CONSTANT, HILAIRE^ JUSTIN, FÉLIX
f • Politesse en ^én^ral •
Constant . Chers amis , nos vacances ne doivent pas être entièrement consacrées aux jeux et à l'amusement.
Voici donc ma pensée : Si vous le trouviez bon, nous prendrions chaque jour quelques instants pour nous entretenir surlapolitesse et la civilité, sur les usages et les bienséances qn'û nous importe de connaître, au moment où nous allons fréquenter la société .
Justin . J'y consens , pourvu que ces entretiens ne nous prennent pas trop de temps .
Félix . En quoi faites-vous consister la politesse , mes amis ?
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Constant . La politesse consiste àjv^^^^ au>-:vJ:^Lî ( Jlî ) ne rien faire , à ne rien dire que d'ob- Jy^. % J^'^^ J>« îi j' ^^ ligeant , et à le faire et à le dire avec ^lA^' ^-^ j'j Ai^SI Li, de bonnes manières . ♦ J'U^t ^
La politesse embellit le mérite , rehausse toutes les bonnes qualités d'un jeune homme. Elle est en quelque sorte plus importante que l'amitié :
on peut absolument se passer d'amis, mais on ne peut se passer de société ; et il n'y a point de société sans politesse .
Justin . Je me souviens que Ton nous a dit encore que la civilité est la base de la civilisation . La vraie ^i'^ j' f ♦ J^^ u^^'
politesse exerce une telle influence sur les hommes , qu^elle change quelquefois les cœurs .
Hilaire , Les Français surtout se distinguent par cette urbanité . Pour désigner le caractère des principales nations de l'Europe on disait : le bon sens allemand* ; la gaieté espagnole ; la finesse italienne : la politesse fran-j'U li»l Jfc'il j£»)l :^>^ .L>U-I
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çaise . Un lord anglais écrivait à son fils, qu'an Français poli par l'éducation est le chef-d'œuvre de l'art et de la nature.
J9 . Maintien •
Constant . Commençons par le maintien , mes amis . C'est une partie essentielle de la civilité .
Félix : Voyons , monsieur Constant! Que voulez-vous nous dire par là , s'il vous plaît ?
Constant . Le maintien est Tex pression du caractère et du sentiment de l'âme . C'est au maintien , au ton , à la démarche que Ton connaît le pi us souvent et que l'on juge un hommç .
Hilaire . Je crois que ce que nous devons d^abord éviter dans le maintien^ c'est la nonchalance, qui annonce de la paresse^de la bassesse dans les sentiments , et Toubli des convenances .
Constant . Il importe fort peu ^ qu'on ait une petite ou grande bouche ,
et, comme il n'y a pas moyen de chan ger celle que la nature nous adonnée, il faut sagement prendre son parti à cet égard. Quand on apprend une nouvelle extraordinaire , il est assez naturel qu'on ouvre la bouche en signe de surprise. Mais quand on écoute un récit qui intéresse ou quiamQse,il faut biensegarderd'avoirlabouchebéanle les idiots ne la ferment jamais .
Justin. Les yeux surtout réveillent les agitations et les divers mon vements du cœur .
Félix . Probablement monsieur Constant nous condamnera à avoir toujours les yeux baissés, ou à les ouvrir comme des porte-cochères sur les personnes avec qui nous conversons
Constant. Pas le moins du monde; je vous ferai remarqi que l'excès serait blâm!
ou dans l'autre cas .
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Félix: Et que dites-vous de ceuxi^Jy^ôj^^j-^^iô^) qui portent leurs doigts dans leurs cheveux, au nez, dans les oreilles?
Constant . Ces habitudes sont très contraires au maintien et à la propreté .
Hilaire . Vous n'avez rien dit encore de ceux qui en se mouchant semblent sonner de la trompette, et de ceux qui éternuent avec tant de bruit, qu'ils ébranlent les appartements où ils sont .