‹ Chrestomathie égyptienneChapitre 10 sur 28 · PLURIEL · texte numérisé non relu

PLURIEL

1 '• personne.

1 \ 1 1 Ç ^^^ I ^TiS àu-nà-merà.

EH^EpE'. . . 1^1 I I.— ,.^2^

TEnJutEpE. . . ) ^''*'^*<c:l-^

tu-nà-merà.

9* personne.

) namatis'). •••=<. ^ . . ^ ^.^

ETETM^^EpE . ) ! ^ Ç rri ! Ml ""''"

tu-ten-merà,

(en-merà.

E'îTW-EpE . . . . )

/ tramant».

CEJULEpE . . . . )

3* personne.

300. D'autres formes compliquées par une particule se tirent encore de ces trois premiers auxiliaires, tout en conservant d'une manière remarquable Tindétermination du temps. L'auxiliaire se joint alors au verbe principal par les particules ▼ her \l m ou A*%*^ n, mais la préposition ▼ , ▼ her^ ha^ littéralement «rsur^^ eu copte ^ï, est, de beaucoup, la plus usitée; combinée avec les auxiliaires au, tu, un, elle fournit le temps ordinaire du récit, le passé défini, mais sans exclure ni le présent, ni même le futur, comme on le verra par les exemples suivants.

Les trois paradigmes :

I ^ T "^^ ^^ àU'fha (ou her) semi.

* L^ formes n, Tît, nTEnSt, après Vn du pluriel JTî, n'avait proba- ETETÎt sont des oblildralions évidentes blement que la valeur d'un seheva ou e de celle-ci. L'a vague que nous écrivons, muet.

àà CHRESTOMATHIE ÉGYPTIENNE.

OU

signifient également : ail est sur lacté de marcher; t) le verbe, dans ces formes, devient, par l'action de la particule, un vrai gérondif : ffest, fuit, erit in ambulando.*»

Le présent est le sens nécessaire du passage suivant du Récit des deux frères^. Quand Bâta, changé en taureau, eut trouvé sa femme, il lui dit : rtTu sais que tu as fait couper le cèdre où résidait mon cœur. 7)

Jt::x^\'

tu-t her âmamu.

Tu sais.

Quant au prétérit, les exemples abondent :

un àn-tu her yerau.

On fut à combattre (oo combattit).

Telle est la fonnule la plus simple des récils.

L'exemple suivant, tiré H^X Histoire des deux fr ères , renferme deux nuances bien distinctes du passé ^ (prétérit défini et prétérit antérieur) :

* jéL yn se joint aussi directement au * Pop. d'Orbiney, XV, 7. On trouve

verbe principal pour former !e premier indifféremment employées dans ce temps

aoriste , sans ^ 1 : mais les formes un-à les formes ha ou her pour la particule. semi, un iem-d sont beaucoup plus rares ' Pap. d'Orbiney, XVIII , 5. Remarquez

que les composés des verbes au et tu, après la femme agenouillée le signe yf^

(Voyez les n" 396 et 297, ci-dessus.) pour les choses funestes ou douloureuses.

Googl/

•Ji5

éJLP.T:5:ikikH^P.L'2ffiw

tm-àn^t) ' her

amam

àii-s{t) her sep

imr-tt.

Elle comprit (qu')elle avait reçu un germe (de grossesse).

Voici le futur non moins clairement exigé par le sens : Bâta demande à son frère d'attendre le lever du soleil ^ :

un en pa-àten her uben,

(Quand) est le soleil à luire (pour : Quand le soleil luira).

L'auxiliaire x x^^ ^ ^^ssi soji rôle dans ce genre de formule; les papyrus en offrent des exemples nombreux, surtout dans les récits. Au papyrus Lee, on dit du principal accusé qu'il avait fait des figurines magiques en cire [Papyrus Lee y VI, li) :

àuf'xeper her àr rel-u en meneh.

Mot à mot : Il devint h faire des hommes de cire.

Avec la formule de l'indéfini, le papyrus. d'Orbiney m'a offert l'exemple suivant (pi. X, 1. i o) :

àu'tu her x^^ xi^au-ii ma^ssen etn men-t.

On devint à se disputer parmi eux , chaque jour ^.

* an est ici Texposant du sujet (voyez * Pop- d'Orbiney, VI, 9.

ci-dessus n' 268), très-usité avec le verbe * Remarquez le double * dans le plu-

tin. Remarquez lellipse très-ordinaire du riel-*^|', 1 ,; je ne crois pas qu'il faille

^e de relation. reconnaître là une forme spéciale, cest

46 CHHESTOMATHIE ÉGYPTIENNE.

Remarque. Il serait peut-être téméraire de poser des règles précises avant qu'une plus grande quantité de textes aient été analysés : on peut dire d'une manière générale que l'auxiliaire ç lu dans cette locution, comme dans le temps simple, se prête mieux au présent que I Ç âw et jfeL un; x x^sp^ annonce le passé plus décidément. Les mêmes formules se présentent avec l'auxiliaire JIm^^v^ mâky remplaçant les autres verbes ^

301. Nous rangeons à la suite de ces formes quelques tournures qui ne s'expliquent naturellement que par l'ellipse d'un des auxiliaires étudiés ci-dessus.

La particule ▼ ha figure dans la phrase suivante avec la double suppression de l'initiale I Ç au avant le sujet et du verbe ^^ ^t, qu'elle gouvernait. La stèle de l'an II de Ramsès II dit à son début : rrll y eut une réjouissance dans le ciel au jour de sa naissance : i)

nuter-u ha uut-na àni-f nuteri-u ha per-nef em-na

Dii in (dicendo) : genuimus eum. Dcœ : ortns est a nobis

er àri't êulemu râ Amen ha nok àri êu, ad agendum regnum solis. A mon : ego feci sum, etc.

Le dernier membre de phrase démontre la place et la valeur de l'ellipse : ▼ ne peut être lié aux verbes uut-^na elpere-nef.

Quelquefois ces ellipses se compliquent d'une inversion trèsune simple variante orthographique ana- mâk-m her fut frje dis» et màk Bâ hertut logue à rëcriture "^ |' • pour Taflixe ïé- «rie dieu Ra dit. y> mininde ia 3* personne. * Voyez Prisse, Monuments, pi. XXI,

' Voyez le n* 191 , pour les locutions traduit par M. Uirch.

DU VERBE. àl

dure ; et Ion a besoin d'une analyse minutieuse pour déterminer Tagencement de la phrase. C'est ainsi qu'on est amené à reconnaître l'ellipse d'un auxiliaire dans la phrase suivante ^ :

ha suha em nefer-u-/ en râ en dmu

tuau't, (Sont) h 8C rëcrier sur ses qualités Ra et les habitants du ciel infërienr.

La particule a*^'*^ n, jointe ici aux deux sujets indique l'ellipse de jCL un plutôt que de 1 Ç au ou de ç tu.

302. Les temps que nous allons exposer, quoique se prêtant encore au vague du temps, renferment pourtant plus habituellement l'idée du passé.

La forme la plus simple consiste dans l'addition de Vn >**^^ avant l'aflBxe-sujet. Ainsi, i J ta «r donnera fournira le paradigme : "^ft to-nà, jzd ta-nek, jzd .to-w^^ ^f^ 't^-^y jy! to-ne«,

tOr-nnUy '*'— ^ ^*''**^ ta-ntcHy '•-^a*^'*'^ ta-nseny «rjai donné, tu as donné, etc.i) Cette n, amenant Fidée du passé, se reconnaît dans diverses formes du copte : uei. • .he pour l'imparfait simple et, pour le composé, HE-cya^^, ainsi que dans le plus-que-parfait

* Voyez Mariette, Abydos : grande un jour de fêle.» M. Brugsch pose ici

inscription de Ramsès II, I. 99. G. Mas- pour règle que le sujet doit se trouver en

pero, foc. /. M. Brugsch, Gramm. hiérogl i^ie de la phrase avec Fellipse de ^ ^ au;

n' 36a, donne lexempie suivant, tiré de notre dernier exemple montre, au con-

la stèle de la princesse de Bexten, et qui traire, Tinversion; mais l'exposant dusu-

8 explique bien par Fellipse de^ J^ôu. jet t-^ n réublit, en ce cas, Tëquilibre

Buf J ^X^ ^^pe-sar en Be^ten de la phrase.

keràrrâ nefer, trie prince de Bakhtan fit

KE-«>X, etc. La particule caractéristique est passée devant le radical par une série de transformations analogues à celle que nous avons signalée pour les deux aoristes-présents, et le changement était accompli, en partie, dès l'époque démotique. Là où la langue antique disait ''[l^^^^ tor-nà ffj'ai donné, d le démotique avait ne-tchiK Le prétérit donne lieu à quelques remarques pour les aflixes : la i" personne est quelquefois écrite v nw, ou p ^^^ et v ^^^ nw-ô. Ainsi : «v^^^ v ^"^i fa-nuà^ (rjai transféré. t7 Plus souvent a****a est écrit seul , en omettant la voyelle ou le signe de

la personne; exemple : }^^'*''*^M-] fiffln X^"^*^ ff^

nuter nie ^ent àmenî^ cr j'ai bâti le temple d'(Osiris) de ÏAmenti. -n Les pronoms-régimes, directs ou indirects, se mettent après les

affixes-sujets : fed! \^^^ tortief-uà «ril m'a placé; 75 '^"'^^^ tor-nà wç/'cr j'ai donné à lui. ti Dans le démotique, la marque du prétérit étant devenue initiale, la même phrase devient ne-ta-i-iief : plus tard encore la marque personnelle t a rejoint la marque du temps: en copte, à l'imparfait, on eût dit : KE-ï-'^-u&qnE crdabam illi.T)

Nous pensons que la particule \ ou a***^, exposant du sujet, doit être distinguée de ce type, quoiqu'elle en ait probablement fourni l'origine, son emploi n'implique aucune tendance à la détermination du temps. Les légendes des images divines commencent les discours que le dieu est censé adresser à son adorateur par : Il . A J T3 J ^'^f ^^ Atnofi f^ \mon dil-n et cette initiale est naturellement au présent.

303. On ne s'attendait pas à rencontrer les aQixes de la forme ^^ , , , nà, nek^ n^ joints à des verbes gouvernés par

la particule y ha, et qui, par conséquent, paraissent à l'infinitif. Peut-être ces formes n'étaient-elles pas bien correctes : nous n'ose-

* Voyez Brugsch , Gramm, dém, iffiSh, ' Miisëe du Louvre. Statue de Pefàànet ,

" Statuette naophore du Vatican. A 80.

DU VERBE. /lO

rions cependant pas les supprimer; ainsi elles sont répétées deux fois dans l'exemple suivant' :

Ammwa a««m«ma T I Jr% J\ ^^^— w m J\^ I A*»*<*^ WÊÊ ^^ JV C3SZ3 I

un an-fhà sem-nef er ta àn-t pa-às

àu paif sen àa hà sem-nef er paifpa.

Il s en alla à la vallëe du cèdre et son frère aînë s'en alla à sa maison.

Nous avons dit que le passé n'était pas exclusivement déterminé par la présence de la lettre a***^ avant le sujet. Dans la phrase suivante, par exemple, on doit traduire par le présent (pris pour un passé très-rapproché)^ : Ramsès II, opposant les rapports précis qu'il vient de recevoir à des renseignements trompeurs que lui ont transmis ses généraux, leur reproche d'avoir cru à la retraite de l'armée ennemie ; il ajoute :

Xer ptàr àr-nà-sotem em tat unu-t.

Or voici! j'entends dans cet instant (pour : Je viens d'entendre à l'instant ).

C'est ainsi qu'il introduit la nouvelle qu'il vient d'apprendre. Dans cet exemple, l'auxiliaire àr ne modifie en rien le sens; ainsi que nous l'avons exposé pour le temps simple^ de <=> art ajouté à un radical, il ne fait que renforcer l'idée d'action. On ne trouve la forme de ce second aoriste, dans les temps composés, qu'avec

* Pop. rf'OrWwey, VIII, 5. On pourrait * Grande inscription d'Ibsamboul et

^considérer ici le verbe principal comme du Ramesséum. Lepsius, Denkmâler, III,

étant dans le mode subjonctif, influencé i5«3, à la ligne i5. par la particule ; qui le gouverne. ( Voyez ^ Voyez ci-dessus , n' 9 8/i.

ci-après, n* 3 a 6.)

un certain nombre de verbes. Les exemples que nous venons de citer se résument dans le tableau suivant :

ià-na/n il a donné. t> <=*' ^ wil àr-nef-sotem ffil entend.^

jEo^ I ▼ ^ "^ ^ «n an/ W semi-nef tr il alla, tî

l\ N. ^ '"^V ^^^"""^ âmIV. Aeriem*-n/fr(un tel) alla.^

Nous rencontrerons d'ailleurs les aflîxes augmentés de a*^'^^ dans d'autres temps composés, ofl cette addition ne paraît en aucune manière modifier la nuance qu'indiquerait l'affixe simple ; ce temps mérite donc encore clairement le nom d'aoriste.

304. Le décret de Canopus, en nous apportant la traduction très-exacte d'un long texte égyptien, peut souvent servir à vérifier des appréciations grammaticales assez délicates : au milieu d'un très-grand nombre d'exemples, nous choisissons la phrase suivante qui met parfaitement en lumière ce que nous avons expliqué sur l'indécision des nuances des temps, dans les deux aoristes. — Texte hiéroglyphique (ligne 6).

noter {x^srp-u) la en ;^as-u* na persa er rut hak-4 uta en

hon-f sper torsati nûkem-f-sè àn-nef-së au ta-mer er-tu-t-nef-sè er as-t-sen

em mâ-u men-men-sen dm yer-hâ-i.

Les images divines (que) avaient emporli^es les ennemis de Perse, hors de rÉgy]»le,

Sa Majeslë est partie, elle a atteint les pays d'Asie, elle les a sauvées (les images), çUe les a rapportées en Egypte, elle les a données h leur place dans les temples, (d'oii) elles avaient été ravies de là auparavant.

En examinant les nuances du passé qu'exige cette phrase, on remarquera que le prétérit antérieur, celui qui s'applique aux faits qui ont précédé le fait principal du récit est rendu ici, premièrement, par la forme abstraite ^j ^^y ^^ ®^j^t étant affecté de n, ce qui équivaut au second aoriste; secondement, par le premiei

aoriste ^^ ^^ —h— mminen-sen. — Le prétérit simple est rendu

indifféremment par le premier ou le second aoriste : nohem-fy àn-nef, ertont-^ief. Ces nuances résultent de l'enchaînement des faits, ainsi que le prouve le texte grec correspondante

305. Le copte possède un auxiliaire préfixe i>^ qui a son origine évidente dans le verbe h^ tresse, facere;iî joint au suffixe, il compose le paradigme d'un prétérit-aoriste (t*^ parfait de M. Peyron), quelquefois encore employé pour le présent. Cet i> se détache du radical dans le cas où le sujet est un substantif : 5^ TTETpoc !i$E ff Pierre adit; t) 5^ se O'^atçy fier Jésus a répondu^. ^ Le groupe I ^^ «> qui se place également avant le verbe, nous paraît remplir un rôle très-semblable dans la langue antique : avec un sujet substantif ou pronom absolu, il reste sans atïixe. L'exemple suivant est précieux par la répétition de la même forme' ;

ben ànuk à-fet su ben dnvk à-num

Non ego dixi hoc, non ego iteravi

* Texte grec , 1. 1 o , 1 1 . Kai rd è^evey- ' C'est le iv* temps de M. Peyron , son

X^évra èx Tfjç xj^pcts iepà àyiXfiotxoL vnd per/ectum prtmum; Schwartze le considère Tûw Uep<7ùJv, éStrlpoLTevaas à ^aaiXeùs encore , avec raison , comme un aoriste. dvéaœaev eis AiyvTsIov xal dnélcûxev els * Pap, HarrÎJt, IX, 1 1. Cf. Chabas,

Ta Iepà ÔOsv ëxaurlov ëÇ dp^rf^ è^'/P^- '• '•

su Màkui se Set à-fat su mentuf â-num

hoc. Makui filius Set dhïi hoc, iile ileravit

su, hoc.

Quand on avait besoin des affixes, tantôt on les unissait au verbe principal et tantôt à Fauxiliaire I jN lui-même : au papyrus AbbottS PsaVy chef de la ville, dit aux gens de la région des tombeaux qui étaient venus proclamer dans la ville le résultat favorable d'une enquête dirigée contre eux :

à-4r-ten nehamu àm-à em ru en taï-â

à-t t'a fl;^.

Voas faites des cris de joie sur moi, h la porte de ma maison. Oh! comment? C*e8t-a* dire : Comment venez-vous proclamer votre joie, h mes dépens, devant ma propre maison?

Ici le prétérit est moins approprié au sens que le présent. Le présent est encore applicable dans l'exemple suivant* : le scribe compare le jeune homme fait qui repousse les leçons et veut se diriger par ses propres lumières, à l'enfant qui, reposant sur le sein de sa mère, ne pensait qu'à teter :

* Pap. Abbott, VI, 1. Cf. Chabas, /. /. il n'y à que la seconde qui pourrait se

Jusqu'ici, on a explique \ J^ comme ex- prêter à celte explication, qui est exclue

primant Tidëe du relatif; mais nous ne par les autres: Tell ipse du relatif est d'ail-

pouvons adopter cette vue. Dans les séries leurs excessivement fréquente,

d'exemples que nous avons groupées ici, ' Pap, Boulaq. XXIII, 19.

H*-i.35-'^ii:rC!<t)^<^-^

X^-f hawrf ru-f à- fat àmmâ

eura! (cum) inTenit ossuuin, dicit : Da mihi

ptar Vide

nà âk-u.

panem \

306. Cette forme du prétérit-aoriste, avec & initial, s'emploie très-fréquemment dans un second membre de phrase, ou dans un sujet complexe, avec ellipse de la particule de relation, qui est^||[^ nti^ ff que : -n

au na ret'U à-sem-t er {x^^) b^ ài-t.

Mot à mot : Furent les hommes (qui) étaient partis vers les pays, à venir.

Un grand nombre de phrases sont construites sur ce modèle.

307. L'a initial, joint au verbe ^^ "^S M « dire, tî donne lieu à des locutions très-variées, quant à la pose des aflixes personnels. Le Récit des deux frères fournit à lui seul les formes suivantes :

I^JS ^^ ^î\*^-^ à''t'at-/tt(ce que) i! avait dit.'ï l^js ^^ ^jS M à't'at-8 Telle avait dit.?»

* On voit qu'il est impossible d'appliquer la théorie du sens relatif, comme véritable traduction de \ ^ à initial, à ces exemples et à bien d'autres.

' Nous reviendrons sur Tellipse de la particule de relation : mais il faut remarquer que cette tournure est loin d'être spécialement affectée au temps de la forme d-tàt : elle est très-usitée d'ailleurs. Com-

parez la phrase suivante: {Pap, Abbott,

v,A):l^H;!!^lkincTii^^

1 Ji I I I » P^^ **^ ^"^ utirtià àm-u, «rvoici les lieux (que) j'ai été en eux» (où j'ai été) , c'est le même modèle de phrase : unna n'implique pas plus le relatif que àsem; il y a ellipse dans les deux cas.

' Pap, d'Orbiney, XI, 8.

54 CIlRESTOMAtHIE ÉGYPTIENNE.

1^^ ^^ M à't'at-nes[8et) rreWe 9i\aii d'iL y*

I^JS ^^ Jll «^ ^ ^ f ^^^ à-t'at -nef paif-sen travail dit à lui son

^^ ff frère.

L'ellipse du verbe tat étant autorisée par l'usage, Taffixe personnel et mi^me la lettre a***^, marque du prétérit-aoriste, restaient accolés à l'auxiliaire \^T\ à ainsi isolé : ^|C\l I jN__P^ ^^- (i-n£s{sel), mot à mot crée elle avait (dit)7) pour : ace qu'elle avait dit. ^

L'afiixe personnel s'insérait entre l'auxiliaire à et le verbe ^^ ùit, quand le discours cité précédait : c'est un arrangement grammatical très-semblable à notre locution française tr ai-je dit, a-t-il dit. v

Dans cette tournure de phrase, tantôt on employait la forme simple du verbe et tantôt on insérait la particule t^ , y hery ha :

M ^^^^P /WMR^R^ ^^^^^ ^IMRR^R^

I ^JS I à-nef -tut-nef tr a-t-il dit à lui d pour r lui dit-il ^ »

I ^JS $ T ^1 â-fw-W-t «/-nç/* (f ai-je dit à lui ^. ?»

I^JS T ^^ J â-nç/'-Aer-tyMaa «f a-t-il dit à moi ^'ï

I ^Js T ^^ â-nea-A^r^fMj-nç/' ta-l-elle dit à lui *.iî

L'ellipse du verbe tut était également autorisée avec cette inversion; Ramsès II, parlant de son père, qui l'associait à la couronne, dit dans l'inscription d'Abydos :

àm-nuinef uret lui tcpf à-nef er-à.

Detur illi diadema in capite suo, (dixit) ille mihi.

' Pap, dVrbinetj. U, 'i. * Pap. d'Orbiney, XVI, 5.

* Jbid» V, 3. / Voyez Mariette : Grande inscr^thn

* Ibid, V, 1. d'Abydos, I. 46. Cl. Maspero, loc, L

Dans le Récit des deux frères, Balu éprouve le désir de revenir sur la terre :

à-nej em hâti-f.

A-t-il (dit) dans son cœur '.

308. L'iniliale k^T\ à se joignait aussi à l'auxiliaire Iç au, qui semble alors réduit au rôle conjonctif. Au papyrus Abbott, il est question de deux scribes auxquels on reproche d'avoir fait une dénonciation , sans y être incités par les rapports de leurs subordonnés :

àu-à'fut'U smi-u en ta àuf etn-â-res.

El ils ont dit des rapports au gouverneur, étant (lui) dans le midi.

Le tableau suivant résume les variantes observées jusqu'ici dans l'emploi du I^Js initial, marque du prétérit-aoriste.

l'^WS ^^ N. à't'utîi. fr(un tel) dit, a dit, avait dit.?» I ^J^ ^^ *v— ^ à-iui'f f il dit. ri I ^Js ^^ à-t' ut-nef tr ii a dit. n

I^JS â-ne/ffil a dit.fl

I Ç I jjN ^^ *^— ^ àU'à-i'ul'f^W avait dit.t I ^Js ^^ à-nef -l'ut tr dit- il; n

\^^\ Y ^^ à-nef'her-iul ^Axi-W,"»

• Pap. d'Orbiney, XIII, 6. — *'Pap. Abbott. VI, 3. (Cf. Ghabas, foc. /.)

I^JS â-n^* ff dit-il.^

I^JS p â-wtM (ravail-oii dit^.iî Il faut encore ajouter ici les composés avec Tauxiliaire -^^^ àrx :

I ^JS 1 1 ^^ à-àri-ncf t'ut-tief rf a A-ii dit, avait-il dit. i>

Nous ajouterons ici un exemple singulier et dans lequel, si le texte est correct, Taugment k^f\ affecte tout à la fois l'auxiliaire art et le verbe principal. Il est tiré de Y Histoire des detur frères: la reine, voulant obtenir du roi un pouvoir discrétionnaire pour détruire les arbres merveilleux qui l'inquiétaient, s'exprime ainsi : rr Jure-moi par Dieu, en disant ift

pa-nU

à'àrt

la

sepcs-t

à-tet na

àu-d-ersotemf nes{seC).

Tout ce que la princesse m'aura dit, j'y acquiescerai.

On voit que l'^s circonstances du récit exigent que notre aoriste complexe à-àret. . . â&(soit traduit par un futur antérieur.

* L'exemple suivant lire du Pap, Abbott (VI, i/i) montre une singulière inversion oii le sujet, d'abord remplacé par l'affixe "^ — y est ensuite introduit de nouveau avec la particule d'ëtat ]^^ 3l »

àr^ief-un cm pi-hà en nu-l «ra dit h eux, (à savoir) le chef de la ville."

* Pap. Atuuttasi, \,^B,], 6, Lememhre de phrase vient après la mention d'un ordre précédemment donne.

' Comparez P^rp. Anaflasi, IV, i a, 1. 8,

\ 3l «c=> I «S. î*^ » à-àrt{à) se fer ff je me couche,» où il semble que l'omission du pronom ^^ n'est pas r^ilière.

Nous retrouverons encore Finitiale k^T\ à dans piusieurs autres temps composés.

309. Les particules IH as et ^ hàn sont réellement des exclamations, mais, ainsi que leurs corrélatifs sémitiques tk, i>l et jn, ^î, elles servent, dans les discours, à noter de véritables prétérits de plusieurs nuances.

La particule II às^ se rencontre sous diverses formes : soit allongée euphoniquement en In-* àste^ I l^^ip^ àske; soit, au contraire, diminuée de 11 initiale : 11-*' 1'^=^ ^'^> ^u R'^p^ ske. ns= ste est la forme usitée dans les plus anciens textes connus de nous, comme dans l'inscription d'f/wa : avec l'aflixe de la première personne, ||s=3% ste-u (r voici moi.i^ Elle subsiste en copte sous les formes EXC, xc crecce. t^

Lorsque la particule as ou ses variantes se trouve dans une phrase où deux faits sont exposés, elle caractérise le plus ancien des deux : souvent même elle suffit à cet emploi avec ellipse du verbe frêtre. fl (rLe roi Darius m'ordonna d'aller en Egypte, dit Ufahorsun^ m

ài'à er hem às-hon-f em âramà as su em sar âaenÇxj^?) neb

hak âa en kemL

Mot à mot : (Ordonna) venir moi en Egypte : Voici, il ëtait en Elam; voici, ii était grand souverain de toute la terre, grand roi de TÉgypte.

* Voyez Champollion, Grammaire, du temps passe quelle détermine ordinai-

p. 5oo, et le Mémoire sur l'inscription rement.

d'Ahmès , p. 1 3 1 . Nous retrouverons plus » Statue naophore du Vatican, C. Cham-

loin la partiticule ^ |l et nous examine- pollion, Gramm. p. 5oi. Le subjonctif

rons son rôle dans des phrases où les résulte de la liaison des idées et n a pas de

formes verbales sont plus compliquées. flexion particulière , ainsi que nous Tex-

Nous n'en parlons ici qu'au point de vne pliquerons plus loin.

Cet état de roi, ainsi que le lieu où il se trouvait, précède dans le temps l'ordre qu'il donna au narrateur et c'est, en général, ce qu'indique la présence de la particule I M, qui remplit ainsi l'office d'une conjonction.

310. L'orthographe § a*^^^^ Aa-n, que prend quelquefois la particule Aâw, donne à penser que cette particule a son origine dans le verbe fl hà ffstare,^^ auquel s'ajoute ordinairement,

mais pas toujours, le a***^ de jonction : de là ies variantes ¥

A***^, S hân et Y A***^, avec hà séparé de n, et même ^ seul.

On peut tirer la même conjecture des formes variables ^HTITIE, ^HHTE, ^HïtstE que cette exclamation a prises dans le copte et qui se joignent ordinairement à EXC. A la différence de Im ô^, kàn détermine ordinairement le fait passé à la vérité, mais succédant toutefois, dans l'ordre des temps, à un premier fait. Ahmès^ 61s d'^ftna, après avoir parlé de son enfance, dit :

:iè'v'fr::!:i*s^!!^l

;^cr-em-;^c( kar-nà pa hân-d taH-kuâ,

Or, lorsque je fus mattre de maison , je partis , etc.

Et dans un autre endroit : «r Mon père était capitaine de vaisseau : -n

hân^à ha àr-t uâu er telhf,

(Voici que) je devins capitaine à sa place.

Dans cette inscription et dans beaucoup d'autres récits, l'énumération des faits successifs se fait sous l'influence de cette formule , où la particule hàn donne au verbe la valeur d'un prétérit indéfini , tout en reliant le nouveau fait aux faits précédents.

' Voyez Mémoire sur l'inscription d'Ahmis, p. 176. — * Voyez ihid, p. i3i.

La méthode pour appliquer ici les aflixes personnels variait beaucoup : la formule la plus brève est la suivante :

kà tut' 8 nef.

Elle dit à lui (mot à mot : Voici I elle dit à lui).

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