claire pour prévenir les contre-sens, résultat presque forcé de la confusion des formes; mais il en est tout autrement dans les morceaux dan style plus relevé : les ellipses et les inversions s'y multiplient, et l'on a souvent l'occasion de regretter une détermination plus précise de la prononciation, qui pourrait lever toute équivoque. Le copte est d'ailleurs placé à un degré un peu éloigné, dans les évolutions de la langue, pour que les voyelles de ses divers dialectes puissent êlre restiluées par nous avec confiance dans

l'orthographe des mots antiques.

115. Le substantif ne se distingue pas ordinairement du radical pur par une forme particulière qui apparaisse toujours dans l'écriture. Le radical lui-même subit un certain nombre de modifications que nous étudierons avec soin à la section des verbes !. Les substantfs reproduisent parfois ces formes secondaires; mais comme elles dérivent des formes verbales et n’ont rien de spécial à la qualité de substantif, nous n'en parlerons en ce moment que pour mÉronnEe Ce sont des substantifs analogues aux formes se-

june pe kenen « valeur,» 4° 4° * kenken «combat,» du

type gi pote Set [Lan mA selet « parole , » ‘du type Fo) el.

116. Le principe de la formation des substantifs qui se présentent dans l'écriture, sans addition apparente au radical, peut être apprécié approximativement à l'aide des nombreux changements de voyelles que cette même formation amène encore dans le copte?. On peut, malgré leur variété, les réduire à un petit nombre de classes

© Voy. Brugsch, Dictionnaire cpyp- * Comp. la Gramm. cople de Schwartze , lien, ete, Einleitung, p. vu. au chapitre des noms, et surtout une

1° Des substantifs assez nombreux conservent la même forme que le type verbal; exemple : Kt22 « mouvement, » comparé à Kies « INOUVOIr. »

2° D'autres substantifs subissent un changement vocal intérieur, comme SBOC «vêtement, » comparé à suc «couvrir.» Les cas sont très-variés et pourraient difficilement être réduits en règles; on peut cependant remarquer, d’une manière générale, que la tonique a dû se déplacer. Ges deux classes devaient exister dans la langue antique; mais ce que nous avons expliqué des imperfections du système graphique pour les sons-voyelles nous empêche d’en définir les traces.

117. Les substantifs coptes sont aussi formés par des additions au radical, sous forme de préfixes ou de suflixes.

L'addition la plus simple est celle d’une voyelle finale, ordinairement 1 ou &; exemple : M-pz81 «le laveur,» pub «laver.» Cette formation se retrouve fréquemment dans l’égyptien; elle est

caractérisée par les finales | à, | i, qui varient entre elles dans

le même mot; exemples : ALLER DS hesi « chanteur, » A!

147 | feri « malfaiteur.» Ainsi employée, la finale à caractérise les adjecuifs verbaux intimement liés à cette sorte de substantifs; mais la faculté d’omettre dans l'écriture les voyelles, même finales,

voile souvent l'existence réelle de la terminaison.

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