‹ Chrestomathie égyptienneChapitre 9 sur 28 · AORISTE PRÉSENT · texte numérisé non relu

AORISTE PRÉSENT

295. Les formes, pour la i** personne du verbe ^ rex cr connaître, savoir, i) au temps le plus simple, sont :

ou

ou @ I re^-à ttie sais.?) ou ^ m ^^^ re^u ou re/uà (t Je sais, d p ^^ ^. P i re^-ku ou re^-kuà ftie sais, fi

La notion du temps y reste presque tout à fait indéterminée*.

Ce temps simple est quelquefois renforcé par l'addition du verbe ■ % pu (T être, 7) qui se place immédiatement après. Je ne considère pas celte locution comme un temps composé ; ■ % semble rester

' Pop, d'Orbtney, XIII, 3. sonnes: il nous a paru inatile de répéter

* Voyez ci-dessus, n* a 6a, le para- le paradigme entier pour chaque nouvelle digme de """^ \\^ pour les antres per- forme.

indépendant et, sans rien changer au sens, ii apporte simplement un supplément d'affirmation à la proposition. C'est ainsi que, pour louer la valeur du roi, un papyrus de Berlin emploie cette tournure, dans plusieui^s phrases du modèle suivant :

res-f pu hat-f er (semer-u).

Il se ri^jouit lorsqu'il aUeinl les ennemis '.

296. Le premier type composé est tiré du verbe Iç au. L'affixe personnel s'y joint de diverses façons et peut même y être redoublé :

àU' reyni

àur-à-re/j-à

sigiiifient égaleraeat : tr Je sais, je connais.^

I Ç- ^^ ^ ç "Wk àU'à-rex-kuà

C'est l'idée abstraite de la connaissance jointe à la notion de l'existence, à laquelle elle s'attache comme mode.

Ce temps a persisté dans le démotique ^, où son paradigme doit être lu : àu-iy àu-ky àu-fy âM-«, àw-n, àu-teny àu-u. Le copte l'a aussi exactement conservé dans le présent de la forme ES, EK , ECiJ, etc.* En effet, le groupe Iç se compose d'une aspiration I à vague, et d'une motion Ç u dont la prononciation brève était e, et c'est avec cette valeur qu'il a passé dans la langue copte. C'est ce que constate la transcription grecque è(povixj^s pour le nom propre

* Pap. Berlin, Saneha, I. 60. moins usitée que celle du numëix) sai-

* Comparez Brugsch, Gramm. dém. vant^^^^mfti.

a83. La forme pour le pronom indëler- * Deuxième présent de M. Peyron,

miné ^ <S ^o .g âu-tu rcy ton sait'» est Gramm. copte, p. 85.

I ^ •*. ^ ^^^ àuf ànx, qui se prononçait évidemment efonkh^. Gomme en copte, cette forme servait aussi au participe présent.

Quant à la forme la plus brève du verbe copte, le i^"" présent de M. Peyron^ sauf la i"* personne en ^, qui dérive d'une autre forme antique, M. Schwartze, a bien vu qu'elle n'était qu'un affaiblissement de la forme ex , EK , Eq , etc. que nous venons de rapprocher du temps composé I ^ ^ àuf-re/^ ail sait tî ou ct sachant, fi Peyron trouvait la marche linguistique de ces deux présenta fort irrégulière : elle est, en effet, empruntée aux paradigmes d'autres temps composés pour plusieurs de ses formes : la i'® personne '^, la 2® du féminin te et EpE, et la 3^ personne EpE : c'est ce que démontrera l'étude successive des formes correspondantes. La 3® personne du pluriel CE-M-EpE est égale à M ^^ ^W\ senmer; le pronom sen avait la propriété d'être sujet absolu et pouvait se placer seul avant le verbe ; il a passé ici au rôle de simple préfixe.

AOBISTE PRESENT : â^ TYPE COMPOSE.

297. Il résulte de la substitution de l'auxiliaire •% tu au verbe Iç au; son paradigme est absolument semblable au précédent' :

tua-rex

tuàrrey^'à

I frJe sais. 7) ç tuà-rex-ku

-^^^ "^^ iuà-rex'kuà j

* La prononciation e était tellement a été enregistre comme un e : mais

attachée au groupe ^ ^, du temps des La- M. Brugsch a reconnu tout dernièrement

gides, que le sigle démotique j),J/^ qui qu'il correspondait au groupe \^àu, tant

correspond clairement à ^V^ hiératique par son origine graphique que par son

de 1 ^, a servi à transcrire Ve dans tous r6\e grammatical les noms bilingues. Aussi dans les pre- * Voyez Peyron, Gramm. p. 86.

miers travaux sur le démotique, ce sigle * La variante orthographique ) j^ est

L'aoriste lu-à-re/^, iu-à-nner, etc. explique Torigine de la i"* personne du 1^' présent copte en ^ : '^ju-E 5. rramo;?) le préGxe ^ avait, en effet, comme ^ % /w, la valeur du verbe frêtre,Tî puisqu'il s'employait même isolé pour (r je suis, t)

La 2*^ personne est :

au raasc. ^ ^^^ 1 ^^ iu-k-merà \

> ïrTu aimes, D au fera. « • J ^^^ I ^Js tu-i-merà \

en copte sah. TE-^EpE; on reconnaît immédiatement que cette vl"" persoime est empruntée à notre second type des temps composés : le t final du féminin étant tombé, comme dans l'affixe possessif. Il en est de môme des personnes du pluriel :

^^^ (tt-rw-mer trnous aimons ^9 devient (sah.) •T4\Jt>-EpE.

Çi I I Çmm

2" « ^'^^^^ ^^ "^^ iu-ien-mer r vous aimez?) devient (sah.) TETH^U-EpE >

Ce temps est très-usité avec le pronom indéterminé sous la forme ç ç tU'tu (Ton est. 1)

tutu sehai nahsi (fuf-tu retu

en Kamu, On apprend au nègre le langage des hommes d'Egypte '.

fort rare, mais elle est régulière, car elle n* Zh-j ci-après.) — * I.a forme ETE^K

est usitée par des graveurs très-corrects ; ^ EpE » du second présent , paraît repré-

par exemple dans la stèle en Thonneur de senter une forme plus compliquée : ^ ^ ç

Toutmès 111 , Amon dit : | j J j^ |' ^ï^ T7\ <=> 3) ^" tuten-mer, dont nous n'a-

* ^ ^ ^ ^ tu-à em semi-k crje t'ai guidé.» vous pas encore rencontré Temploi ancien.

Cestun exemple de Tm d'état formant le — * Pftp- Boulaq, XXIII, 5. Comprez le

participe : t^je suis guidant loi. 'j ( Voyez le décret de Canopus, 1. i A , où ^\ ^ j^ a

C'est à cette forme ou à la précédente qu'il faut rapporter la locution où la syllabe ç iu, isolée, précède le verbe : il y a alors ellipse du verbe étrCy sous l'une des deux formes I % âti ou ç tu. Le Papyrus Sallier (II , 6 , 6) en offre un exemple fort clair. Il est question de celui qui s'est adonné aux lettres depuis son enfance :

:raVJ^-?X:fii

tU'ànet xj^'tU'tU'f tu-hab-f er àr-t apu-tu

On le fait conseiller *, on Fenvoie remplir des missions.

298. Le troisième type composé se sert des verbes 1"*=»^ àr, <=^ er et ^«^^ art (r être , faire , n que je réunis sous ce même numéro.

On ne se sert du verbe 1"*=»^ àr, qui est presque invariable, que lorsque le sujet est exprimé par un substantif ou un pronom absolu. Cet auxiliaire peut alors être séparé du second verbe par le sujet, comme le verbe copte EpE : — EpE^HTO'îf ^^E^ égalerait exactement : \ — « ^ ^^ àr hâ-iu meh «r sunt faciès eorum plenae. -n <=*^ an, au contraire, admet les modincations personnelles, ainsi quon l'a vu ci-dessus. Comme nous en avons averti, àri auxiliaire ne sert qu'à renforcer l'idée d'action et n'implique pas habituellement le sens causatif^. Ainsi -'=*-^^i^%k ^S àrirà-soiem

tendre), et non p

signifie crj entends d (je fais l'acte d'entendre).

pas «rje fais

cette valeur et ne doit pas être traduit par ffde même.»

* La traduction précise de ànet xj^r-tu ou (x^t-u) dans le sens de ff conseiller»

est assurée parle décret de Canopus, 1. 99 jSovXevTûH», I. 36 fovXevràs.

* Cette règle souffre quelques exceptions, mais en général c'est fort justement que M. Chabas a fait remarquer, que àri joue ici le rôle presque explétif de Tanglais to do. FiC décret de Canopus contient

h la ligne 87 l'expression suivante : irafin que tous les gens connaissent. »

em sar àr en uab-u na ma-u hak-t.

(rque les prêtres des temples de TÉgypte ff vénèrent (les dieux évergètes),»

Ici l'auxiliaire ar suit le verbe principal , $er ff vénérer;» ce qui tient probablement à rinfluence de la particule m, qui gouverne cette partie de la proposition.

entendre, -n De même ^^ àr-tet, à la quatrième ligne du dé-

cret de Canopus est traduit : (r disent tî et non pas «rfonl dire, d

Le présent aoriste ainsi composé possédait le paradigme complet des pronoms.

299. Si nous confrontons maintenant les deux présents du copte dans leurs diverses formes, avec les trois variantes de l'aoriste composé que nous venons d'étudier, il nous sera facile de comprendre comment leur paradigme, que Peyron trouvait si irrégulier, résulte des débris de ces formes égyptiennes.

Sâbidiqoe.

EKJW-EpE KJU-EpE .

attHi-mera,

EpEJW-EpE .

TE^W-EpE *

E<*\JW.EpE qJU-EpE .

ECJW-EpE CJW-EpE. .

i" peraoone.

9* personne du mascalin.

(ramast) = 1 ^ ^^1^^ àu-k-merà.

3* personne du féminin.

3* personne du masculin, (ramât (iile)^.. = I ^ ^^1^^ àu-Z-t

3' personne du féminin.

(tamat (iila) n. . =^ 1 ]^ ^^ 1 ^W\ àu-t-n

(t amas 7).

tu-t-merà.

j-mera.

-mera.

' Le A / du fënniniu est ici tombe , comme presque parlout dans le copte.

3* personne avec un sujet eotprimë.

EpE N. JW-EpE. . famatfl = \ N. ^^|^\ àr N. merà.

Page 1