‹ Chrestomathie égyptienne, ou Choix de textes égyptiens transcrits, traduits et accompagnés d'un commentaire perpétuel, et précédés d'un abrégé grammatical par le vicomte Emmanuel de Rougé Abrégé grammatical. 2Chapitre 1 sur 2 · OH S NOMS · texte numérisé non relu

OH S NOMS

OU SUBSTANTIF, DE L'ARTICLE, OK L'ADJECTIF, DES FKONOMS , DES NOMS DE NOMBRE ET OF.S ADJECTIFS NUMERIQUES.

La partie de celle élude que nous consacrons à la grammaire de la langue égyptienne sera nécessairement incomplète. L’état actuel de la science nous obligera sans doute d’y laisser beaucoup de lacunes; mais on peut espérer que les discussions insérées successivement dans la Chrestomatliie en diminueront l’étendue. Malheureusement il est un autre obstacle, d’une nature permanente, au perfectionnement de nos connaissances sur ce point : le système imparfait de la notation graphique pour le son des voyelles 1 nous dérobe la connaissance d’une foule de nuances grammaticales. Nous sommes dans la position d’une personne qui étudierait des textes hébreux, rendus tout à coup à la lumière, sans le secours d’aucune tradition analogue à la Massore. Il résulte de cette fitcheuEc condition que des différences très-réelles entre diverses formes d'un même radical n’apparaissent pas dans l’écriture, et qu’il nous sera souvent impossible de tracer leurs règles. Dans les Ipxles d’une ré-

1 Voyez ci-dessus, n* s 5, pour le maires hébraïques et ornniéennes Bien

vague des voyelles, textes phéniciens connues leur prêtent un secours qui nous

sont dans le même cas; mais les grain- manque pour l'égyptien.

ajouté au radical, comme clans @ A rer/et «énumération, compul, * comparé à © rex «connaître;* mais plus souvent encore les finales tu , ^ ut, sont ajoutées après le radical et même après le déterminatif, de manière qu’on n’v peut méconnaître la finale des participes.

Dans le démotique, ce t final s’écrit également après le déterminatif et se détache ainsi du radical.

121. Le copte possède aussi une classe de substantifs composés par l’addition de divers préfixes :

i° Rn, EH; exemple : EucyUJT « marchand ;« c’est l’addition au radical çytUT «commercer* de la particule attributive en, copte u. Cette forme ne parait avoir été usitée anciennement que pour les adjectifs.

2 “ La particule pE<q «celui qui fait, l’agent;* son addition pour former des substantifs est également récente. Son origine se trace

par la locution démotique ]>-rem-auf « l’homme qui 1 * dont

elle doit être la contraction.

3° Le préfixe CR indique, en copte, un nom de métier : CR- HOtK «boulanger,* de OSK «pain.* Je crois que ce préfixe CR a pour origine le mot antique ( ^ ne «un homme, un individu.* Tous ces substantifs désignent plus ou moins expressément des qualificatifs; la langue antique ne distinguait ces sortes de noms par aucune addition; les noms de métier s’y présentent, comme les autres, sous la forme simple du radical, ou avec l’addition de lï final.

1 22. Le préfixe privatif RT produit en copte des substantifs et des adjectifs négatifs tels que RTEKUT «sans père,* RTMIE «innombrable. * La langue égyptienne faisait usage d’un composé semblable. La particule RT ne paraît pas autre chose que la négation

‘ Voyez Brugsch, Grammaire (Icmolùjuc , n" i53.

CIIRESTOM ATM I E EG Y PTIENNE.

égyptienne variante dnh, dont la nasale est tombée. Elle formait des noms complexes comme û r ~V— ùuli k«r « sans fraude. *

123. La langue copte forme «les substantifs à signification abstraite avec les initiales «tin et 6sw. La première, en saliidique «En, en memphilique «ET *, semble visiblement composée de ^ m, particule ancienne indiquant « l'état, * et du relatif ^ ^ nli = ute, et : «ETOtïîS « l’injustice n se décompose facilement en «•, et, 05<\ «étant, ce qui, injuste.

L’origine du éinsahidique, sait memphilique, est plus obscure; celte initiale existe déjà dans le démotique, où elle est rendue par deux sigles s que M. Brugscb croit dérivées du signe j tu, bit « parole, - ce <jui donnerait une origine assez satisfaisante à cette particule abslraclivc. Si cette vue se confirme, l'addition du mol antique ivi-a fut devant un autre substantif pourra être considérée comme entraînant l'idée d’abstraction.

Le substantif abstrait ne revêt ordinairement aucune forme particulière dans la langue ancienne; on peut seulement remarquer qu’il est très-souvent du genre féminin.

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