‹ Chrestomathie égyptienneChapitre 16 sur 28 · MA · texte numérisé non relu

MA

lix.-^ 1 <-=•»> 1 1 1

àu-tu her-ta-nef

Ma

en

tebu en hak-l

àuf-her-àri setef-u

^t 1 4 jMm^

urmv;!

àihtu-her'la-nef

kiit)

en

àrpu

àuf-her-dn-huau-i '.

Ayant pose un teb de bière, il fit de rëciime; ayant pose un autre {teb) de vin, il

devint trouble.

Au-iu her fa-nef peut s'analyser : frétant à poser lui,?) si l'on veut tenir compte de l'aoriste tà-nef.

La valeur du participe qui s'attache à un auxiliaire ainsi alVecté delà finale ç tu peut quelquefois causer une équivoque; ainsi d'après l'usage le plus habituel , la phrase : jfa^ \ ^ ▼ ^^ un anta her (at doit se traduire : iton dit, 73 mot à mot : cr on l'ut à dirc-n Cependant, au même papyrus^, cette formule est employée pour : ff il dit. n Nous ne croyons pas cependant que le passage soit incorrect, parce que un dn-tu her Cat peut aussi s'analyser par : ce étant à dire,?) et que le participe pouvait s'employer à la place du verbe.

11 est évident que, dans ce rôle de préfixe, Iç» àu-tu est l'origine du temps du dialecte memphilique E^^^s, E'^^^K, etc.^ qui se prend tantôt pour un prétérit siniple (rfui,^? et tantôt pour le subjonctif (Tcum essem. t7

doit être traduit : ff ayant entendu (dire) ' Pap, d'Orhiney, XII, 9. Ce passage a

votre abandon de moi;" dans le second tUë interprète par M M. Goodwin et Chabas.

membre de la pbrase, le verbe x«« est au * Id. XIX , 3.

masdar avec l'article cl Taffixe l'ï^ginic de * Voyez Grammaire de Pcyroii pour

la 1" personne. les vu' et xvi' leuips du verbe.

92 CHRESTOMATHIE ÉGYJ>TIENiNE.

3/i7. Nous enregistrerons, pour terminer ce qui concerne le participe actif, le composé avec le relatif ^^T^ nti. Le titre liCOTvp est exprimé par W V— ■ ntinohem «rqui sauve, ^ dans le sur-

nom de Soter II. Mais cette locution nous paraît appartenir aux derniers étages de la langue; elle a passé dans le copte par le démotique; grammaticalement, elle ne peut pas être considérée comme un véritable participe, dans la langue antique.

^[[^ est très-naturellement remplacé, dans ce rôle, par la particule \^ m, dont une fonction très-habituelle consiste à indiquer la relation d'état. C'est ainsi que le décret de Canopus caractérise les prêtres élus conseillers (1. i5) :

ràn 1 rTî A''^^! SL\ i

tiab-u met àmi-x^tu emsetep er ter en rempe-t.

I^s vingt prêtres conseillers, choisis pour le temps d'une année (mot à mot : en

choisis).

Cet exemple appartient, à la vérité, à un participe passif, mais il me paraît probable que la même tournure pouvait s'appliquer au participe actif ou neutre.

FORMES GAUSATIVES.

348. L'initial II, ajouté au radical, lui donne la force causative ou doublement transitive : il est impossible de méconnaître l'analogie de cette forme avec le saphel araméen et assyrien. C'est la seule modification du radical, qui possède réellement une valeur grammaticale : elle a été bien définie par Champollion'. Les

' Voyez CharapoHion, Grammaire, tels que : CÊOK »rdiminuer« compare

n" 386. Cf. le n"* 360, ci-dessus. L'* eau- .,1 \l^ x 11 i i-

.„,.-, au radical J M ^ bak irhumuis;'?

satd, disparu de la fi:rammau*e copte, est j. . , ,

'^ , , ? , .. . . CEJtf t\E ffdisponere,» etc. compare è

souvent remplacé, dans le dictionnaire, ^^ ^

par le -i initial causatif; mais on en ,. 1 we;i .rs^tab^;^ C^^^p crahjicere» trouve encore la trace dans quelques mots, comparé à ^^^ y^ hcr ffextra,T? etc.

exemples sont usuels et très-nombreux ; comparez seulement : -=^— i àa cr grande à (i^— | s-âa cr agrandirai) -^ jL X ^^ «longueur,

hauteur,^ à |1^ jL^T s-ka ce élever;^ y ^^ <rstare,7) M y

s-hâ ff ériger, -n etc.

On doit toutefois être averti que la valeur causative s'est effacée dans quelques verbes augmentés de rn initial; ainsi : (1^^ ^N 8'ùU ne diffère pas de ^t vdive^n et Vs initial s'est même conservé dans le substantif H ^^ "^S i s-Zii/w cr paroles, t^ eÇ dans le copte CB^siii'. On peut aussi signaler quelques verbes dans lesquels Ys initial se prête à diverses nuances un peu différentes du véritable causatif, mais que la réflexion y ramène facilement. C'est ainsi que l'expression M ^ "^^^ s-mer ne signiGe pas refaire mourir, t) mais (T faire là mourante, i? dans la phrase suivante du Papyrus d^Orbiiiey. La femme ^Arvpu^ voulant accuser son beau-frère de l'avoir violée, se présente à son mari dans le plus grand désordre :

àu-f her kam tai-f himet afer-là s-mer-U

^-liX V-i

en âfau.

Il trouva 8a femme étendue et (comme) se mourant par suite de violences*.

349. L'addition de ¥s causatif n'était pas usitée pour tous les verbes; on se servait alors, pour le même usage, de divers auxiliaires. Le plus usité est le verbe A, j Jj '*"— "^^ fa, ta-t^ adonner,^ qui paraît avoir eu le sens causatif d'une manière très-générjale. Ahmes dit au début de son récit' :

* La variante du même mol, cy^-^E ♦ * Pop* d'Orbiney, IV, 8.

est précieuse pour constater que ce b ini- ' Voyez Mémoire sttr l'inscription (VA h

tial est quelquefois passe au CIJ dans le mes, p. /ly. copte.

94 CIIRESTOMATHIE ÉGYPTIENNE.

fM-a re^-ten hes-u yeper-l nà.

Je vous fais connaître les faveurs qui me sont arriva.

Celle forme, très- usitée, répond au démotique ^, siglc de i—J, et au copte ^ tr donner, t^ Celui-ci se résout en un simple T^ dans les composés tels que ^i^n^bo cr vivificare,-» de ^ et tixwh^ frYita,iî égal à AS- /w-ânx; TO'^rtiSO «rservare,^ de ^-O'^ti^M (T dare salutem , n égal à t i Ç A ^l ta-ufa, remplaçant la forme antique M Ç A ^k s-uùi,

350. A ou t 1, en se joignant au verbe principal et à d'autres auxiliaires, donne naissance à des combinaisons variées, où le sens causatif se conserve fidèlement. Nous en citerons deux exemples tirés du Coule des deux frères ^ :

àu'tu her {a àmam hoihf â, (, s. em àm-f

On instruisit le roi de cela (mot à mot : On fut à faire savoir, le roi, concernant cela).

Quand jBato, changé en perséa, reproche à sa femme d'avoir fait abattre le cèdre où résidait son cœur, il dit' :

/M-p(r) her âmamu pa-tu-t à-dve-t sût

en per^a â, f, s.

Tu sais que tu as fait couper par le roi (mon cèdre).

* C'est à celte origine quil faut faire ben; "^^ {ehan, de J!^-'^ han, etc. remonter les com|K)sés augmentes de -*»• * Pap. d*Orbmey, XV, i.

initial, tels que: J ^ teben, de ^ ^ /</. XVII, 7. Observez que, dans

La locution doit s'analyser : rr tu es à savoir Ion action do faire, le roi, couper (l'arbre), a Le causatif complexe tu-t-ii-àre-t sût devient ici un nom verbal qui prend l'article jpa, pour servir de complément direct à àmamu cr savoir, -n

351. Les verbes .<«>- an, et ^^s»- er, qui habituellement ne font que fortifier l'idée d'action, prennent, mais assez rarement, la valeur causative ; on peut citer : ^^s»-^^ er-rtme rr faire pleurer K -n

Le démotique conserve, dans ce sens, et' àr, et le copte a le préfixe Ep : mais celui-ci indique le fr faire t^ et le rr devenir, n et non le véritable causatif: Ep^C trfieri vêtus, veterascere,^ Ep- ^z>T\ «ragere jus, judicare;^ il se rapporte donc plus exactement au sens ordinaire de «»• àri auxiliaire (to do).

352. Mais l'auxiliaire ^^s»- est très-usité dans les composés causatifs ^^j et • ou j— i . Le premier ^^^ er-la équivaut à ^^ i ta seul, exemple : Bâta conduisait ses bestiaux, vers le soir, devant

ui

er-ta sefer-u {em) pahen àhai^u{t).

Pour les faire coucher diins leur ëtable.

L'infinitif "^"^ ® ^^^^ ^ ^H^ re-^-ek cr pour te faire savoirs

et ^""^ ® jCi^k. ^^^^^^^^^ ^ ^"/^ ''^X jx^à-neh crpour

celle phrase, le causalif réside dansi^^, * Pap. d'Orbiney, IV, 4. S est pris

et non pas dans \ J^ "=* : la valeur eau- souvent, comme ici, pour le gérondif,

salive est Irès-rare pour ce dernier verbe. équivalent tout à fait au suivant ^^ i--l

* Todtenbuch, ch. cxxv. La vanante «• er-ja-f. Je considère ^ comme explétif,

^^?W^ te-rime est peut-être fautive; on dans 2l ^«"witif. H y a évidemment dans

n a pas signalé d'autre exemple du s= ini- le manuscrit omission d'une préposition ,

liai avec cette valeur. em ou er.

faire savoir à mon seigneur, t» sont des formules très-usilées dans les papyrus.

353. ^^ , er-(a et m^ er-t-à s'échangent fréquemment. Le second est peut-ôtre néanmoins un type différent : car -n * ou ^' ^ â seul possède un rôle grammatical assez étendu, comme renforçant certaines particules; on peut citer ici : jk ^^ evf^hahu-à

qui s'échange avec la forme plus simple j^ ^^ em-iaAw rr devant, -n Peut-être le .»— i du composé m doit-il être rapproché du radical copte ^ ffêtre et faire ^^

35^. Le sens causatif apparaît clairement pour le composé auer-tà dans l'exemple suivant : le prince de Bakhlany content de voir sa fille guérie par le dieu KhonSy voudrait le conserver dans son pays : (til disait en lui-même^ :

du-er-tà-yeper nuter pen (ai en Bexfen

Il faudroit que ce dieu pul être doonë h Bakhtan (analysez : Il esl à faire devcDÎr ce

dieu donne h Bakhtan),

Le copte se sert beaucoup d'un causatif ; sah. ^pE, memph. ^pE, évidemment composé des éléments t et r, qu'on retrouve clairement dans j ' /a, -=^.er, -«=> ài^i et | 1 er {a, m er-tây mais les éléments sont disposés différemment. L'exemple cité par M. Peyron &qepi^EJU^C\ «ril m*a fait asseoin^ répondrait à une formule :

-àiZ-A

àu-f-ia-àri-à-hemBe Il donna faire moi asseoir.

' Ce rôle de J^ sera ëludië plus loin. n* agi ci-dessus. — ' Inscription du Pour sa valeur verbale propre, voyez le prince de Bakhtan, 1. a 3.

Nous n «avons pas rencontré d'exemple pour cette tournure, mais elle présenterait une analogie parfaite avec les autres formes antiques.

355. Le copte possède encore plusieurs auxiliaires d'un sens restreint; le seul qui occupe une place régulière dans la conjugaison est l'initiale cy^, qui forme les temps consacrés aux actions habituelles ^ On trouve, dans les textes pharaoniques, un auxiliaire TtTtT \l sUy qui doit être le type du cg& copte. Cette syllabe est empruntée originairement, suivant toute apparence, au verbe TtTtT ^l ^^ saâ cf commencer. 7) On reconnaît cette valeur, d'une façon très-claire, dans la phrase du Papyrus SalHer 2 (iv, 6) dont nous avons cité déjà la seconde moitié (voyez n^ 297) :

saâ-nef-uat àuf em X^'^ra/w.

Celui qui a commencé à être instruit dès sa jeunesse (on )e prend pour conseiller, on l'envoie remplir des missions).

Nous voyons, au contraire, la syllabe abrégée TtTtT ^l sa, réduite au simple rôle d'auxiliaire dans la formule suivante : un chef égyptien, au retour de diverses expéditions, constate ainsi la satisfaction que lui ont témoignée les rois qu'il a servis :

sa-nà-hes-kuà her-s em sulen-u.

Le sens général est : cf Je fus loué pour cela par les rois, n Comme il est question de plusieurs souverains, on peut soupçonner ici la nuance d'habitude ou d'actions répétées qui est attaché au aj[Z> auxiliaire.

' Voyez Peyron, Grammaire copte, p. 97 et suiv. temps v et vi iprœsens etmperfectnm consuetudinis.

98 cmu:STOMATIllK EGYPTIKiNNE.

La locution TtTtT m 1 mu, qui ost employée dans un passage du poënie de Penlaur n'est peut-être pas enipruntée au même radical car le mot mu correspond ordinairement au copte $y^'« ff utilis.T»

bcn sau-meh àb-n nm- ten.

M. lîrugscli a proposé de traduire : rril ne sert de rien de vous aimer M ^ J'avais interprété meh ùh dans le sens de pt satisfaction , ^ qu'il a souvent : nous possédons encore trop peu d'exemples pour nous prononcer d'une manière positive.

Le copte fait aussi usage d'une particule syo** signifiant r digne de,^ cyo'^JtfEHpXT r digne d'amour;^ je pense qu'on doit la rapporter au thème antique l yoj m )(\i rr mérite, honneur, avantage, b{en;n mais celui-ci n'était pas employé comme auxiliaire.

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