‹ Chrestomathie française à l'usage de la jeunesse arabeChapitre 11 sur 74 · DIALOGUE V · texte numérisé non relu

DIALOGUE V

Entre une Dame et son Médecin

Vous m'avez fait appeler , Madame.

Je suis charmée de vous voir :

je vous altendais avec impatience .

Etes- vous incommodée ? Qu'avezvous?

Depuis trois jours jene suis pas bien.

]'ai une migraine affreuse ; je sens une lassitude dans tous les membres .

Voyons votre pouls . Il est élevé , vous avez un peu de fièvre .

Il me prend quelquefois envie de vomir.

N'avez-vous pas aussi des maux de reins?

Oui, Monsieur,vous l'avez deviné.

Je suis bien malade, n'est-ce pas?

Y a-t-il long-temps que vous n'avez été saignée?

Il y a deux mois que le chirurgien m'a tiré une bonne quantité de sang.

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En ce cas, vous avez besoin d'un vomitif.

Pardon, Monsieur le docteur, j'ai horreur des vomitifs.

Je vous prescrirai. Madame, une boisson qui vous fera vomir très-doutîement. Du reste, vous n'aurez qu' à boire de l'eau fraîche par dessus .

Je ne puis absolument m' y décider

Puisque vous avez tant de répugnance à vomir, il faut vous purger.

Quelle médecine m'ordonnerezvous? Je ne puis prendre que des pilules .

Elles ne valent rien dans cette circonstance: je vais écrire une ordonnance que vous enverrez à la pharmacie.

Que la médecine ne soit pas amère, je vous prie, et qu'il n'y ait ni manne, ni rhubarbe, ni séné.

Ne craignez rien. Avez- vous de l'appétit?

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Beaucoup.

Monlrez-moi votre langue. Bien:

mangez du poulet à votre diner, soupez peu, et prenez, chaque matin, deux ou trois cuillerées de la médecine ordonnée.

DIALOGUE YI.

Sur le ménage. Entre une Mère et sa Fille .

Tu rentres bien tard: où as-tu été si long-temps?

La couturière chez laquelle vous m'avez envoyée, m'a fait attendre jusqu' à présent; elle n'avait pas encore fini l'ouvrage que vous lui aviez donné à faire.

Je gagerais plutôt que tu f es amusée à causer en chemin.

Oh 1 je ne suis pas babillarde. J'ai acheté, en revenant, du savon et de l'empois.

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Porte ce linge sale à la buanderie pour qu'on le mette dans le cuvier, et dis aux blanchisseuses de bien le tremper. Donne-leur aussi ce charrier; elles en auront besoin pour passer la lessive.

J' y vais.

Tu pourras toi-même plisser et empeser les manchettes et les collerettse .

J'en aurai soin.

N'oublie pas de faire dire aux repasseuses de venir demain .

Mais nos fers à repasser ne sont pas encore réparés .

Tuas raison: je les ferai arranger.

As-tu compté ces nappes, ces serviettes et ces mouchoirs?

Oui, maman; le compte y est.

Voici une cravate de ton frère à laquelle il faut faire une reprise. Où sont ses bas?

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Je les ai donnés à la ravaudeuse ; je n^ avais pas le temps de les raccommoder moi-même .

Achève à présent cette chemise; le corps est taillé ; et tu n'as qu^ à y coudre les manches .

Je n' ai pas une seule bonne aiguille dans mon élui ; en voilà dont le trou est si petit que je ne saurais les enfiler .

Je n' en ai pas non plus. Eh bien, tricote : où as - tu mis ton tricotage ?

Le voilà ; mais je n'ai plus de coton à trois fils .

Il y en avait pourtant encore un peloton entier dans fa corbeille .

Je ne le trouve plus .

Mets- toi donc au rouet , et file ;

ou bien dévide ces bobines : voilà

le dévidoir •

Si je continuais mon travail, je le

gâterais, car je n'y vois plus assez clair.

Effile donc ce reste de soie .

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J'ai mal à un doigt .

Cela n^est pas vrai : tu es une paresseuse ; lu ne seras jamais une i/^ J^ bonne ménagère .

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