‹ Chrestomathie égyptienne, ou Choix de textes égyptiens transcrits, traduits et accompagnés d'un commentaire perpétuel, et précédés d'un abrégé grammatical par le vicomte Emmanuel de Rougé Abrégé grammatical. 2Chapitre 2 sur 2 · DU GENRE · texte numérisé non relu

DU GENRE

1 24. Le masculin est la forme typique du nom, le féminin apparaît comme dérivé du premier. En copte, le féminin se compose soit par l’addition de i ou E, soit par allongement de la voyelle finale.

Beaucoup de substantifs féminins montrent les finales e,

1 Remarquez la chute de la nasale, comme dans le passade dc^ ^ ànti b 2 .-J,

* La forme ordinaire est ^ v> , celle tic l'inscription de Moselle est ^ ^ . La

leclure nie semble encore un pou dou-

teuse; M. Brugscb a lu d'abord mut cl ycr; il a remarqué ensuite que In première forme répondait incontestablement au copie 2ÎE, dans le sens de parole.

Voyez Brugscb, Grammaire dèmolique , n* i5i.

° De» substantifs assez nombreux conservent la même forme que le type verbal; exemple : Kiu- « mouvement, * comparé h Ki-w « mouvoir. *

u° D’autres substantifs subissent un changement vocal intérieur, comme ^fxOC « vêtement, * comparé à «couvrir, a Les cas

sont très-variés et pourraient difficilement être réduits en règles; un peut cependant remarquer, d’une manière générale, que la tonif] ue a dè se déplacer. Ces deux classes devaient exister dans la langue antique; mais ce que nous avons expliqué des imperfections du système graphique pour les sons-voyelles nous empêche d’en définir les traces.

117. Les substantifs copies sont aussi formés par des additions au radical, sous forme de préfixes ou de suffixes.

L’addition la plus simple est celle d'une voyelle finale, ordinairement \ ou E; exemple : m-p*Jbl «le laveur, * ptu|b «laver. * Cette formation se retrouve fréquemment dans l’égyptien; elle est caractérisée par les finales MK qui varient entre elles dans

le même mol; exemples: l ï fl 1 1 hesi «chanteur,* Q V | ^ jçeri « malfaiteur, ti Ainsi employée, la finale i caractérise les adjectifs verbaux intimement liés à cette sorte de substantifs; mais la faculté d’omettre dans l’écriture les voyelles, même finales, voile souvent l’existence réelle de la terminaison.

1 18. Un certain nombre de substantifs masculins prennent, en copte, le suffixe c\; exemple : no>EÊ «atteler deux chevaux au char* (en égyptien | J ^ | naheb, même sens) , comparé à u&^-

«joug.* Cette forme n’était pas usitée dans la langue antique; peut-être néanmoins peut-on trouver un cas analogue dans ^

^ ntej « père , * comparé au copte kut (radical al). On remarque

<Hude remarquable de Veii Valeulin intitulée Die HiUunff des roplischen Moment , Gôttingen, 18G6.

comme "i-n&cyE (memph. fia moitié,’) île * di-

viser i>). La langue antique possédait certainement cette formation du féminin; exemple : -*=■ J nuleri <r déesse ■» comparé à

crdieu.i) La faculté d’omettre dans l’écriture les voyelles, même liliales, nous dérobera encore souvent l’existence de cette terminaison.

Par l’allongement de la voyelle finale, ordinairement le E du substantif copte masculin devient H et l’o devient tu. Je ne doute pas que cette différence n’ait également existé anciennement; mais le vague des voyelles ne permet pas de le constater.

1:25. Dans l’écriture antique, le genre du substantif est signalé par des marques spéciales '. surtout quand il est écrit par un caractère idéographique : l indique alors le masculin et « le féminin. Avec plus d’intensité et pour se rapprocher de l’idée de sexe, le féminin reçoit le groupe ^ en ajoutant l’œuf; exemples : se

cfils,* se-l s fille. D La combinaison . i appartient ordinairement au féminin, mais ce n’est pas un indice certain; il arrive souvent qu’on a mis les deux explétifs i m pour arriver au carré du dessin et sans se préoccuper de la confusion qui peut en résulter; exemple : — f pe-sc <r le bassin.))

126. Le a, marque du féminin, est probablement relié avec l'article — ^ la. C’est une question douteuse encore pour nous que celle de savoir si ce « l final était prononcé, et dans quels cas. L’analogie des finales sémitiques en rr, re engagerait à le considérer comme réellement phonétique. Cependant les transcriptions grecques prouvent que ce » n’était pas prononcé dans la juxtaposition de deux mots; exemple : ersvtats, transcription de

sc-(l)-n-is. Dans les mots domotiques, lorsqu’un substantif possède la finale I, elle s’écrit indépendamment du signe du 1 Comparai Cbatupoiliou , Grammaire, a"’ 7 G ol suiv.

C H R E S T 0 M AT 1 1 1 E É G Y P T I E N N E. féminin correspondanl à celui-ci ne suffisait dune pas pour amener la prononciation d’un / final. On ne voit pas non plus cjue le copte ait une forme féminine spéciale en T En transcri-

vant par l la marque du substantif féminin, nous devons donc avertir que la prononciation effective de cette lettre nous paraît ordinairement très-douteuse.

Le genre neutre n’existe pas en égyptien pour les substantifs. Le féminin remplit son rèie, ainsi que dans le copte, pour l’emploi abstrait des pronoms.

I)ll NOMBRE.

127. Le singulier était la forme simple du substantif, dans la langue comme dans l’écriture. Le pluriel ajoutait la finale « Ç et quelquefois ^ \\ ni. Les finales du pluriel copte sont très-variées, mais elles se ramènent toutes à des combinaisons de o u et s on E 2 ajoutés aux voyelles du nom singulier; elles dérivent donc clairement des finales antiques u, ni. Ainsi les types tuus, uio^F , odue, uioui; hous, houe, huev, hue; eooue, eeue, eue;

&ue\; îcnti, oui se reconnaissent comme provenant de la finale Vwm'. An contraire les formes ai ou, oou, hou, hu,eu, EOU , &ou, &u, tou correspondent à la forme simple ^ «. Observons encore ici que le vague des voyelles amène ordinairement dans l’écriture antique la confusion de ces deux formes.

1 28. Le. pluriel avait aussi, dans l'écriture, son expression idéographique, à savoir le nombre trois I ou i i i ajouté au mot, de quelque manière qu’il fiit écrit. Très-rarement ce même nombre a été indiqué par

1 Voyez, par exemple, le mol mn-i-f \omens) suppose cpie la forme première

•sa mère,” dans lu légende de Soler II. du pluriel était an. I*e n Dual du pluriel.

Brugsd) , Grammaire dcmolique, if io5 dont l'analogie pouvait l>ien faire supposer

et passim. Comparez leu* t*io ci-dessus. l'existence, n’npparait pas dans les subs-

1 M.Veit Valentin (Die Ililtl.d.eoptisrhcH tantifs. maison le retrouve aux pronoms.

Quelquefois aussi on triplait le mot lui-mème, soit que l'expression en fût idéographique, comme vvv. tipl-u «des oies, v soit qu'il fût écrit alphabétiquement, comme pour

^rr ( (efu «des provisions. n

Champollion 1 a remarqué que le pluriel phonétique ^ était souvent placé avant le déterminatif, tandis que le groupe ! se met après; mais cette règle n’est pas très-fidèlement observée. Les groupes ^ ( , qui réunissent les deux expressions du pluriel,

sont très-fréquents et se placent à la fin des mots, exemple ; mes « enfant, d pluriel flïPA ^ ( mes-u.

Le groupe i i i prend dans l'hiératique des formes très-diverses; en voici quelques-unes, de trois types différents : w— » si dernier signe est l’indice démolique du pluriel, il s’explique par les précédents 2 .

129. La langue copte n'a pas de forme spéciale pour le duel, mais il paraît que In finale **• avait cette valeur dans l’égyptien; on la trouve employée dans des cas oû la phrase exige l’indication du nombre deux. C’est ainsi que IV neler-ui signifie « les deux dieux , ti en parlant de Set et d’Horus 5 .

Le duel est aussi indiqué figurativement par la réduplication d’un caractère idéographique; quand nous trouverons cette réduplication, nous ajouterons la finale phonétique ni, sans pouvoir répondre néanmoins, dans bien des cas, qu’elle fût réellement usitée, exemple (ô)-u« «les deux bras*, n

* Voy. Champollion , Gram, n" 1 5 * 3 .

* Voyez Ilragsch, Gramm. démotvjue , n" 161. On voit, dons ers abréviations successives, les signes perdre toute trace de l'idéographie primitive.

* Voy. Brngsch, j Monument» , pl. L, 9.

c-z-aTTr % * 'J, I P esesu neter-ui

ri-11 em pt*éh-uk rrt^ue 1rs domaines des

ileux dieux deviennent tes domaines.»

1 Hans de nombreux exemples , le signe —1 a la valeur de la main et non du bras; la prononciation est encore douteuse dans ce cas. La finale ni se relie bien aux terminaisons sémitiques aim , atn, dont elle ne diffère que par la nasale, qui tombe dans l'état construit.

CIIRESTOMVTHIE ÉGYPTIENNE.

1 30. Le duel est encore noté par les groupes • » et qui

donnent lieu à quelques difficultés. Il est certain que ce groupe signifie quelquefois idéographiquement trie redoublement; ■» on le trouve même employé pour indiquer le redoublement d'un radical comme J pour J J benben. Mais il est certain également que phonétiquement ^ ou ses variantes répondent à la syllabe h. La question est de savoir si ce groupe composait, comme ui, une finale du duel pour certains substantifs comme âri-li tries deux yeux , n ^ ^ rel-ti n les deux pieds, » âr-li tr les deux mâ-

choires. - Nous transcrivons ainsi et nous pensons que la syllabe li était ici prononcée, d’après l’analogie de la forme que nous allons expliquer.

131. Un certain nombre de mots égyptiens prenaient cette finale — m ou qui avait peut-être ù l’origine une valeur intensilive. C’est ainsi que dans le groupe variantes ^ ^ i et même

l’orthographe ne doit pas faire supposer une forme redoublée , mais simplement une finale ti, évidemment intensitive dans cet exemple. En effet, les variantes phonétiques donnent la lecture ■ | ^ peh-ti , et non pas pehpeh, et cette forme est parfaitement reproduite dans le copte <r puissance* comparé au type plus

simple La forme démotique palili prouve également, dans

ce cas, que la finale ^ était réellement phonétique.

11 n’en est pas moins vrai que nous ne pourrons pas toujours, à première vue, décider si le groupe ^ est une finale phonétique, ou bien s’il faut le traduire par la réduplicalion du radical, et ce n’est que l’étude des variantes qui pourra donner au dictionnaire des notions précises sur la forme intensitive notée dans un mol par cette addition.

DUS NOMS PnOPRES.

132. D'après ce que nous avons expliqué ci-dessus, nous ne pensons pas qu'il y ail lieu d’établir des classes parmi les noms

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