FORMES PROHIBITIVES
395. La négation Ik em est spécialement prohibitive; elle s'écrit par Ik seul, sa position initiale prêtant rarement à l'équivoque : avec les affixes personnels, la particule se renforce et s'écrit àm IV -.-^^ ou 4-V -.^v-^. Le ^ négatif du copte n'a pas la valeur prohibitive, aussi rapportons-nous son origine à 1 Ç 6m; ainsi : JUL£KEipE est (rnon facis,?) et non pas cr non îac.-n Mais e5.TTEp est prohibitif et le JU initial peut y provenir de V joint aux auxi-
* Lepsius, Todlenbuch, xc, 6. — * Elie est surtout connue par le nom des conslellalions dites : àxem-u seku et âyem-n vrel-u ties non-mouvants et les non-reposants.» — ^ Voyez le n* 226 pour le ndgalif r?w(»;;j.
DU VEBBK. 129
liaii^s^ \k isolé se pbce devant un verbe à rinfinitirou à la forme absolue :
em-hâ er-à em meter.
Non surge conti*a nie sicut teslis !
Tel parait être le sens de Talloculion du défunt à son cœur^. Analysez : (t non surgere,?? ce qui pourrait convenir également à la 2* ou à la 3*" personne,
Avec cette formule, le verbe pourvu d'un afiixe doit souvent être traduit au passif : IkM^ Ik A A i > ^ ^^n^XJ^^^f ^*^{f ^^^ ^^"
fa-su ffnon repellatur ille a principibus ; t^ iK® iK 'nllli^*'''^ em yem-fmâ ten «r non renuatur a vobis. -n
396. Pour la distinction que fait ordinairement l'usage entre em et «m, M. Lepage-Renouf a rapproché avec raison deux passages du Papyrus Prisse qui ne diffèrent que par ces deux formes :
em-âa àh-k àm-^k âa àb-k.
Non ni<ignum fjot cor luum et ne extollas cor luuni.
Quoique les deux phrases soient exactement de même signilication , le premier ôa doit être considéré comme invariable; le second est régi par âm-k qui lui donne une forme verbale conjuguée. T fk ^^ est une forme rare; l'orthographe usuelle |% est de même va-
leur phonétique, c'est celle de presque toutes les prohibitions*:
' Celle partie de la grammaire a sur- hées; comparez ie prohibilif italien, par
tout été étudiée par MM. Chabas et rinfinitif.
Goodwin, Mélatiges, p. 87 et par M. Le- ' liepage-Renouf, /. /. Todtenbuch ,
page-Renouf, Miscellanea, i865. \xvii, s.
* Légende du cœur sur les gros scara-
130 CHHESTOMATHIE EGYPTIENNE.
àm-^* ' per ei- bunar em pa-k.
Noli exire foras, e doino tua.
397. L'aflixe, suivant àm, prend quelquefois les formes angmenii^es (le <=»• ou de a*****«^ ; exemples :
A«««^ I III I jf 1 -A ^t jÊk" A A..MNA T I
àn-sê{t) hn-à âm-ruk em ai àri-t nekenu,
(Dicunl) illi ad me : Ne tu, veniens, facias delrimenla.
àin-nef iu.
Non venial.
Il résulte de ceci que la particule, dans sa forme pleine dm, est traitée comme un verbe négatif.
398. J V-^^^v-^ àm n'est pas exclusivement réservée au cas où figure un affixe ; c'est ce qu'on peut observer dans l'exemple suivant, oii l'on voit, en même temps, que le groupe I V -^^^^-^ pouvait, dans certaines locutions, remplir le même rôle que ^[[^ an, en dépouillant le caractère prohibitif:
(T Je suis Yhorus d'Egypte, t dit le dieu* :
hu X^fi^'f i^ ^*'^* àm-kar-t,
(Qui) perctissit hostes sucs, destruxit scelestum, non tacens.
' Pap. de Boulaq , X VU , 1 1 . Cf. Galets * Todt. cixxvui , 3. Cette l^nde se relie
drierSallier, à toutes les prohibitions. à lefficacité de la parole divine, si bien
* Todtenbuch, lxxviii, i3. mise en lumière par Théodule Devéria,
' Ibid. I. 8. dans son élude sur | \ mâ-x^ru.
399. La particule prohibitive Ik se joint aux auxiliaires l I àri et ^^ i la, ou ^ &i'-ta. Pour le premier cas, on trouve, soit la forme absolue eni-àri, soit les variantes âm,ek m ou haariy em-àri-k et em-àri. . .k ou i^ik, suivant que Taffixe est attaché a la négation, au verbe auxiliaire ou au verbe principal, car tous ces modèles de locutions étaient autorisés par l'usage. Nous citerons un exemple de chaque variété. Les nègres de Km, effrayés des exploits du roi Horus, se disent l'un à l'autre^ :
'^/^ jKi-F V ^7\aa
em-àri-pere pa-maàu âk er kusi.
Ne exeas I leo ingressus est iEthiopiain.
Le prohibitif du verbe art ^ faire, ^ prend lui-m^^me ùri auxiliaire :
em àri-àr-t hru mefa-ln.
Noii ngere clieni oliosit^fis.
Pour Taflixe joint i\ em-àn, on peut étudier la leçon suivante tirée des sentences du scribe Ani^ :
etn-àri-k rekai-tv tihanu ip^^) ^^^ ^'
na/t'tef.
Ne fais pas do querelles I la mine He rtioniine est sur sa langue I
' Lepsius, Denkm. 111, iqo. déterniinalif supplémentaire de Tidëe
* Pap. Anoêtast V, 8, 5. «r ruine. « S'il faut le traduire, le sens sera
^ Pap, de Boulaq, X\, 8. — Le signe peu moditië : «-la ruine de la maison d'un
JTJ pa rr maisons nous a semble ici un honmie, etc.^
Voici maintenant l'aflixe rejeté après le verbe principal :
em-àri utefa ruk.
Ne tarde pas, ô toi M